AriegeNews TV
Venez discuter avec nous Devenir correspondant Les sites sportifs ari�geois Passez vos annonces gratuitement -
SPORT 09
Accueil
Principe
L'équipe
Prestataires
Les clubs
Les Champions
Newsletter
* Les news
Votre Sport
Aikibudo
Aikido
Alpinisme
Athlétisme
Badminton
Basket Ball
Biathlon
Billard
Boxe Anglaise
Boxe Thai
Canoe Kayak
Canyoning
Capoeira
Course à pied
Cyclisme
Cyclotourisme
Danse
Equitation
Escalade- Montag
Escrime
Ferias
Football
Football Americain
G.R.S
Golf
Gymnastique
Gymnastique Volontaire
Handball
Handisport
Jeu de boules
Judo-Kendo-Chanbara
Karaté
Karting
Katori Shunto Ryu
Kung-Fu / Shaolin
Marche... athlétiq.
Modélisme
Moto Cross-Quad
Multi activités
Natation
Paintball
Parachutisme
Parcours Aventure
Pêche sportive
Pelote Basque
Pentajeune
Petanque et Jeu Provencal
Raid aventure
Rando. Pédestre
Raquette à neige
Roller Hockey
Rugby à XIII
Rugby à XV
Sambo
Savate Boxe Française
Ski fond- ski alpin- ski alpinis
Spéléo-Canyons
Sport BOULES - lyonnaise
Sports Pompiers
Taekwondo
Tai Chi Chuan
Tennis
Tennis de Table
Tir à l'Arc
Tir toutes discipl.
Traîneau à chiens
Triathlon
Twirling-Baton
ULM
Vol libre
Volley Ball
VTT
Prévisions de la semaine

 FERIA DE CALI lundi 09 janvier 2006 
 Ferias :  De Zocato envoyé spécial pour Sud-Ouest..
 FERIA DE CALI. -- Cesar Rincon, malgré l'injustice du palco, et Sebastien Castella sont les grands triomphateurs de cette feria d'un pays philosophe où un paseo débute quand il peut et quand on veut

Les maîtres des tropiques: Zocato envoyé spécial

Cali. Sébastien Castella (en haut) et Cesar Rincon : le premier est sorti a hombros, le second a été victime d'un président pour le moins curieux
PHOTOS DR

Cali n'en finit pas de s'étirer. Cette ville du Sud colombien compte désormais 2,5 millions d'âmes. On bâtit partout, la Bourse offre cette année 118 % de bénéfices, le club du Deportivo a gagné le championnat de foot, il faut 7 euros pour faire le plein d'essence et les travaux du tramway placent le trafic en enfer. Qu'importe, ici on est « tropicalement » philosophe : il suffit de retarder le paseo d'une demi-heure en faisant croire à Don Apolinar Salcedo, le maire aveugle, qu'un camion en rade bloque la chaussée...


Succursale du ciel. Cali prend son temps, elle ne s'énerve jamais sous le soleil voilé et 28ø de moyenne. Cali veut conserver son surnom de Succursale du ciel qui le lui rend bien. Tout y pousse et la canne, outre le sucre, fournit dorénavant 10 % d'alcool pour les voitures. Cesar Rincon vient d'ailleurs d'acheter 100 hectares... Le soir, la ville trémousse sa salsa à chaque coin de rue, dans les stades, les parcs municipaux ou au Rumbadrome, sorte de gigantesque bal musette pour 20 000 fans du groupe Niche ou d'Oscar de Leon.
Aux arènes, ils sont 16 672 à entonner les hymnes : d'abord le National puis celui de la cité. Cela chante à pleins poumons, surtout les jeunes filles qui font la fortune des chirurgiens esthétiques leur confectionnant des poitrines fort généreuses. C'est la mode, paraît-il. Les trois premières corridas en début de semaine avec du bétail sans grand relief de
Mondoñedo, Alhama
et
Guachicono
ont permis le succès des matadors locaux
Luis Bolivar
et
Paquito Perlaza.
Deux oreilles chacun, tombées du palco par le président Vazquez II, un ancien torero de Cali... Les Espagnols
El Cid, Cesar Jimenez
et
Luis-Miguel Encabo
sont en roue libre. Seul notre compatriote
Sebastien Castella
s'illustre mardi dernier face à un toro luciférien qu'il manque hélas à l'épée. Pas de trophée mais sortie a hombros quand même.


Jimenez en RTT. Le lendemain, face à l'animal d'ouverture d'
Ambalo, Cesar Rincon
signe un faenon à classer parmi les quatre chefs-d'oeuvre de sa saison 2005 (Madrid, Valence et Dax). Un mélange insensé, une potion magique de lidia, soumissions et caresses à « Lector », numéro 160, de 462 kilos, une bête impossible dans d'autres mains. Hélas, le public n'y voit que du feu, le président fait la sourde oreille et nous voilà au pied d'une injustice scandaleuse d'autant plus que ce monsieur « bombardera » au toro suivant deux pavillons pour une faenita et un estoc souterrain de
Luis Bolivar.
Signalons enfin qu'au cours de cette tarde,
Cesar Jimenez
avait une fois de plus pris ses RTT.
Jeudi, nouvelle bévue des juges avec deux oreilles à
Perlaza.
Du chauvinisme indécent.
Encabo,
qui remplaçait Salvador Cortes blessé, enroule sept naturelles templées. Les cornus de
Gonzalez Caicedo
se laissent manoeuvrer. L'ultime, Curandero, numéro 52, 456 kg, sera gracié par
Ivan Garcia
auteur de magnifiques muletazos achevés derrière les reins. Ne négligez pas ce jeune madrilène. Quant à Curandero, mieux vraudrait qu'il ne finisse pas ses jours comme étalon, sa bravoure n'ayant guère convaincu le parterre de connaisseurs.


Le calvaire de Rincon. Vendredi, c'est le grand jour, le cartel des trois triomphateurs de Madrid réunis sur la même affiche. Dix minutes avant d'entrer en scène,
Rincon
se plaint du ventre. Il fonce à l'infirmerie, victime d'une crise de coliques foudroyantes. Les deux autres matadors lui proposent de passer devant lui afin de gagner du temps. Cesar refuse net entre deux vomissements et assure qu'il défilera avec eux. Le paseo est un calvaire. Cesar se tient l'estomac des deux mains, il sue à gros bouillons et cherche sa respiration. On croit vraiment qu'il n'arrivera pas au bout du ruedo. Le visage caché derrière sa cape, le Colombien demande au portier du toril d'attendre quelques instants avant d'ouvrir. Bien Bonito, nø 124, 460 kg, du fer de
Puerta de Hierro,
gicle enfin. Rincon s'extirpe péniblement du Burladero.
Mais soudain, tout change : au centre, Cesar dessine quatre véroniques immenses. Surpris, le toro se rebiffe dès les premiers doblones. Il n'en veut plus de ce tissu rouge. Il coupe, serre, dévie, bondit sur les cuisses du torero. Peu à peu Rincon le canalise, le déroute, lui fait perdre la boussole. Les séries se mettent en place, la musique démarre. Au moment où Cesar veut, d'un geste, la stopper, Bien Bonito, le traître, lui saute dessus. Balancé une seconde fois trois muletazos plus tard, la culotte déchirée sur le flanc droit, le maestro continue son hallucinant ouvrage d'étau.
Dans le callejon, l'ancien banderillero Rafaël Corbelle, qui en a pourtant vu d'autres, pleure comme un môme : « C'est incroyable ce qu'il fait, dit-il. A 40 ans et 50 millions de dollars, il continue à se jouer la peau. » Une estocade un brin basse achève ce nouveau faenon magistral. Le président, toujours notre zigoto, veut se rattraper de son erreur d'il y a deux jours et offre deux oreilles à Rincon qui refuse la deuxième en fixant dans les yeux le balcon des arbitres. Son regard dit ceci : « Votre cadeau bonux, je m'en contrefiche. J'ai planté une épée médiocre, je ne mérite donc pas deux trophées. Si vous voulez que Cali soit respectée, soyez sérieux et arrêtez de bombarder les oreilles inutiles et grossières. »


El Cid perdu. Le reste de la corrida fut une bourriche de toros mansos s'échappant des chevaux et galopant le long des planches. La caste a disparu sous ces lattitudes. Seul le second cornu, couard lui aussi mais noble, permet le succès. Hélas,
El Cid
ne l'a pas compris. Il a la bougeotte, il doute en permanence même si quelques passes convenables et une oreille cachent le désastre. Le Sévillan a perdu son toreo fort et sûr. Depuis le mois de juillet, l'on pressentait cela. Il est à la dérive et le prouvera au cinquième toro de façon plus préoccupante encore. Incapable de maîtriser la bête, Manuel ne parvient pas à la coucher. Les deux avis sonnent. Plus que deux minutes. Et là, nouvelle ineptie du président qui fait jouer les trompettes au bout de 45 secondes. C'est le pompon ! On rentre le toro vivant. A coup sûr El Cid est parti hier matin acheter un chrono plaqué-or pour M. Vazquez II...
La colonie d'aficionados français emmenés par Jean-François Mengelle et Périples Lointains semble nerveuse. Certes, elle est arrivée aux arènes dans une Chiva, l'autobus de campagne sans fenêtre, le klaxon bloqué en agitant de petits drapeaux tricolores. Ce côté « Allez les bleus ! » ou « Libération de Paris » sent bon l'humour goguenard de nos terres.


Cali danse avec Castella. Quand
Sébastien Castella
visse ses mocassins sur le sable pour accueillir le troisième toro, la colonie frémit. Deux véroniques plus loin, Cuerno de Oro, nø 209, saute dans la contre-piste. Panique à babord. Sébastien le récupère au portail opposé et plein centre, à cape inversée, signe un fantastique quite à la Miguelin. Les voisins nous tapent sur l'épaule. Ils avouent adorer Zidane et la veuve-clicquot, proposent un breuvage en gourde à déconseiller même aux tuyauteries en inox... C'est parti !
Sébastien sprinte derrière le toro apeuré pour lui faucher ici une droitière, là un pecho. Il aurait fallu être Carl Lewis... Mais ce n'est que partie remise, face au sixième toro moins fuyard, notre torero enfonce le clou : des cambios dans le dos, huit statuaires « les pieds dans le béret » diraient nos coursayres landais, trois chapelets de naturelles que le biterrois s'invente et un formidable sabre plonge maintenant la plaza dans une hystérie fabuleuse. Cali danse sur les gradins, Cali hurle « torero, torero ! ». Ce sont les Colombiens qui agitent nos drapeaux. Sébastien brandit les deux oreilles et le voisin, directeur commercial d'une distillerie locale nous « descabeye » avec une spécialité à lui. En comparaison, la liqueur de vipère dans le film « Les bronzés font du ski » fait figure de lait de chèvre... Et l'on reparle dans l'euphorie du triomphe de la tour Eiffel, de la neige à Limoges, du voyage du maire à Lourdes et d'Ingrid Betencourt qu'ils finiront bien par libérer.
Au nez et à la barbichette des Espagnols, le tandem franco-colombien Castella-Rincon est devenu le maître des tropiques. Ils vous embrassent pour l'année nouvelle à l'autre bout du monde.

« Cela chante à pleins poumons, surtout les jeunes filles qui font la fortune des chirugiens esthétiques leur confectionnant des poitrines généreuses »
 Mise à jour effectuée le 06/01/2006 Rédigé par Gérard MIGUEL 

 
Contact | Forum | Liens | Les news | Newsletter

copyright 2002 SPORT09.com