CPNVS
Connaître et Protéger la Nature de la Vallée du Sausseron
22, rue d'Heurcourt 95810 Berville
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Depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, l’intensification de l’agriculture, l’industrialisation et l’urbanisation ont considérablement modifié nos paysages et bouleversé les équilibres biologiques des milieux naturels. Ceux-ci ont vu leur surface fortement régresser ces dernières décennies, ils sont de plus en plus isolés, séparés les uns des autres par de vastes étendues exclusivement réservées aux activités humaines, et, par conséquent fortement menacées d’appauvrissement

Claude Monet - Coquelicots, 1873

Pourtant, les espaces peu ou pas utilisés par l’homme dans un but économique, comme les bords de route ou de chemin, sont favorables à l’accueil de la faune et de la flore naturelle. En constituant des zones refuges, ils peuvent en partie compenser la disparition des milieux naturels et rétablir le maillage écologique indispensable au maintien de nombreuses espèces végétales ou animales.
L’entretien habituel des talus et bas-côtés montre le mépris pour cette nature ordinaire : herbe tondue ras, talus pelés, haies déchiquetées… Les tontes répétées, en laissant sur place les débris végétaux, favorisent les plantes vivaces envahissantes jugées les plus indésirables et conduisent à une banalisation du paysage.
Cependant, certaines collectivités commencent à en prendre conscience et on constate une évolution dans les pratiques d’entretien des espaces publics. Les initiatives de gestion différenciée se multiplient.
Soulignons notamment la gestion différenciée des bords de route mise en place par la Communauté de Communes de la Vallée du Sausseron, regroupant les communes d’Arronville, Berville, Ennery, Epiais-Rhus, Génicourt, Hédouville, Hérouville, Labbeville, Livilliers, Ménouville, Nesles-la-Vallée, Vallangoujard : les talus des voies communautaires, c’est-à-dire les voies non départementales entre les villages, ne sont plus fauchés en totalité, pour laisser une partie de l’accotement à la nature sans nuire à la sécurité routière.

Laisser pousser les plantes sauvages, c’est permettre aux cycles biologiques de s’accomplir et ainsi favoriser le développement des insectes, des autres invertébrés, des oiseaux, des reptiles, des mammifères … Chaque groupe profitant de la présence des autres, c’est toute la biodiversité locale qui se trouve enrichie.
Mais ce nouveau mode de gestion est parfois vivement décrié : aspect négligé, crainte de dissémination d’espèces indésirables, notamment dans les cultures, sont les arguments les plus souvent avancés.
Pourtant, comment une petite bande de nature sauvage, face aux vastes étendues de monoculture industrielle, peut-elle constituer une menace pour les rendements agricoles ?
Et la réaction ne s’est pas faite attendre : certains talus ont subi des traitements d’herbicide.

Le résultat : sur la terre brutalement mise à nu, tassée et lessivée par les pluies, à la place des graminées et autres plantes de prairies, se développent la mercuriale annuelle, les laitues sauvages et laiterons, le chénopode, la bardane, la renouée des oiseaux etc…, plantes déjà favorisées par les pratiques culturales actuelles et qui ne demandent, elles, qu’à envahir les champs !

         A la place des centaurées, achillées et carottes sauvages…
                         laitues sauvages, renouée des oiseaux, Bardanes, chénopode…

Nous devons prendre conscience que la vision de « nature propre » qui régit l’entretien de la plupart de nos espaces verts, publics ou privés, est celle d’une nature sans vie, dont on ne mesure absolument pas les conséquences !

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