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Expédition Monténégro

Vendredi 8 au samedi 16 juillet : EXPLORATIONS AU MONTENEGRO
 
Participants: Olivier BIGOT, Thierry FOURNET, Bernard WOLF, Daniel COLLIARD, Pierre DUCHAMPT. Christine et Bernard ABDILA. SDNO : Véronique CHAMPAGNE, Philippe BUIRE.
 
Pierre : Vendredi 8 : Départ à 18h30 d'Ecully de la 1ère équipe composée d'Olivier, Thierry et Bernard à bord de l'Amarock d'Olivier. Ils roulent sans faire de pause bivouac et franchissent la frontière du Monténégro le lendemain à 12h30.
Samedi 9 : Départ de la 2ème équipe composée de Daniel et de Pierre à bord du Toyota de Daniel à 12h30. On roule toute l'après-midi avec une forte chaleur et atteignons notre emplacement de bivouac en Slovénie à minuit. Souper rapide et coucher à 1h00.
 
Dimanche 10 : La 1ère équipe effectue une grosse séance de portage de matériel dans la grotte. Trois aller-retour seront nécessaires pour acheminer l'ensemble des canots, des combinaisons néoprène, 3 brins d'échelle aluminium et 3 kits de matériel divers. Le courant d'air est présent, mais sans commune mesure avec la violence de l'an dernier. La suite de l''exploration nous en fournira l'explication. Ils ont aussi la surprise de trouver un petit lac au bas du premier ressaut de 5m et doivent mouiller les bottes pour le franchir. Les bassins 1 et 2 sont très hauts, mais ça passe quand même tout juste et ils décident de faire baisser le niveau du bassin 2 en amorçant les tuyaux. Ceci fait ils ressortent. TPST : 5h00. La 2ème équipe se lève à 5h30 et reprend la route à 7h00 sous un beau soleil. Un petit arrêt à 14h30 en Bosnie Herzégovine, le temps de se restaurer en dégustant un succulent poisson grillé appelé« maigre » et on repart pour atteindre Maganik à 22h30. On a la surprise en arrivant et avant de descendre au bord du torrent, de voir la voiture d'Olivier garée devant la maison de Nicolaï, le
propriétaire de la bâtisse située en bord du torrent, où nous devons installer notre camp. En fait, tout le monde s'est fait inviter chez Nicolaï pour regarder la finale de la coupe d'Europe de football à la télé. Nous nous joignons donc à eux, et après la défaite de la France nous rejoignons le camp. Daniel et moi plantons nos tentes, on fait la connaissance de Véronique et Philippe et tout le monde va se coucher.
 
Lundi 11 : Réveil général à 7h30 sous un beau soleil. Petit déjeuner, ablutions sommaires, on prépare le matériel et départ des 2 voitures pour la grotte à 9h00, Christine et Véronique elles, restent au camp. Montée au trou, et 20m avant d'arriver je glisse et me tord la cheville gauche comme l'année dernière. Décidément le Monténégro ne me réussit pas car la douleur est vive. Je décide quand même de rentrer la grotte avec les copains, mais arrivé au 1er plan d'eau je fais demi-tour car ma cheville enfle et je ressors. Daniel, Olivier, Thierry, Bernard, Philippe et Nanar gonflent le 3ème canot et poursuivent l'expédition. Arrivés au 3ème bassin, mauvaise surprise ! L'eau du 2ème bassin déversée par les tuyaux la veille à fait monter le niveau et impossible de passer avec le canot. Olivier et Thierry qui sont en néoprène passent tout de même de l'autre côté et décident finalement de rebrousser chemin pour revenir demain avec un change de vêtements secs pour effectuer la remontée du P 50 et voir la suite du réseau. TPST:7h00.
 
Mardi 12 : Lever à 6h30 encore sous un beau soleil et départ à 7h30 pour tout le monde, sauf moi qui reste bloqué au camp à cause de ma cheville, qui a été strappée par Philippe. A 13h00 Christine et Véronique me rejoignent au camp. Elles ont été jusqu'au bas du P 50 et ont fait demi-tour, car elles étaient en néoprène et le froid commençait à sérieusement les diminuer. Le niveau du bassin 3 a baissé durant la nuit et on peut le passer avec le canot après l'avoir légèrement dégonflé et en frottant le plafond. Ils sont donc 6 à remonter le P 50 pour se retrouver au sommet du puits non descendu l'an dernier. Séance d'équipement avec 6 fractionnements pour atteindre le bas du puits, estimé à 60m par 4 spéléos car Thierry et Nanar ont fait demi-tour au sommet du P 60, pour ressortir à 14h30. Pour Olivier, Daniel, Bernard et Philippe qui prennent pied au bas du puits c'est le vierge qui commence et se présente sous la forme d'une grosse galerie plongeante à 30°, de 15m de diamètre encombrée de blocs de roche gigantesques, qu'il faut gravir et contourner pour progresser. Ça dure environ 300m pour buter sur un nouveau plan d'eau. Au fond du plan d'eau, on entend un fort grondement qui ressemble au bruit d'une grosse rivière. Philippe s'avance avec précaution dans ce nouveau plan d'eau pour aller voir ce qu'il y a derrière. Il revient très vite pour expliquer que ça ne passe pas. En fait le bruit de rivière provient une fois de plus d'un violent courant d'air qui passe par un trou gros comme le fond d'une canette de bière. En passant ce trou il pulvérise littéralement l'eau comme le ferait un gros pulvérisateur de tracteur agricole. Pour lui impossible de passer car il estime à 3m le passage semi noyé. Voilà qui explique pourquoi le courant d'air est bien moins puissant que l'an dernier. Le niveau de ce nouveau plan d'eau doit être beaucoup plus élevé que l'an dernier et limite considérablement le passage de l'air. Il pense qu'il faut revenir demain avec des néoprènes pour voir si on peut franchir l'obstacle à la nage. Demi-tour donc, et sortie de nos 4 spéléos à 18h30. TPST : 9h00.
 
Mercredi 13 : Lever à 7h00 avec encore un beau soleil. Aujourd'hui je ne serai pas seul au camp car Thierry et Nanar décident de prendre une journée de repos. Le reste de l'équipe quitte le camp à 8h30 et entre dans la grotte à 9h00. La voûte mouillante terminale est atteinte 2h00 plus tard. Philippe s'y avance en combinaison néoprène avec un fil d'ariane. Il plonge la tête sous la voûte mouillante et juge qu'elle fait environ 3 m de long, avec une profondeur de 1,30m. Il reste 5 à 10 cm de garde d'air au plafond mais le courant d'air est si violent qu'il ne peut pas avancer, et qu'il doit se résoudre à faire demi-tour. La seule solution pour passer serait de plonger avec une bouteille. Il faudra donc revenir avec le matériel nécessaire. Du coup l'équipe décide d'atteindre une galerie supérieure située à 5,00m au-dessus du dernier plan d'eau. Sitôt dit, sitôt fait, et cette galerie est rapidement atteinte. D'un diamètre de 5,00m elle monte en pente douce avant de se diviser rapidement en 2. Elle se poursuit en galerie sèche en prolongement de la première partie avec un diamètre de 3 à 4,00m. Elle est remontée sur une quinzaine de mètres avec arrêt sur une escalade estimée à 15,00m. La deuxième galerie part à l'opposé de la galerie sèche. Elle est parcourue par une petite arrivée d'eau qui vient donc se déverser dans le dernier bassin et ainsi contribuer à faire monter son niveau. Ils remontent 4 ressauts sur une cinquantaine de mètres sur un sol couvert de mondmilch. Arrêt sur un dernier ressaut de 4,00m qui se poursuit par une galerie redevenue horizontale, le tout parcouru par un léger courant d'air. Ces 2 galeries seront donc à revoir de manière plus approfondie. Christine et Véronique avaient fait demi-tour au début de l'escalade et ressortent à 16h30. TPST : 7h30. L'équipe de pointe composée de Daniel, Olivier, Bernard et Philippe repart vers la sortie après l'escalade et sort à 20h00. TPST : 11h00. Pendant que les spéléologues sont sous terre, les 3 autres restés au camp attaquent le nettoyage de la terrasse en carrelage qui rapidement redevient comme neuve. A 16h00 ils reçoivent la visite d'un couple qui s'avère être Milo et sa compagne Zorica. Milo c'est le spéléo local qui vit en France et nous a donné les coordonnées de la grotte après avoir buté sur la remontée qui se trouve après le 3ème plan d'eau. Nous faisons donc connaissance et les invitons à revenir souper avec nous vers 19h00, lorsque l'équipe qui est sous terre aura rejoint le camp et pouvoir ainsi prendre les dernières nouvelles de la pointe qui est en cours. Tout le monde se retrouve donc autour d'une table encombrée de boissons et de victuailles à 21h00, et à tout ce monde, Nicolaï, notre propriétaire est venu s'ajouter. Mis au courant du vol du portable d'Olivier dans sa voiture alors qu'il était en explo, Milo fait jouer ses connaissances en téléphonant à un mystérieux correspondant et repart avec Olivier récupérer son I'Phone, qui a été déposé de manière anonyme dans les toilettes de l'école où nous garons les voitures en échange de non poursuite. Tout se termine vite et bien mais cet épisode ne sera pas sans conséquences sur la suite du camp ! La soirée se poursuit donc dans une sympathique ambiance pour se terminer à minuit après force consommation d'alcools français et monténégrins. Et rendez-vous est pris avec Milo, Zorica et Nicolaï pour venir avec nous sous terre vendredi.
 
Jeudi 14 : Jour de fête nationale et donc de repos pour l'ensemble des spéléos Français.
 
Vendredi 15 : A 8h15 Milo et Zorica nous rejoignent au camp sans Nicolaï qui a dû emmener son épouse à l'hôpital. Milo nous annonce que la météo locale prévoit de forts orages à partir de midi, et c'est sous un ciel gris que la montée à la grotte de Vrantiska s'effectue où nous pénétrons à 9h00. Tout le monde se retrouve au bas du P50. Compte tenu des conditions météo seuls Daniel et Olivier décident d'aller au terminus avec Milo pour lui faire découvrir la suite du réseau jusqu'au bassin final qu'ils décident de ne pas essayer de franchir quoiqu'il arrive. Il ne faut pas tenter le diable car ce dernier bassin ressemble fort à un piège Qui peut se refermer très vite en cas de mauvais temps. Ils attaquent donc la remontée du P50 pendant que Thierry, Nanar et moi prenons le chemin de la sortie pour accompagner Zorica toute fière et heureuse de nous avoir accompagné jusqu'à là et d'avoir traversé les 3 bassins d'eau en surmontant sa peur, car elle ne sait pas nager. Nous ressortons donc à 13h00 sous un ciel menaçant. TPST : 4h00. De leur côté, Daniel, Olivier et Milo atteignent le terminus actuel. Le niveau du bassin a baissé d'une vingtaine de cm et ça a l'air de passer. Mais ils se font violence pour ne pas franchir l'obstacle, trop de risque avec les orages annoncés, combien de temps à rester derrière si ça continue, ce qui est probablement le cas, car cette pseudo voûte mouillante est peut-être le dernier obstacle avant de pouvoir filer vers la rivière. Milo est ravi d'avoir vu la suite du réseau et tout le monde joue la prudence et ressort à 15h30 alors que la pluie commence à tomber. TPST : 6h30. A partir de 15h30 c'est donc trombes d'eau, éclairs et tonnerre qui s'installent sans discontinuer et ça va durer toute la nuit alors que nous rejoignons nos tentes pour notre ultime nuit.
 
Samedi 16 : Réveil à 7h30 alors que la pluie a cessé. Le soleil refait même une timide réapparition peu après et nous pouvons donc plier nos tentes au sec. A 10h00 l'Amarock d'Olivier est chargé et Olivier, Thierry, Nanar et moi prenons le chemin du retour alors que Daniel reste sur place en attendant la venue des spéléologues Tchèques qu'il veut emmener dans Vrantiska. De notre côté nous atteignons Ecully le lendemain à 8h30. Le bilan 2016 s'il n'est pas extraordinaire s'avère quand même être positif car compte tenu du niveau élevé des plans d'eau. Le P60 a été équipé et descendu et nous a livré 300m de galerie de grosse dimension. Même si nous avons buté sur un quatrième plan d'eau, son haut niveau d'eau nous a permis de comprendre les fluctuations de puissance du courant d'air, et nous incite à la plus grande prudence pour la suite des explorations car il s'avère être un verrou qui se refermera rapidement, et pour combien de temps en cas d'orage violent ? Vrantiska 2016 se révèle fidèle à 2015 en nous livrant ses secrets au compte-goutte et en multipliant les obstacles.