La dernière chasse de l’année

 

 

Vendredi 12 Août: ayant tendance à somnoler en voiture, je ne fais pas de très longs parcours. Je fais donc halte à Sévérac-le-Château. Ayant déjà passé les quelques cols du coin,  un petit tour de vélo me permet de monter jusqu’au dit château puis je vais voir les sources de l’Aveyron.

 

Samedi 13 Août: je m’arrête à Olargues (Hérault). Un circuit d’une trentaine de kilomètres en VTT me donne 8 modestes cols. La fin est difficile car je n’avais pas pris assez d’eau et il fait très chaud et sec. Puis, je me rends chez ma sœur qui habite près de Limoux.

 

Dimanche 14 Août : encore plus chaud. Ayant depuis longtemps tous les cols de la région, je glandouille. Je vais marauder des amandes. En partant en début d’après-midi, je ne rencontre personne : tout le monde reste au frais jusque vers 17 ou 18 heures. Je ne me fais donc pas refouler à coup de fusil ou de sarbacane. Très bonne récolte.

 

Lundi 15 août: je me rends en voiture à Coudons, dans la région de Quillan. Un circuit d’une bonne quarantaine de kilomètres à VTT me fais passer par 9 cols dont le col de Coudons qui me connaissait déjà. Randonnée  historique car une grande partie se déroule dans les forêts tenues par les maquisards  jusqu’au 25 août 1944 date de la libération de l’Aude.

 

Vers midi, mauvaise surprise : je tombe sur une vraie partie de chasse. En effet, c’est l’ouverture de la chasse aux sangliers. Je demande à un chasseur si je peux sans danger aller faire le Pas desBrebis. Il me répond que la traque est terminée, que les tireurs sont depuis longtemps à l’apéro et qu’il ne reste que les traqueurs essayant de récupérer les nombreux chiens manquant à l’appel.

En effet, lors de la montée, par deux fois, je croise des chiens peu pressés de rentrer au chenil.

 

Mardi 16 août: je quitte la maison de ma frangine et je me rends à côté de Saint-jean-Pied-de-Port.

Il fait trop chaud et la conduite m’a fatigué. J’attaque le col des Palombières (332 m). La route est une succession de courtes montées à plus de 10% suivies de courtes descentes à plus de 10%. Sachant que je dois faire le col en aller-retour (les descentes seront alors des montées et réciproquement), je me décourage et j’abandonne. Je n’ai pas envie de faire 700 ou 800 m de dénivelé pour chasser un col culminant à 332 m.

 

Mercredi 17 août: changement de décor : il fait moins chaud mais il y a un épais brouillard. Partant de  l’hôtel (à St Michel, à 3 km de St Jean P. de P.), je choisis un raccourci pour atteindre la route menant aux cols prévus. Très mauvaise idée: si je gagne bien environ 7 km, je suis sur une petite route avec plusieurs montées et descentes souvent dans les 15%. Mes malheurs ne s’arrêtent pas là : en passant devant une ferme, je réveille unpatou qui vient me saluer à sa manière. Je pose pieds (les deux) et je me protège derrière mon vélo. J’ai beau lui expliquer que je ne suis qu’un gentilpetit teckel, pas méchant pour deux sous, il ne veut pas me laisser passer. Bientôt, un autre chien (berger de plus petite taille mais aussi gueulard) vient l’aider. Et la patronne qui est là, dans son jardin, assiste à la scène sans réagir (cageot !!!)

Je finis par passer en conservant intacts mes mollets et autres attributs.

A peine sur la route des cols, je commence à dépasser des pèlerins se rendant à St-Jacques-de- Compostelle. Silhouettes  fantomatiques, surgissant du brouillard. Ne me déplaçant pas beaucoup plus vite qu’eux (pourcentages obligent), j’ai l’occasion de discuter, du moins avec certains car il y a beaucoup d’Espagnols et d’Asiatiques.

58 kilomètres avec de nombreux passages à 3 chevrons, me donnent 8 cols situés sur ma route ou sur des écarts. Je ne vois hélas le soleil qu’au-dessus de 1 200m pendant 5 ou 6 kilomètres.

 

Jeudi 18 août: Temps très incertain. Je décide d’aller voir l’Océan. Voiture jusqu’à St Pée. A peine sur le vélo, un petit crachin se met à tomber. 25 Kilomètres sous la pluie et sur une route à grande circulation où rien n’est fait pour les cyclistes, 2 ou 3 photos et retour toujours sous la pluie. Sortie dangereuse et désagréable, à éviter.

L’après-midi, la pluie cesse et je peux faire le col d’Ispéguy : régulier et agréable, 8 kilomètres à 6% de moyenne, un rêve par rapport aux autres cols que j’ai déjà passés et, encore plus, par rapport à ceux qui m’attendent.

  

Vendredi 19 août: Beau temps. Je change mes projets. Je vais aller chercher le col de Roncevaux situé sur une route à grande circulation que je n’aurais raisonnablement pas pu emprunter par temps de brouillard. Là encore, après une dizaine de kilomètres montant très peu, je me retrouve sur des pentes régulières voisinant les 5%. Au col, rien de spectaculaire. Je n’ai pas vu Roland, pas plus que son cor et encore moins son corps. N’y allez pas, c’est une arnaque. Je poursuis en direction de Pampelune pour aller chercher le puerto  d’Auritzberry, puis, de retour au col de Roncevaux, je vais chercher le  collado Lepoeder.

 

Samedi 20 août: Anouveau du brouillard et un petit crachin. En plus, il ne fait pas très chaud.

Trois kilomètres faciles pour m’échauffer et  je vire à gauche. Je comprends tout de suite ce qui m’attend. Pour atteindre le col d’Arthé, je passe de 285 mètres d’altitude à 937 mètres, soit 652 mètres de dénivelé en moins de 6 kilomètres. C’est le genre de cols où l’on est content de trouver des kilomètres à 10% de moyenne pour se reposer. Ceux qui ont fait le col de Burdincurutcheta il y a quelques années, lors de la traversée des Pyrénées doivent s’en souvenir. (col que j’ai déjà fait il y a pas mal de temps de l’autre versant, par le surnommé « abominable » col de Bagargui).

 

Un jeunot de 45 ans m'a dépassé en me complimentant "Qu'est ce que vous grimpez bien, j'aimerais monter encore comme vous à votre âge." Ce compliment m'a laissé une impression mitigée. Même si j'étais content de passer relativement pas trop mal des kilomètres à 12 ou 13%, parfois plus (et certaines photos le montrent, Il m'a rappelé que j'avais sûrement plus de passé que d'avenir.

Pourtant, j'étais tellement en forme que je l'ai redépassé quelques kilomètres plus loin.  *

 

Après ce premier col, la route serpentait  un bout de temps sur un plateau aux environs de 1 000 mètres, itinéraire une nouvelle fois entrecoupée de violentes descentes précédant de non moins violentes montées. Je suis allé jusqu’au col de Sourzay  avant de faire demi-tour.

Une nouvelle fois, le brouillard ne m'a pas permis de profiter des paysages qui semblaient magnifiques.

 

Bilan : 31 cols dont 30 nouveaux ce qui m’amène à 2 212 cols différents.

 

    Je ne sais pas si je vous l'ai dit.... mon compagnon temporaire avait crevé. Après avoir réparé, il m'a repris un peu plus loin.

 

 

                                                                                      Le Teckel

 

 

 

 

 

 

 

 

  


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