''Yaz'' a accepté de se confier pour que nous puissions mieux le connaître. Bonne lecture!
 
 
L’enfance
« Mes parents sont nés au Maroc, comme mes frères et sœurs, dans un village berbère de Foum El Ansser. Moi, je suis né à Angers le 8 octobre 1988. Mon papa bossait dans les mines à Trélazé et ma maman était femme de ménage et mère au foyer.
J'ai 4 grands frères : Moha, qui vit à Chemillé et qui est maçon ; Mous, qui est propriétaire d'un Netto à Vannes ; Youssef, qui bosse chez Valeo, et Ismaël qui est responsable dans une boîte de livraison. J’ai aussi une sœur, Sadia, qui bosse chez Veolia sur Paris. J'ai perdu mon autre grande sœur, Fatima, qui est décédée d'un cancer au mois de juin 2016. C’était une personne en or qui me manque énormément. Je sais qu'elle est fière de moi de tout-en-haut. Je t'aime ma sœur.
Jeune, je rêvais d’être basketteur professionnel.
Mon parcours scolaire n'est malheureusement pas au top. Après le collège, j'ai fait un BEP (vente action marchand) suivi d'un bac pro commerce. Si je peux me permettre de donner un conseil aux jeunes : concentrez-vous sur vos études et prenez le basket comme un loisir. Car si je pouvais revenir en arrière, j'aurais poursuivi mes études. »
 
Le basket
« Je suis issu d'une famille de footballeurs. Le basket est entré dans la famille à partir du moment où je suis passé en senior. Mes parents et ma famille sont alors venu régulièrement me voir jouer.
A la base, je voulais faire du foot mais ma maman en avait marre de laver les vêtements de mes grands frères pleins de terre ! Je suis arrivé dans le basket grâce à mon meilleur copain Samir (qui est plus un frère qu'un copain).
J’ai signé ma première licence en septembre 1993. De mes 5 ans à mes 20 ans, j'ai toujours joué dans mon club de quartier à Angers (ES Saint-Léonard). En 2008-2009, j’ai joué à l’Aurore de Vitré ; en 2009-2010 à IRT Tanger (Maroc) ; en 2010-2011 au Sport Plazza Casablanca (Maroc). En 2011, je suis revenu à l’ESSL qui est devenu l’Etoile Angers Basket en 2017. En 2019, j’ai rejoint l’US Laval.
Je joue au poste de meneur, je suis un meneur à l'ancienne : je préfère faire 10 passes décisives que marquer 10 points. A l’entraînement, certains disent que je suis un tricheur mais en fait ils sont juste jaloux. La réalité fait que je gagne tout le temps, posez juste la question à Seb et Navid 😁
Mes meilleurs souvenirs en tant que basketteur sont : ma participation au championnat arabe espoir en Syrie juste avant la guerre, une expérience extraordinaire ; la montée en N2 pour mon retour dans mon club de cœur ESSL lors de la saison 2011-2012 ; la montée en N1 en 2018 avec l’EAB et une équipe de mecs en or. »
 
 
La vie quotidienne
« Le lundi, je suis en formation avec mes responsables de l'agence à Angers, le soir je vais à l’entraînement à Laval. Le mardi matin, je bosse au siège de l’EAB et l’après-midi je suis à l’agence immobilière puis à l'entraînement le soir à Laval. Le mercredi matin, je profite de mon fils Adam. De 13h à 19h, j’entraîne les jeunes de l'EAB puis de 20h à 21h30, mes joueurs à Juigné (car je coache une bande de potes en R3). Le jeudi, je suis à l’agence immobilière et à l'entraînement à Laval le soir. Vendredi matin, j'entraîne la Section Sportive Mongazon (6es et 5es) et, de 17h30 à 19h, les jeunes de l'EAB.
Le samedi matin, je m’occupe des matchs des jeunes de l'EAB avant de rejoindre Laval pour mon match.
Avant un match, j'ai toujours mes rituels, mais rien d'extraordinaire. Je mange mes pâtes le midi avec ma viande blanche. Ensuite je fais une sieste et je suis prêt pour le combat !
Il faut être lucide ma carrière est derrière moi je veux juste prendre du plaisir avec mes coéquipiers et des potes de longues dates (Eliott, Navid, Will, Jimmy, Gaël et surtout Seb qui me connais depuis que je suis gamin).
Après le match, gagné bien-sûr, je veux juste rentrer retrouver ma petite famille.
Ce qui est le plus dur à gérer dans tout ça, ç’est la vie de famille. Mais j'ai une énorme chance : j'ai une femme en or qui m’encourage au quotidien et me soutient énormément. Je ne passe pas beaucoup de temps avec mon fils et ma femme. Mais en ce moment, avec le coronavirus, je profite énormément d'eux et c'est là que je me rends compte que ça n'a pas de prix de passer du temps en famille. »
 
 
L’avenir
« Je souhaite jouer jusqu'à la fin de mon contrat avec Laval en 2021. J’aimerais arrêter ma carrière sur une montée.
Je n’appréhende pas du tout l’après-basket car j'ai toujours travaillé à côté. Depuis 7 ans, je suis salarié au club d’Angers en tant qu’éducateur sportif. Mais comme j’ai intégré depuis le mois de janvier une agence immobilière (Nego For You à Angers) dans laquelle je serai à plein temps à partir de septembre prochain, je vais donc arrêter d'entraîner les petits jeunes. Une page va se tourner…
Après ma carrière, je continuerai à suivre les petits jeunes que j'ai vu grandir, à entraîner de temps en temps. Et peut-être suivre mon fils les week-end dans les salles de basket… Ou pas 😁 »
Remerciements
« Je tiens à remercier mes parents pour l’éducation qu’ils m’ont donnée et les valeurs qu’ils m’ont transmises. Encore merci à ma femme et mon fils qui me permette de m’épanouir dans le basket et dans mon futur métier. Sans leur soutien, ça ne serait pas possible.
Merci aussi à mon agent (plus grand frère qu’agent) Fayçal Benhamadi qui m’a toujours accompagné dans ma vie personnelle comme professionnelle
Je tiens enfin à remercier tous les dirigeants et bénévoles de l’US Laval pour tout ce qu'ils font pour nous. Vraiment. Car, sans eux, il n'y aurait pas de club.
A bientôt à la salle d'Hilard ! »