3 ième étape

ST MICHEL DE MAURIENNE/Briançon

DIMANCHE 6 JUILLET: St Michel de Maurienne/Briançon

Etape courte, mais c'est un mythe! qui n'a jamais entendu parler de l’enchaînement Télégraphe/Galibier ne mérite pas de causer du vélo! que d’exploits sur ces pentes! Je connais bien ces montées, je sais que c'est difficile, et que ça peut s'avérer terrible parfois. 

Certains du groupe sont bien mal... tendinite pour David l'américain, coup de mou pour 2 autres qui décident de ne pas faire le 1° col... je ne comprends pas la préparation de certains! personnellement, et Philippe également, on est au top! les dires de Gillou sont les vrais! plus on roule, mieux on est! un soleil magnifique dans un ciel azur sans un nuage, voilà le décor de l'étape!

Zou, on saute sur le vélo tout propre et rutilant, et au bout de 300 m de descente, on tourne à gauche pour le col du Télégraphe. Il est là haut, au sommet d'un éperon rocheux qui surplombe la ville! les parisiens ne me croient pas et pourtant, si, c'est tout là haut! ce col, je le crains; j'y ai 2 mauvais souvenirs. Jamais 2 sans 3??? on verra bien! Le pied met dans l'ambiance! 8%, et tout du long, jusqu'à 1556 m de haut. La route est ombragée; je monte à mon rythme, et d'emblée, je me sens bien! l'étape est courte, comment serai je au plan Lachat? J'élabore une stratégie d'attaque, et les kilomètres défilent. le sommet est visible à 3 km, quand je double Philippe qui a explosé une chambre à air! il va trop vite pour ses pneus!

Descente à Valloire où un monde fou grouille sur les trottoirs ensoleillés. Ca sent les vacances! la sortie est rude avec une rampe à 11%! je ne peux m'empêcher de me rappeler des descriptions des commentateurs télé qui parlent du "faux plat" jusqu'au plan Lachat.... Ces gars n'ont jamais mis le cul sur une selle, ou bien, n'ont jamais roulé sur les pentes du Galibier. On passe, après 1 km de plat dans du 8 à 10%, et en plus, le vent est de face! tout le monde (et du monde, il y en a sur les vélos!!!) reste scotché sur l'asphalte. Heureusement, le paysage devient grandiose. J'ai beau connaitre le coin par coeur, on ne peut pas rester de glace devant ces vues sublimes. J'arrive au plan Lachat, et je sais que de là, c'est le plus difficile qui débute! pratiquement 10% sur 8.5 km, et des passages à 11, et surtout, l'altitude qui réduit l'apport en oxygène. Mais, ma physiologie a cela d'anormal, que je suis de mieux en mieux en prenant de l'altitude! jusqu'à 3500 m je suis à l'aise! au delà, c'est une autre histoire. Les premiers virages confirment mon regain de forme! je monte facile, les kilomètres passent, aucune souffrance. Je ne fanfaronne pas, c'est une sensation étrange de se sentir facile en ces lieux arides et hostiles. Le tunnel est déjà là, et l'ultime kilomètre se fait comme dans un rêve, on culmine à 2646 m. Philippe arrivé peu avant fait des photos! Luigi arrive au sommet en même temps, avec David, pâle comme un linge, dans la voiture! il souhaite faire la descente sur le Lautaret; un clin d’œil du mécano au toubib, je comprends le message, je le suivrai de près, pour éviter un incident redoutable!

La descente est périlleuse avec le vent. Le ravitaillement est installé au col du Lautaret à 2000 m et paradoxalement, le courant d'air rend le coin bien plus frais qu'au sommet du Galibier. Micheline se confond en excuses, comme si elle était responsable! ses talents de cuisinière sont parfaits, et on se rassasie à volonté! elle est extra notre "ravitailleuse"!

Il est temps de descendre à Briançon. On fond à vive allure à 6, comme des balles, avant de se heurter au mur de vent dans la fin de cette descente sur les faux plats. Ouf, l'hôtel.

Il est tôt; on va récupérer. Quelques bonnes bières avec Philippe (et oui, on sait vivre!), et un repas de plus. Il est temps de dormir. déjà 3 jours, et pas de bobos! la météo est avec nous, tout baigne!

Encore 73 km et 2031 m de dénivelé sur un seul col! Philippe dira que c'était l'étape de repos..... il exagère! mais vu sa forme, j'arrive presque à le croire!

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