Comment se déroule un transfert ?

 

   Javier Pastore pour 42 millions d'euros en 2011, Thiago Silva pour 49 millions en 2012, Radamel Falcao pour 60 millions en mai dernier et Edinson Cavani pour 63 millions, ce mercredi. En deux ans, le titre du plus gros transfert de Ligue 1 a changé quatre fois de main, symbole d'un marché dérégulé où de plus en plus d'acteurs importants se font concurrence pour dénicher l'oiseau rare. Ces montants astronomiques posent toutefois plusieurs questions.



• Comment fixe-t-on le prix d'un transfert?



  Lors de notre rendez-vous avec Éric Atta, un ancien footballeur professionnel, ayant jouer au Stade Rennais mais contraint d’arrêter sa carrière suite à une grave blessure au genou, il nous a expliqué ceci : Comme pour une voiture ou un appartement, un footballeur dispose d'un prix théorique et d'un prix réel.

  Le prix dépend donc, de plusieurs paramètres : son âge, son statut (est-il international ou pas ?)  ou encore, sa situation contractuelle (est-il en fin de contrat ou pas ?). Zlatan Ibrahimovic, âgé de 31 ans et dont le contrat expirait en 2015 à Milan, n'a été acheté par le PSG « que » 20 millions d'euros tandis que Cavani, cinq ans plus jeune et sous contrat à Naples jusqu'en 2016, trois fois plus cher. « Ce que le PSG ne verse pas en transfert, il le reporte sur son salaire », explique Vincent Chaudel, consultant de Kurt Salmon. Le Suédois est en effet le joueur le mieux payé de Ligue 1 avec 14 millions d'euros net par an.        Suite à un second rendez-vous avec Landry Chauvin, entraîneur professionnel, sans club lors de notre rencontre. Il a débuté, sa carrière, à Sedan, puis est parti à Nantes, pour finir à Brest. Il nous explique qu'il y a 3 moments clés lors de la négociation d'un transfert avec une aide plus qu'importante de l'agent du joueur.

   La première étape d'un transfert se situe en général entre les deux clubs. Celui qui vend, et celui qui achète. Les deux clubs négocient les modalités du transfert, notamment le montant de la transaction, avant que le joueur ne négocie de son côté son passage dans un nouveau club. L'agent du joueur intervient évidemment dans les discussions. Son rôle est de favoriser le dialogue entre les deux clubs, et éventuellement de déminer les situations mal embarquées. La diplomatie de l'agent est une qualité importante pour aider les clubs à se mettre d'accord.

    La seconde étape du transfert, lorsque les deux clubs sont arrivés à un accord, est la négociation entre le joueur et le club acheteur. L'agent doit ici veiller à tout ce qui peut intervenir dans les relations futures entre le club et le joueur. Quel sera le salaire ? Sur quelle durée le contrat engagera-t-il les deux parties ? De quels avantages (habitation, voiture, etc.) disposera le joueur ? Et les primes de victoire?

   Enfin, lorsque tout est réglé entre les clubs et le joueur, l'agent peut penser à son portefeuille. Quelle commission obtiendra-t-il pour avoir mené à bien la transaction ? Tout travail mérite salaire, et le rôle de facilitateur de l'agent n'y échappe pas.



   En général, l'agent obtient entre 5 et 10% du montant du transfert, ainsi qu'un pourcentage sur le salaire brut du joueur (environs 7%) lors de la durée de son contrat. Des sommes parfois importantes. Mais l'agent possède lui aussi de nombreux frais (déplacements, hôtels, etc.).



Quel est le rôle de l'agent du joueur ?



   Bien entendu, le travail d'un bon agent ne se résume pas aux seules périodes de transfert. Il doit veiller aux intérêts du joueur lorsque la situation dégénère. Il doit idéalement veiller à rester régulièrement en contact avec le joueur afin de s'assurer qu'il dispose de tout ce dont il a besoin pour prester à son meilleur niveau.



   Mettre un joueur en avant, et l'aider à construire sa carrière : c'est, avant, tout veiller au quotidien et qu'il se forge une image positive... et qu'il soit efficace sur le terrain. Il ne se substitue pas au club ou à l'entraîneur. Mais, il veille, dans l'ombre, à ce que tout se déroule bien pour son " protégé ".


Pour quoi les transferts sont-ils souvent élevés avec les joueurs sud-américains?



  Contrairement aux Européens, les footballeurs sud-américains n'appartiennent pas uniquement à leur club. Mais, aussi, à des sociétés qui détiennent une partie ou la totalité des droits d'image du joueur. Lors des négociations, ces entreprises, pour en tirer le meilleur prix, peuvent gonfler le transfert. Sans compter les agents du footballeur, qui sont rémunérés entre 5% et 10% du salaire du joueur ou du montant de la vente.



Le prix du transfert reflète-t-il la vraie valeur du joueur?



   Le prix dit « réel » du joueur ne l'est pas complètement. « Aujourd'hui, c'est plus le salaire que le prix du transfert qui reflète le talent du joueur », affirme Vincent Chaudel. Outre la valeur du joueur, il donne, d'une part, une indication sur l'espérance de revente. Plus le joueur est proche de la retraite sportive, moins son prix de transfert sera élevé. Et vice versa. 

  D'autre part, il reflète la situation d'un marché où le rapport de forces s'est inversé en faveur du footballeur au détriment des clubs. Avant l'arrêt Bosman, peu de clubs avaient les moyens de s'acheter des stars, déclare Vincent Chaudel. Aujourd'hui, ils sont de plus en plus nombreux et les footballeurs, surtout les “stars”, ont le choix. Donc la concurrence entre club pour obtenir un joueur est plus grande donc au fur et à mesure d'une négociation le prix du transfert peu toujours augmenter.



• Pourquoi cette « cascade » de transferts exorbitants?



   Comme toute activité, le football s'est mondialisé. Il a accueilli de nouveaux entrants venant de Russie ou du Moyen-Orient qui ont accru la concurrence. Les joueurs peuvent ainsi faire monter les enchères entre les clubs. Et comme ces gros investisseurs disposent de moyens financiers souvent illimités, ils n'hésitent plus à investir beaucoup d'argent pour des joueurs qui attireront plus de diffuseurs, de sponsors, de spectateurs et feront vendre plus de maillots et autres produits dérivés.

    Le cas de David Beckham est encore plus frappant. Recruté en janvier dernier, le tout jeune retraité, qui a décidé de reverser son salaire à deux associations, n'a rien coûté en transfert au PSG. À l'inverse, il lui a rapporté près de 6 millions d'euros en maillots, sur lesquels le Britannique a touché 20%.

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