sortie de la Chaise Dieu par Gilles Peyrard

Un samedi à la Chaise Dieu
 

 
Lever du corps ce dimanche à 7h10 ! je me rends compte que finalement je suis encore en vie !
 
Et pourtant, en me couchant après le match pitoyable des verts, je ne savais pas si j’allais dormir ou claquer !
 

 
Nos cher baroudeurs « extraterrestres » avaient tracé un parcours jusqu’à la Chaise Dieu, bien gratiné ;
 
Et comme si ça ne suffisait pas de choisir un tel lieu situé en plein « pot de chambre de la France », la météo était en adéquation parfaite !
 
Je suis un mécréant, et vu le lieu choisi, il fallait que les Dieux me punissent ! donc, à 6h, je vois que le ciel est bouché, que le vent de nord souffle très fort, des conditions idéales pour pédaler ! mais vu ma négligence du 300 km, pas le droit de me regarder le nombril, je pars, et on verra bien !
 

 
Feurs, des gouttes, pas trop froid ; 12 frappés de ciboulot se retrouvent devant l’église ! j’aurais dû y faire bruler une 10aine de cierges……..
 
Et c’est parti, en silence ! oui, pas trop de jacasseurs ce matin.
 
On file jusqu’à l’attaque du col des limites par Margerie Chantagret ! souvenir des « cœurs du Forez » il y a de très (trop) longues années. Le chapelet s’étire, je gère cette longue montée ponctué de quelques raidards dans le vent ………. Ouf, ça y est, regroupement au sommet, pour LA PHOTO ! descente sur St Anthème, arrêt café 48 km ! j’achète une quiche, Joëlle me fait choisir le « grand modèle », j’en mange à peine ¼ !
 
Et on repart….. les nuages de pluie nous contournent, je ne comprend pas comment on ne prend pas les radées, la route est souvent bien mouillée….. au bout de 20 bornes, et surtout à partir de Craponne, je galère complètement, atteint de douleurs thoraciques et grosses difficultés respiratoires dès que la route s’élève, et des bosses…. Y en à !
 
Terrible pour moi, je décroche, je rentre, je décroche, je rentre….. j’en bave, la tête me dit « tu vas devoir appeler la voiture balai », Gillou lui me dis que ça ira mieux après la pause ! qui croire ?
 
Ouf, enfin, la Chaise Dieu ! un temps désolant, un vent de fou, un froid bien froid ! ravitaillement dans une boulangerie ; je n’ai pas faim du tout, et j’ai mal ; je choisi ce qu’il y a de plus petit, et on mange dehors, en plein vent : génial……………. Les VRAIS eux, ils bouffent et rebouffent et bouffent encore ! hors norme que je vous dit !
 
Vu ce que j’ai dans le ventre, ça sent le roussi, on est à 105 km ! il en reste autant, et et …. Le fameux col des Supeyres ! je décide de repartir, et de voir les sensations ! plus de gène ???? le miracle de la Chaise Dieu, je reviendrai pour y faire bruler un candélabre ! après quelques hésitations sur le trajet, notre GPS humain Daniel nous conduit sur la magnifique petite route descendantes. Les nuages s’écartent à notre passage, la route elle prouve qu’on a frisé la correctionnelle ! la température remonte enfin, mais le vent du nord se déchaine dans la vallée, le train bleu assure à bon rythme…. Je dois serrer les fesses, mais ça passe ! ceci dit, on s’entame la couenne, et vu le plat de résistance…. La « Sky » voulait faire une présélection avant l’attaque décisive ! Ambert, arrive, il a fallu convaincre Daniel d’un arrêt boisson ! pour moi, que boisson, les autres, ils bouffent !!!!!!
 
Et c’est reparti, 22 km de montée ! 12 jusqu’à Valcivière, et 10 au sommet ! le pied est déjà dur, mais ça monte pas trop mal ! les cadors s’envolent en plein vent de face, et en rentrant dans le brouillard ! on ne les reverra que bien plus tard. René reste sage, il avait fait le job dans la plaine . un long replat descendant, et on arrive à Valcivière, et là, je connais…. Et j’aime pas ! n’est ce pas Joëlle, on est en phase ! le seul avantage c’est qu’avec le brouillard, on ne sais pas où on va, on ne voit pas la pente, mais les jambes elles, elle le sentent !!!! et je suis obligé de stopper à 2 reprises, crampes débutantes ! je choisis les virages où il y a des poubelles, les autres étant persuadés que je devais « gerber », moi, c’est plutôt pour se débarrasser du corps ! On finira avec Joëlle, dans la même galère…. Seul Michel le courageux, et Gillou le St Bernard, sont derrière.
 
Au sommet, on caille (8°) le vent hurle, dans la montée les rivières et torrents débordent…… Descente rapide et remonté du Baracuchet, sous le soleil, ENFIN !
 
Ça roule trop vite, je lâche dans la dernière bosse devant une alerte aux ischios ! pèlerinage à la source magique, et descente tombeau ouvert à Montbrison pour Nième déshabillage ! La plaine vent de face, mené par le guide Daniel à 30 km/h ! incroyable, et que dire de Paulo qui depuis Chambéon, seul dans la tempête, nous secoue les guibolles !
 
Ouf, c’est fini ! j’y crois pas, je suis vivant ! quand je pense à mon état avant midi !!!!!!! le vélo, c’est un sport étrange, mais un magnifique exercice mental !
 
Un immense merci au cadors, à notre président bienveillant, à tout le club ! une telle journée, ça compte dans une vie !
 

 
Pour finir, les chiffres (les miens !) : 214 km 9h24 22.670 km/h 2860 m D+ (1/4 quiche, une mini autre quiche et une mini tarte citron, 3 gel ½ nougat et une barre !)
 
Je suis de garde cette nuit, ça va ronfler sur le lit d’examen !
 

 
Gilles
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