Les valeurs du Taekwondo

TAEKWONDO :

Pour résumer et illustrer l’idéal du taekwon-doin (le pratiquant de Taekwon-do se nomme un «taekwon-doin»), on a coutume de citer les Cinq Principes du Taekwon-do :

-Intégrité
-Persévérance
-Maîtrise de soi
-Esprit indomptable
-Courtoisie

Parallèlement à ces Cinq Principes, l’adepte de Taekwon-do doit aussi respecter les Engagements de l’Élève, qui sont les suivants :

-Je m’engage à respecter les Cinq Principes du Taekwon-do
-Je m’engage à respecter mes instructeurs et mes seniors
-Je m’engage à ne jamais utiliser le Taekwon-do à de mauvaises fins
-Je m’engage à être le champion de la Justice et de la Liberté
-Je m’engage à contribuer à la construction d’un monde pacifique

Mais l’on ne peut se limiter à cette simple énumération de principes si l’on veut bien comprendre les différents aspects philosophiques et moraux liés à la pratique du Taekwon-do, même si leur analyse permet de cerner avec une certaine précision cette facette de l'art martial. Nous essaierons donc d’aborder ces deux aspects de la pratique du Taekwon-do que sont d’une part la culture morale et d’autre part l’approche philosophique afin de mieux les comprendre.

Taekwon-do et "culture morale"

La morale est au cœur de la pratique martiale, mais il faut être prudent lorsqu’on aborde cette composante. En effet, il ne faut pas oublier que nous parlons de disciplines extrêmes orientales sur lesquelles on ne saurait plaquer une vision occidentale du monde. Le Général Choi écrit dans l’Encyclopédie du Taekwon-do que la morale, ou plutôt ce qu’il traduit par « culture morale » (« Jungshin Sooyang » en coréen), est l’ensemble des comportements qui conduisent à devenir une personne exemplaire, une personne de Bien. Et de citer comme modèle Confucius.

Il s’agit donc de devenir une personne de Bien contribuant à la construction d’une société de Bien. Cet aspect est important car nous ne sommes pas dans le cadre de l’adepte d’arts martiaux vivant reclus dans sa montagne, une sorte d’ermite qui s’exclut de la société des hommes, mais au contraire dans le cadre d’une pratique sociale visant à la participation active à la vie de la société et à son amélioration.

Afin de devenir une personne de Bien, le Taekwon-doin doit toujours chercher à acquérir et à pratiquer les qualités suivantes :

-L’Humanité telle que la définit Confucius , c’est-à-dire la capacité d’aimer chaque être humain comme si c’était son propre parent, mais aussi ne pas demander aux autres ce qu’on refuserait de faire soi-même, respecter les convenances, garder le désir de toujours accomplir ce qui est juste, aussi minime le résultat fût-il comparé aux efforts fournis, faire passer l’honneur des autres avant le sien, et faire passer la liberté des autres avant la sienne.

-La Vertu.

-Le respect des Convenances, toujours au sens confucéen du terme. Il s’agit moins du respect d’une certaine étiquette que du respect de l’Humanité de l’autre. Les convenances, ce sont les comportements qui permettent la vie sociale au sens le plus noble du terme, et non un ensemble de règles sociales dogmatiques édictées par un pouvoir (politique, religieux, ou même moral, par exemple).

-La Sagesse. Le Taekwon-doin doit s’attacher à distinguer le Bien du Mal en toutes choses. Yu Bee déclara un jour à son fils : « Peu importe que l’acte soit de petite importance, tu ne dois pas l’accomplir si tu penses qu’il est Mal. À l’inverse, peu importe que l’acte soit de petite importance, tu dois l’accomplir si tu penses qu’il est Bien. »

-La Confiance. Un homme de Bien doit respecter sa parole et inspirer une confiance sincère. Au-delà de ces qualités très confucéennes, le Général Choi indique également dans l’Encyclopédie un ensemble de qualités que tout pratiquant de Taekwon-do doit s’appliquer à travailler chaque jour. Il s’agit de l’humilité, de l’auto-critique, de la souplesse d’esprit, du respect des aînés, du respect des droits des autres, de la justice, de la modération, de la prudence, de la recherche de l’harmonie , de préférer l’acte à la parole, de la recherche de la paix de l’esprit, de la fermeté, de la dévotion .

Taekwon-do et philosophie

Deux pensées philosophiques principales ont orienté et continuent à influencer le Taekwon-do. Il s’agit du bouddhisme et du taoïsme. En ce qui concerne le bouddhisme, il s’agit surtout du bouddhisme zen (appelé Chan en Chine).

Pour le bouddhisme zen, l’une des formes les plus tardives de bouddhisme, il s’agit de s’éveiller à l’illumination et à la sagesse par la méditation, une vie simple et naturelle, une discipline rigoureuse et la pratique de toutes sortes de travaux physiques. En Corée, cette association entre arts guerriers et bouddhisme est du reste très ancienne, puisque dès l’ère Silla (de 57 avant J.C. à 935 après J.C.), le Hwarang-do, un groupe militaire d’élite, respecte un code d’honneur mis en place par un moine bouddhiste, Won-Kang . D’autre part, lors de l’introduction des armes à feu dans les pratiques guerrières, les arts martiaux traditionnels (sabre, combat à mains nues, etc.) perdirent de leur intérêt pratique. Mais cette association avec le bouddhisme leur permit de survivre et de s’enrichir. Les arts martiaux purement guerriers se ritualisèrent et connurent une véritable révolution qui leur permit d’aller au-delà de la simple discipline militaire .

Concernant maintenant le Taoïsme, il est au cœur de la pratique martiale à travers le « Do ». Car « do » en coréen signifie la Voie. On traduit souvent « Taekwon-do » par la voie (« do ») des pieds (« tae ») et des poings (« kwon »), comme s’il y avait plusieurs voies, et que celle empruntée par le Taekwon-doin était celle de la lutte pieds-poings. Or une telle voie, une telle destinée, qui consisterait à ne vivre qu’à travers le combat, ne saurait être marquée que par la déception, la douleur et la mort. La guerre n’est pas une voie, ce n’est pas un choix possible pour qui veut bâtir un monde de Bien comme le laisse entendre la pensée confucéenne abordée plus haut. C’est donc un contresens total. En réalité, « Taekwon-do » signifie « la Voie (« do ») par l’art de frapper avec les pieds (« tae ») et les poings » (« kwon »). Cette « Voie », c’est celle du Taoïsme, et « l’art de frapper avec les pieds et les poings » est le moyen d’emprunter cette Voie. Par la pratique de techniques d’autodéfense à mains nues, le Taekwon-doin tente de réaliser l’idéal taoïste d’unification des contraires. Il s’agit de réaliser l’Harmonie du grand tout par la pratique de techniques de combat. Tout comme le bouddhisme zen qu’il a largement influencé, le Taoïsme implique une sévère discipline physique et morale.

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