4 ième étape

Briançon /BARCELONNETTE

LUNDI 7 JUILLET: Briançon/Barcelonnette

On va passer déjà dans les Alpes du sud! si on regarde la carte de France, on a fait un beau bout de chemin! Ceci dit, cette étape est "décisive"... pas pour le classement du tour, encore moins du maillot à poids! non, c'est ce que je qualifierais de juge de Paix de l'état des troupes. 4° journée, et 2 cols sévères: l'Izoard et Vars. Cette étape, je l'ai faite il y a quelques années, donc pas de surprise... quoi que, plus tard, je "déchanterai"! Programme, montée descente montée descente! c'est simple le vélo! et plein sud! On va passer sur une partie du tour de France 2014! on ouvre la route au coureurs!!!!

Au cours de la nuit, j'entends la pluie sur les toits! c'est pas possible! j'ouvre du bout des doigts les rideaux, les yeux fermés..................... il ne pleut plus! les routes sont en train de sécher, les passants ferment les parapluies, et sont en tenues légères! Ca va le faire!

Rassemblement devant l'hôtel! des motards italiens conversent avec Luigi dans leur langue, je comprends presque leurs phrases! il faut dire que c'était facile, Luigi expliquait notre périple. Les regards sont admiratifs! un coup d'orgueil!

Le groupe se met en mouvement, et 200 m plus loin, on attaque le col d'Izoard à 2360 m.

Le début est assez facile jusqu'à Cervières. Je sais que la squadra y a fait séjour pour leur traversée. Je suis en fin de peloton! enfin, pas de peloton, mais des cyclos isolés et séparés de centaines de mètres. M'en fiche, j'ai décidé de débuter tous les cols derrière, de chauffer calmement la machine, au lieu de me faire mal inutilement dès le pied de ces cols. Je me connais trop bien! et ma stratégie est encore gagnante! Dès la sortie de Cervières, je reprends un à un presque tout le monde. Il fait 14°, le ciel est couvert, je me sens de mieux en mieux! même les terribles bouts droits à 10% passent bien; je sais que mon terrain de jeu arrive! les épingles des 6 derniers kilomètres! je monte avec les pyrénéens, et brusquement, les ailes se déploient.... je vole, en danseuse, en relance, la soquette légère, et pour de vrai, je largue tout le monde, sans le vouloir; mais je me sens si bien, que je ne veux pas rater ça! j'attends depuis des années de retrouver cette sensation! elle est là aujourd'hui, sur un col mythique, le pied! j'arrive déjà au refuge Napoléon, et au sommet! c'est pas possible, déjà fini ce col! il fait 12°, il faut se changer pour la descente, d'autant que le soleil est absent ce matin; quelle sera la météo dans Vars? On fait un stop avec les 2 inséparables pyrénéens à la Casse déserte. Ils traînent, je monte seul la bosse de l'autre côté, et entame la descente vertigineuse du versant sud! je la crains cette descente! les parisiens descendent comme des dingues; je les perds vite de vue, hélas pour moi! malgré 70 km/h entre Brunissard et Arvieux, plus personne en vue..... je vais me coltiner la vallée du Guil seul de chez seul! il fait chaud, lourd, j'ai faim! je suis impatient d'arriver au ravito, mais quand je reprends 3 copains à la maison de Roy, je déchante vite en attaquant le rond point de Guillestre... le ravito est à Vars Village! au bout de 10 bornes de montée, et les plus durs en plus! j'explose de chaud, car habillé en maillot long et gilet trop chaud! je sue, et ouf, au bout de 3 kilomètres Luigi me rejoins! je l'arrête vite et me rechange! en court! ça va mieux, sauf que la soquette est de plomb! j'ai très faim, les poches vides! ça sent l'hypoglycémie.... faut gérer! Et Dieu que c'est long de grimper les pentes à 10% quand il n'y a plus d'essence pour alimenter le moteur.... je distingue le village, encore 2 km interminables avant de voir enfin le ravitaillement.

Je me jette sur le buffet, et bois comme un trou, ça va mieux!

je ne traîne pas, il faut finir ce col! Philippe part avec moi, je le garderai en point de mire. Un vent violent de face aggrave la difficulté du parcours. On traverse la station de Vars! des gamins crient "va y le maillot jaune"! non, ce n'est pas pour moi, mais un jeune loup affûté en maillot jaune qui fond sur moi! quelle jeunesse ingrate! encourager un cador au lieu de motiver un vieux c.. qui souffre! Ha, y a plus de jeunesse que je vous dit!

dans un mur à 11% une bourrasque a failli me jeter à terre! je parviens au sommet! la vache, il se méritait aujourd'hui ce col de Vars; certes qu'à 2109 m d'altitude, mais avec la fournaise du pied, l'hypoglycémie du milieu de le vent de la fin, le menu était bien plus indigeste que mes souvenirs passés! Bon, y a plus qu'à descendre! seul, comme toujours! et cool, bien sûr. Au milieu de la descente, j'ai tout le loisir d'observer une marmotte au milieu de la route, à peine perturbée par la voiture qui l'a réveillée en ouvrant une vitre pour la photo! elle à détallée à 2 km/h d'un air dédaigneux!. 

La suite a été pénible entre le croisement du col de l'Arche, Jausiers et Barcelonnette: de la fatigue, de la chaleur, et encore du vent de face, et toujours seul au monde.

L'hôtel Aztéca nous attendait! j'y avais passé une nuit il y a 3 ans, lieu connu! un orage du diable arrive dès 16h00, et qui dure et dure et dure encore........ on se trempe pour aller au restaurant en ville, chez des amis de Jean Robert. J'engloutis 2 énormes assiettes d'un couscous délicieux! faut penser à recharger en glycogène quand on finit sur la réserve aujourd'hui, et demain, c'est le point culminant de notre sortie, il faut y penser quand même!

La distance du jour: 102 km et 2312 m de dénivelé; je pensais plus, comme quoi, on peut se gourer....

 

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