Weekend dans les Alpes 11-12 juillet 2015

compte rendu par Daniel Maugé

Week-end dans les Alpes

 

       

        Aujourd'hui, Michel Gagnard et les experts de la météo se trompent rarement dans leurs prévisions. Ils annonçaient un week-end chaud et je n'étais donc guère rassuré, ayant été très souvent défaillant par forte chaleur...

        Après un départ matinal et une route sans histoires, les deux voitures et leurs occupants arrivent à 7h45 à La Salle en Beaumont. Un petit déjeuner un peu léger pour des cyclistes et il est déjà 8h30, l'heure du départ de la première étape. La température est bien agréable lorsque les 7 "squadra" René, Philippe, Marc, Paulo, Gilles, Joëlle et moi-même démarrent tranquilou, la socquette encore toute légère, par les petites routes calmes et les villages aux noms si évocateurs de la campagne : Siévoz le bas, Siévoz le haut, Oris en Rattier... Les premières pentes conduisant au col de la Morte -1360m- ne posent aucun problème à des cyclos bien en jambes et pas encore entamés...Dans la longue descente qui suit pour rejoindre Séchilienne, Gilles se fait une frayeur en crevant. Une pierre ? Un trou ? Plus de peur que de mal, mais voila qui nous rappelle si besoin est combien il faut toujours rester vigilant dans les descentes de col !

        En retrouvant la vallée de la Romanche, on retrouve....la chaleur. Heureusement, un vent favorable nous pousse jusqu'à Bourg d'Oisans. Le moment de vérité est arrivé, plus question de se cacher dans le peloton...! Il est 11h 45, il fait 34°,le soleil est à son zénith, nous reprenons de l'eau, car il va en falloir pour venir à bout de ces 14kms aux 21 virages numérotés....Le rond point de sortie, la route à gauche, le camping, la route qui se redresse et c'est parti pour la montée de l'Alpe....! Les premiers hectomètres sont terribles. Entre le soleil qui me chauffe le casque, les gaz d'échappement des véhicules et la pente, dès le premier virage, le numéro 21, je suis dans le rouge et il en reste 20....En fait, je n'arriverai jamais à trouver le bon rythme. Je parviens à accompagner Philippe quelques virages avant de le laisser s'envoler irrésistiblement. Il va boucler la montée en 1h09'. Je termine cuit et recuit en 1h14...Je ne suis pas le seul à avoir souffert ; mes camarades arrivent tous très éprouvés de René à Paulo sans oublier Gilles...Un menu baptisé cycliste par le restaurateur, et à base de pâtes, nous redonne un peu de force avant de quitter l'Alpe d'Huez envahi par des vététistes en rassemblement (Mégavalanche ? ). En dépit des réticences de René victime de crampes, nous gagnons le col de Sarenne -1999m- Il est 16h30 et il fait 29°! Etonnant à 2000m...! La descente se révèle très dangereuse, la DDE ayant beaucoup de mal à entretenir une route d'altitude très exposée aux intempéries. Entre trous, bosses, pierres et pansements de gravillons, c'est une descente au ralenti que nous sommes contraints de faire..!! Nous avons la surprise en ce lieu sauvage de croiser un cycliste en plein effort, notre camarade Philippe Trouilloux ! Après Clavans, le revêtement est nettement meilleur et on arrive rapidement au barrage du Chambon où des touristes sont perplexes devant la route du Lautaret coupée....!!!         Dès la rampe des commères, on retrouve la fournaise. Bourg d'Oisans suffoque....Heureusement, le col d'Ornon est à cette heure à l'ombre dans sa plus grande partie. Assez régulier et avec un bon revêtement, il se révèle bien agréable. En tout cas, il plait à Joëlle qui y retrouve son coup de pédale si naturellement léger, preuve aussi qu'elle n'avait pas laissé toute son énergie sur la route de l'Alpe d'Huez...

Il est tard , je laisse à regret la route forestière du col du Parquetout en espérant avoir l'occasion d'y revenir un jour...La journée a été éprouvante et nous rentrons tous sagement par Valbonais. Il est 20h lorsque enfin nous arrivons au gite du Mascaret 169km 3500m de dénivelé par plus de 30° ! La mousse, la douche et le repas sont les bienvenus....!!!

        Dimanche, l'étape prévu était moins longue et moins difficile. Pourtant, l'inquiétude est perceptible au petit déjeuner.  Une chaleur torride prévue ? Des montées inconnues ? Aura-t-on récupéré des efforts d'hier ? Au moment de prendre le vélo, une mauvaise surprise attend Marco : un rayon de sa roue arrière a rendu l'âme. Dilatation ? Il est contraint de renoncer et fera le photographe et l'assistance avec une voiture...

        La température est encore bien douce quand les 6 rescapés s'élancent pour la deuxième étape. C'est une tranquille mise en jambes jusqu'à Corps où Gilles fait la pancarte. Feu de paille ? Plan étudié façon SKY ? On le saura vite car à Corps commence la montée vers Notre Dame de la Salette à 1750m, 15km d'ascension. tout rentre vite dans l'ordre, c'était une blague à la Gilou....!!!Le début de la grimpée est en sous-bois bien plaisant et hormis une rampe sévère ,avant le cimetière canadien des accidentés de l'Obiou, le reste de la montée est raisonnablement difficile avec quelques replats appréciables. Surtout, on bénéficie d'un panorama exceptionnel sur l'Obiou et le massif du Dévoluy. A cette heure matinale, peu de voitures et seuls quelques cars de pèlerins pour troubler la quiétude des lieux ! J'ai vraiment apprécié cette montée et j'aurai plaisir à y revenir....L'heure tourne, il nous faut quitter ces lieux sacrés et redescendre à Corps, puis dans la vallée du Drac, précisément à St Bonnet de Champsaur où Marco a acheté de quoi nous restaurer. Il nous a aussi trouvé un coin à l' ombre parfait. Les agapes de midi terminées, un drôle de dessert nous attend qui risque fort d'être bien indigeste par une température qui dépasse allègrement les 30° : Le col du Noyer 1664m 12km d'ascension...!!! Les 6 premiers kms par les villages de Poligny et du Noyer sont une route d'approche pas très difficile si ce n'était la chaleur torride. Ensuite, la pente devient sévère. Elle frôle ou dépasse les 10% les 6 derniers kms et avec en prime le soleil qui tape contre les barres rocheuses. Dans la chaleur, Philippe est intouchable et s'envole au plus fort de la pente. Je ne peux le suivre ; je suis une fois de plus défaillant dans la canicule et termine l'ascension dans la douleur. S'il y avait eu 1 petit km de plus à grimper, Joëlle revenait et fort probablement me laissait sur place......L'arrêt boisson à l'auberge du col, où sont attablés de nombreux cyclos, est bienvenue. Une route descendante par les gorges de la Souloise nous amène au barrage du Sautet. Je suis bien content de pouvoir rester dans les roues de mes camarades. Ils avaient tort de s'inquiéter au petit déjeuner le matin, ils finissent parfaitement bien....Un ultime effort pour remonter à Corps, encore un petit jusqu'à La Salle en Beaumont ; au compteur 125km et 2500m de dénivelé

Avec la chaleur, on a pas fait exactement le programme prévu, on a quand même fait de belles choses et je garderai un bon souvenir de ce week-end en espérant que mes compagnons de route auront eux aussi  apprécié cette région qu'ils ne connaissaient pas ou peu.

 

 

Daniel

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