5 ième étape

BARCELONNETTE / ISOLA2000

MARDI 8 JUILLET: Barcelonnette/ISOLA 2000

Cette étape m'inquiétait; pas tant à cause du col de la Bonnette, mais à cause de la montée d'Isola 2000; les profils étaient stressant, avec 13% sur le pied..... Bon, c'est encore loin, on verra bien. 

Au réveil, il ne pleut plus! encore du bol! mais 13° à Barcelonnette, un plafond bas, et guère réjouissant. Y en a qui couinaient des guibolles! David remonte sur le vélo, et part avec 2 autres 45 min avant nous. On rejoint Jausier en groupe, mais trop vite à mon goût; je lâche volontairement à 1 km du pied de la Bonnette, histoire de me remettre dans mon rythme. C'est ma 4° montée de ce col. Je sais que ça passe ou que ça casse! il faut bien gérer, sans quoi, c'est la trompette et l'orchestre de cuivres, le chant du cygne! je me vois bien largué au pied. Les nuages lèchent les montagnes à gauche comme à droite. Seule la route en face semble s'ouvrir pour nous laisser passer. Bien vite je rejoins 3 parisiens qui ne font plus les beaux! des locomotives à vapeur! faut dire qu'avec le froid, la vapeur, elle était là pour de vrai en expirant! les degrés baissent, comme le plafond nuageux! l'altitude s'élève, elle! et je suis assez bien. J'attaque les épingles le long de la majestueuse cascade sans souffrance; je suis donc mieux qu'il y a 2 ans! la suite, on rejoint la cote 2000, et les moutons sont aux enclos! il fait 7°, j'enfile les couvre chaussures, je suis en short, mais en montant, ça passe. La visibilité est encore correcte dans les lacets et même dans la 1° combe. Le bruit des ruisseaux et cascades avec les sifflement des marmottes résonnent dans une atmosphère fantomatique, car le ciel est en train de fermer son étreinte sur nous! pourtant, il m'a semblé voir un rayon de lumière, là haut, sur ma gauche.... Que néni, le brouillard nous saisit pour les 7 derniers kilomètres. Je double des spectres inconnus en perdition, je ne me rends même pas compte des pourcentages, même si mon compteur m'informe des passages à 11%. Je reprends le skieur des Pyrénées et finis avec lui, pour éviter qu'il ne se perde quelque part dans un combe maudite de ces lieux maléfiques. Ca n'en finit jamais, je connais, et le rassure. Soudain, des voix, des formes humaines! on est arrivé au col à 2718 m, Luigi est là! on refuse de monter à la cimes de la Bonnette! pourquoi faire, on ne voit rien, il fait un froid de canard! j'apprendrai plus tard que seul Philippe y est passé en disant "bof, ça ne montait pas plus que la montée des Odiberts à Pouilly"! sans commentaire!

Le plus stressant et douloureux restait à faire.... plonger versant Sud Est! et je le connais, le haut est vertigineux! sauf que là, visibilité 10 mètres à peine, et 3 degrés! y a mieux comme ambiance! Alors, déjà que je ne sais pas descendre, pas de commentaires sur la suite! je m'habille avec tout ce qui reste de fringues, les jambières, et les gros gants de ski! mon pauvre collègue en gants courts devra stopper au bout de 2 km, les doigts bleus! 4 km de galère plus loin, le ciel s'ouvre d'un coup! le soleil est de retour, aussi brutalement qu'une claque en pleine tronche, mais quelle joie! juste le temps de passer les abris militaires désaffectés, et on plonge sur les épingles impressionnantes! je me dis qu'en rentrant de St Raphaël dans quelques jours, je ferais cette montée, mais elle a l'air bien ardue! on verra!

La température passe brutalement au chaud, il fait 24° à St Etienne de Thinée, le ravito nous attend au soleil! on se transforme en lézard! Quelle joie de reprendre des sensations! fini la tremblante! Et on repart à 3 tranquillement jusqu'à Isola. Là, c'est une montée sèche en station! l'attaque est effectivement comme supposée, terrible sur 5 km, entre 12 et 13%. Il faut subir, calmement. Philippe me reprend et s'envole de nouveau. Je progresse, finalement pas si mal, le long du torrent. Un replat, un parisien péchu me rejoint. Il est super bavard, expliquant tous ses exploits! on passe ensemble un nouveau passage à 11% sous les hourras de la voiture balai bien remplie! la suite est moins dure, la vallée redevient alpine. et à 3 km du but, sur une nouvelle bosse, je me mets en danseuse.... et explose mon compagnon d'infortune! il craque carrément! ouf, enfin la paix! il me cassait les oreilles depuis trop longtemps, ces lieux méritent le silence et de faire profil bas. J'arrive sur la station décevante sur le plan architectural. Comme un benêt, je ne suis pas monté au col de la Lombarde! j'aurai dû y aller, les jambes le permettaient! un seul l'a fait, un des 2 triathlètes! J'irai un jour, côté italien.

Une douche, un tour à la piscine, un sauna, et un buffet repas pris dans un hôtel assez "impersonnel" aux règles administratives infantilisantes... bienvenu dans la civilisation des vacanciers lambda...........

Le début de nuit, c'était la demi finale Brésil Allemagne! 5/0 à la mi temps pour la Manchaft et des cris dans les chambrées à chaque but allemand! même Philippe a été surpris à regarder la claque des brésiliens! Dodo à la mi temps, faut récupérer

Quelle journée faite de contrastes: d'altitude, de température et de civilisation!

90 km pour 2790 m de dénivelé! la 2° journée la plus dure

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