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Balade en baie de Somme.

Mes congés n’ont pas encore officiellement commencées que je suis déjà parti faire une petite balade, un gros besoin de décompresser après un hiver difficile tant physiquement que moralement. J’ai longtemps hésité avant de prendre la décision de monter en baie de Somme à vélo, avec le bardât habituel et c’est finalement l’option du point de campement que je rejoindrai tous les soirs qui a primé, j’ai bien fait car en me rendant au Crotoy, je crois que les dénivelés successifs auraient eu raison de ma motivation. Quoiqu’il en soit, j’ai établi mon campement dans un camping, juste à la sortie de l’agglomération et à cinq cent mètres des pistes de randonnées, que demande le peuple ?
 
Après avoir monté le chapiteau, sous lequel il est interdit de faire le cirque, je suis parti en reconnaissance motorisée des environs, le train de la baie, l’office du tourisme où je me suis fourni en documentation sur la région et quelques photos de ce fameux train pendant les manœuvres à la main pour repartir en sens inverse, mé queu travail, mé queu travail !
 
Après une nuit réparatrice, s’il on peut dire, le changement de couchette n’est pas toujours très confortable, c’est un beau soleil, qui se lève aussi à l’Est ici, pointant son nez à l’horizon mais un peu tôt pour moi car j’ai décidé ce matin de ne me lever que quand j’y serai obligé. L’attente n’a été que de courte durée puisque vers huit heures je dois me résoudre à sortir du duvet, une envie légitime trop forte pour continuer à faire la marmotte.
 
 Le petit déjeuner avalé et les activités matinales terminées, j’ai opté ce matin pour deux circuits qui se rejoignent et une escapade à Fort-Mahon plage pour jeter un œil sur les chars à voile qui profitent de ce petit vent qui est tantôt avec moi et tantôt contre moi. Je pars donc par le circuit de l’Avocette, chaque circuit porte un nom d’oiseau, je longe la réserve naturelle nationale de la baie de Somme et rejoint tranquillement le parc du Marquenterre, c’est étrange, j’ai aperçu un couple de cigognes, ce n’est pas l’Alsaces ! J’ai même vu décoller quelques mouettes Sénégalaises, chez nous, on appelle ça des corbeaux. Trêve de plaisanterie, les oiseaux sont au paradis ici et les chevaux aussi, je suis maintenant sur le circuit Tadorne, on se croirait dans le Marais Vernier et je continu à monter vers Fort-Mahon.
 
Les chars à voile sont bien au rendez-vous par dizaine, du plus expérimenté au novice à en croire et en voir les manœuvres. Le vent souffle plus fort qu’au début de matinée et je pense qu’il vient de l’Ouest, rien de bon au niveau de la pluie. Après quelques emplettes, je repars et retrouve mon circuit touristique. Les plaines cultivées manquent d’eau, c’est sec partout, même les fossés sont à sec et depuis un bon moment car la vase est croutée. C’est un peu avant d’arriver à la Haie Penée que je croise à nouveau mon premier circuit et changement de couleur et d’oiseau puis me dirige vers Rue, ne me demandez pas laquelle, c’est juste écrit « Rue ». Une petite bourgade où le 1er Mai est organisée une grande brocante, lieu de promenade si le temps n’est pas bon pour rouler à vélo.
Une partie de départementale, pour bifurquer vers le village de Favières et retrouver Le Crotoy et le camping. Une balade de 65 km à travers des paysages calmes et reposants, très peu de circulation sauf lors de l’emprunt des départementales. Ce soir, lors de l’écriture du récit de cette  journée, c’est la pluie qui fait son apparition, bien venue pour les cultures mais pas pour moi qui voudrai randonner tous les jours, enfin je trouverai bien quelque chose à faire, pourquoi pas un voyage en train en remontant le temps.
 
Aujourd’hui 1er Mai, après une nuit pluvieuse, le vent n’est pas tombé et je pense qu’il s’est renforcé. Les nuages menacent au loin et il ne serait pas trop raisonnable de partir randonner par ce temps. Je décide donc de me mouvoir de façon motorisée et d’aller voir si la mer est belle du coté de Cayeux sur Mer via St Valery sur Somme et un crochet par la pointe du Hourdel. La côte est belle, le seul problème est que pour stationner il faut mettre des pièces sans arrêt, aucune agglomération ne propose des parkings gratuits. La rentabilité doit être bonne à la vue des queues d’attente parfois devant un horodateur. Le souci c’est le vent, dès la descente du véhicule les cheveux se font agresser par les rafales, heureusement que les miens ont une forme aérodynamique, je ne suis pas plus décoiffé que le matin au réveil.
 
 Ayant beaucoup de temps à tuer, la commune de Rue organise une grande braderie, je suis un peu déçu par ce que j’y trouve, des vêtements et encore des vêtements,  la suite de la promenade me dirige vers Berk, cette Picardie mérite d’être vue et je m’en voudrai de ne pas me promener alors que j’en ai la possibilité et le temps. L’heure de l’appel de l’estomac se rapproche et j’avais hier remarqué une baraque à frites, « Chez Dédé », bien installée entre Rue et Quend, je me restaure donc à cet endroit et je suis très bien reçu, les frites sont faites maison, le patron est sympathique. L’estomac plein, enfin raisonnablement, je  me rends donc à Berk et si j’ai le temps, peut-être à Calais, mais je suis gravement déçu, et pourtant j’avais entendu Coluche en parler, j’ai lu sur le bord de la route un panneau où il était écrit « Pas de Calais », vous parlez d’un choc quand on veut visiter une ville et de lire que cette ville n’est plus là !
 
Le sable de ces plages est légèrement plus fin qu’à Fécamp, le tamis devait être plus petit. La marée est forte et découvre sur des centaines de mètres la plage qui est envahie par des cerfs-volants. Joli spectacle mais ce vent est fatiguant. Le soleil fait son apparition mais pour combien de temps ?
Le jour se lève sur le 2 Mai, jour de ma naissance il y a 58 ans, ma mère n’ayant pas voulu travailler le 1er, je suis donc né le 2, j’ai eu de la chance car j’aurai pu être fainéant en naissant le jour de la fête du travail. Il y a un beau soleil et le ciel est complètement dégagé, je vais en profiter pour aller jusqu’à Abbeville par le bord de la Somme, un circuit d’environ 60 km aller/retour. Il me faut avant de longer la Somme me rendre à Saint Valery sur Somme par les voies cyclables qui sont obligatoires avec un revêtement parfois un peu chaotique, le goudron est boursouflé et soulevé mais les agents du conseil général de ce département sont au top puisque chaque imperfection du revêtement est signalée 10 à 15 m avant et peinte en orange pour être visible.
Le long de cette voie cyclable qui me mène doucement mais surement de l’autre côté de la baie, une prairie couverte de moutons qui paissent dans les prés salés, les brebis ont mis bas récemment car les agneaux sont en grand nombre dans ce troupeau. Ils connaissent bien notre calendrier puisque quand je me suis arrêté pour prendre une photo de ce troupeau plusieurs d’entre eux m’ont dit « Mêêêêêê ».
 
 
La Somme, entre Saint Valery et Abbeville, c’est une grande et interminable ligne droite avec de très rares ponts et autant de croisements. La faune y est composée de canards colvert, hérons, poules d’eau. J’ai aperçu un babu et c’est le seul oiseau qui a un vol reconnaissable. Cette  voie cyclable est très utilisée par des randonneurs, des rollers, et des cyclos.
 
Abbeville, rien de bien intéressant au premier abord, je fais un petit tour sans m’éloigner de trop de mon chemin de retour, je ne veux pas me perdre. Après un arrêt dans un petit café et l’absorption d’un diabolo grenadine je prends le chemin du retour, même paysage mais à l’envers, mon babu est toujours là. La halte restauration sera à Saint Valery sur le port. Après le repas, cap vers Le Crotoy, le vent se lève et le ciel s’assombrit, je ne voudrai pas subir les foudres des dieux en prenant une averse. Je pense lever le camp demain pour un retour à la réalité, le farniente c’est fini pour l’instant, j’avais besoin de repos, en dormant en moyenne 10 heures par nuit, j’ai récupéré.
 
Didier

Quelques Photos