6 ième étape

ISOLA 2000 /MENTHON

MERCREDI 9 JUILLET: Isola 2000/MENTON

Cette fois, on y est! du gâteau cette étape, c'est que de la descente jusqu'à la mer!

Sauf que cette étape sera mémorable! j'avais des doutes déjà sur le classement du col St Martin en 3° catégorie, et sur la difficulté relative du Turini. Le Castillon, c'est une bosse plate, je la connais! on verra bien au fur et à mesure. 

Le soleil est radieux ce matin, on a une chance impensable! Luigi avait installé les 14 vélo en épis contre une murette. les passants étaient en admiration des machines et des cyclos! les tenues étaient de la partie! j'avais choisi du tout blanc pour faire honneur à l'étape.

La descente à Isola faite tambours battant nous ramène dans la chaleur de la vallée, très bas! tient, on est plus bas que Bussières! et le col à venir est à 1500 m d'altitude, plus haut que le Béal! 3° catégorie???? et 17 km de montée!!!! cherchez l'erreur! et oui, ce col est bien un vrai col, long, usant, jamais fini! les cigales ont remplacées les marmottes, leur chant nous stimule. Je profite du paysage si différent des jours précédents. Les villages si haut perchés qu'on n'imagine pas y vivre! le sommet est une station de ski sortie de nulle part. Erreur de ma part, je traîne, je discute, et je laisse partir Philippe et d'autres! me voilà seul, encore et toujours! mais là, c'est inquiétant! je doute même de la route! heureusement, les flèches vertes me rassurent! il fait très chaud, on est très bas! enfin, on, je suis très bas! Il n'y en a qu'un derrière, et loin! J'attaque le col de Turini qui monte à 1607 m, la soquette légère, encore! un beau col, avec un nombre incalculable de virages en épingles, et au pourcentage régulier entre 7 et 8% tout du long. Au bout de 4 km, une étrange sensation me fait tourner la tête.... les nuages gris arrivent du Nord! zut! Bon, pas grave, on est presque arrivé! je monte bien, reprends encore un à un les copains. Luigi redescend récupérer un cyclo en perdition, en criant "sommet 1 km", je fonce.... il en restait 2! pas grave! le sommet et le ravito en vue! je décide de manger léger, et de filer sur Sospel au plus vite! mais trop tard! j'aurais dû me presser plus tôt! je fais 100 m et 1/2 tour! l'orage fond sur nous! il faut se changer! il fait de suite plus frais! les jambières, l'imperméable, et je pars seul! les autres sont planqués dans le camion! et c'est un déluge qui s'abat sur moi! impossible de rouler! je stoppe 3 fois dans la descente impressionnante de ce col transformée en torrent! je grelotte, je reprends la route! ouf, 3 km de sec! mais bien vite, rebelote, le déluge! et de pire en pire! et personne en vue, ni devant, ni derrière! j'ai un coup terrible de moral! Sospel arrive enfin........ je m'abrite sous un auvent de café. je tremble pour chercher le téléphone! je suis décidé d'appeler Annick qui m'attend à Menton! j'ai entendu sonner le téléphone dans la poche arrière en pleine tornade! elle s'inquiète? pas le temps de le sortir du plastique, les 8 cyclos passent devant moi, la voiture de Luigi aussi! plus de tergiversations possibles, je hurle, on semble me voir, je saute sur le vélo, et à la planche, je me lance à l'attaque sur le col de Castillon 707 m! La foudre s'abat aussi forte que la pluie! les routes sont marrons de boue! la voiture en vue, je fonce à plus de 25 km/h en côte, en danseuse, je double Luigi qui tracte un malheureux à bout de force, et plus haut, c'est le groupe de 7! un dernier effort, je les récupère et on finit groupé! détrempé, glacé, je refuse de perdre du temps à faire des photos et attendre le plus courageux qui a tout fait, mais toujours dernier, sans jamais se plaindre.......... je suis un lâche, mais j'en ai marre, il faut en finir! la descente à Menton: un calvaire de plus.......... il faudra arriver sous le pont de l'autoroute, pour qu'enfin, la pluie stoppe, que la route soit sèche! le fléchage de Jean Robert me conduit à l'hôtel!

Philippe est là, changé, inquiet du temps que j'avais mis! il est passé avant l'apocalypse! pas eu une seule goutte.......... je suis vert de rage contre ma nonchalance! tant pis, j'ai été punis!

Cette fin mouillée n'enlève rien au plaisir de cette traversée, déjà terminée!

Aujourd'hui, encore 135 km et 2433 m de dénivelé! pour une étape tranquille, on repassera!

Voilà l'histoire d'une traversée des "grandes Alpes". J'ai été un peu long, mais c'est ma façon à moi de garder la mémoire de ces moments incroyables. J'espère que les cyclos qui me liront pourront revivre leurs souvenirs au travers de ces lignes. Je n'oublie pas de remercier les organisateurs Micheline Jean Robert et Luigi qui ont été juste parfaits, sans eux, point de salut!

Quelle sera ma prochaine aventure à vélo?

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