Les raisons de l'abandon de Alain Berrux

les raisons de l'abandon pour ceux qui n'ont pas facebook

J’ai été contraint à l’abandon sur le Paris-Brest-Paris, à Villaine-la-Jumel, après environ 1 030 km (j’ai fait quelques dizaines de kilomètres en dehors du parcours), après deux consultations de médecins à Fougères, puis à Villaine-la-Jumel.
Tout allait bien. J’ai dormi environ 4 h à Carhaix-Plouguer, vu le panorama magnifique de Brest depuis le pont (mes autres PBP je passais de nuit et dormais à Brest).
Lors de la nuit suivante, je roulais seul comme depuis le départ et j’ai eu pendant un moment des impressions bizarres que j’attribuais à la simple difficulté à lever la tête (nuque raide, muscles un peu douloureux à la palpation), Je ne pensais pas à un problème de vision et ne me suis pas inquiété outre mesure.
Les sensations normales sont revenues et j’ai un peu tracé en rentrant dans un groupe.
Ce n’est que plus tard, à l’approche de Tinteniac que des symptômes de brouillage visuel sont apparus puis aggravés, au point de rendre difficile ma conduite en ville : champ visuel rétréci (peut-être liés au blocage musculaire vers la nuque gauche) et surtout brouillage (vision normale œil par œil mais floue avec les deux).
Bien évidemment cette vision rendait dangereuse le roulage, avec notamment tous ces cyclistes ignorant le code de la route, me doublant à droite quand j’étais à un mètre du bord, ou m’engueulant parce que j’étais trop à gauche.
Je n’ai pas eu d’autres symptômes pendant le brevet : le premier médecin consulté à Fougère, m’a prescrit un massage décontractant après avoir vérifié ma tension et grossièrement estimé que j’étais dans un état mental normal 😬
Je suis reparti un peu rassuré , mais assez rapidement les problèmes visuels sont revenus peu à peu. Là, j’ai commencé à sérieusement m’inquiéter. J’insiste, je n’avais aucun autre problème, pas de fatigue excessive ni quoi que ce soit d’autre, genre problème de sommeil (je fais parti des personnes privilégiées pouvant rouler normalement longtemps sans dormir). Je précise que ces symptômes m’étaient inconnus depuis que je pratique le vélo longue distance !
J’ai constaté qu’en m’arrêtant auprès de personnes proposant boissons et gâteaux que cet arrêt de cinq minutes suffisait pour faire disparaître mon trouble de la vision. Mais il revenait très vite... J’ai donc roulé en m’arrêtant tous les vingt kilomètres.
J’ai ainsi roulé, mais à l’approche du contrôle de Villaine-la-Jumel j’ai jugé nécessaire de ravoir un avis médical prenant en compte l’inefficacité du massage seul.
Ce deuxième toubib, m’a fortement déconseillé de continuer (risque potentiel de perdre la vue !). Et comme en prime stressé j’avais perdu mon carnet de pointage, soit à Fougères (massage de la kiné), soit peut après (arrêt une heure pour dormir à l’ombre), j’ai choisi la mort dans l’âme d’aller dormir et de repartir tranquille de jour pour finir si possible mais obligatoirement hors délai.
Puis, J-P avec qui j’étais venu (lui aussi ayant abandonné après passage aux urgences) m’a proposé de venir me chercher... Ainsi c’est terminé l’aventure.
Pendant le retour de nuit dans la voiture de Jean-Pierre je voyais tout le paysage plat penché à 30 % : autoroute, ponts, camions ! Assez flippant ! Mais aussi cela m’a montré que je ne quittais pas le vélo sur un coup de tête, qu’il y avait bien un sujet de préoccupation qu’il allait me falloir essayer de comprendre.
Et aujourd’hui j’ai la vue un peu trouble...

Rendez-vous mardi chez mon médecin du sport...

À part ça 1 050 km en 51 h 14 mn roulés (19,52 km/h de moyenne compteur) et 73 h 26 mn de temps total. Il me restait 206 km à faire en 16 h 30 mn...

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