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La Confrérie et son passé

par Daniel MAURIN, vice-président de la Confrérie de Saint Vincent en 2012
 
Les confréries ont pris naissance au Moyen-Âge ; ce sont des associations de personnes ayant un intérêt commun ou une profession commune et qui éprouvaient le besoin de se grouper pour des raisons aussi bien sociales que religieuses. Les confréries étaient donc placées sous l'égide d'un saint, par exemple le saint patron de la profession, marquant fortement leur caractère religieux. C'est pourquoi elles furent dissoutes en France à la Révolution. Certaines renaquirent au 19ème siècle.
 
Outre leur caractère religieux, qui pouvait se manifester par des dévotions envers le saint patron afin qu'il dispense ses faveurs à la profession, les confréries agissaient aussi comme organisme d'entraide lorsqu'un confrère était en difficulté.
 
De nos jours, les confréries jouent souvent le rôle d'ambassadeurs des produits locaux de la profession représentée. Dans ce cas, elles doivent avoir une activité médiatique soutenue comportant parfois des cérémonies spectaculaires en costumes, auxquelles participent des personnalités et des vedettes. Il n'en est rien à Marzy dont la production viticole, uniquement familiale, n'est pas commercialisée. La confrérie Marzyate a maintenant pour seul objet de maintenir le souvenir et la tradition.
 
La Confrérie de Saint-Vincent de Marzy.
 
Témoin du passé viticole de Marzy, la confrérie de Saint Vincent, patron des vignerons, y est encore active. Saint Vincent était diacre à Saragosse (Espagne) et mourut martyrisé le 22 janvier 304. Il fut ensuite si populaire qu'il est difficile de démêler la vérité historique de la légende. Pourquoi Saint Vincent est-il devenu patron des vignerons ? Plusieurs hypothèses sont avancées, aucune n'est vérifiée :
  •  La première syllabe de son nom est « vin »
  •  Diacre, son rôle à l'autel était de verser le vin dans le calice
  •  Une roue de pressoir a été utilisée pour le torturer
  •  Le 22 janvier, jour de la fête du saint, est propice aux réunions de vignerons puisque aucun travail n'est à faire dans les vignes à cette époque.
Les statuts actuels de la confrérie datent de 1876, mais dans ses archives existent des preuves de son existence bien avant cette date. Jusqu’en 1836, la confrérie est gérée directement par le curé de la paroisse et aucune trace de son activité n'est connue. L'abbé Marcelot nota alors les recettes et dépenses de la confrérie jusqu'à ce qu'il nomme, en 1844, un « conseil de fabrique » qui prend en charge son administration.
 
La confrérie de Saint Vincent compte actuellement environ 130 membres. Tous ne sont pas vignerons, mais sont originaires de Marzy ou issus de familles Marzyates. Il faut noter qu'ils sont tous actuellement de sexe masculin alors que rien, dans ses statuts, n'interdit aux femmes d'en faire partie ; à la fin du 19ème siècle, elle comptait d'ailleurs 10% de femmes dans ses rangs. Les enfants peuvent faire partie de la confrérie dès leur naissance.
 
Si les bases de la confrérie sont toujours religieuses, elle est neutre et les idées de chacun sont respectées. Lors des cérémonies officielles, les confrères portent en sautoir une médaille à l'effigie du saint accrochée à un ruban rouge et vert.
 
Les activités de la confrérie sont :

  •  Le dimanche le plus proche du 22 janvier, messe solennelle à l'église de Marzy, avec distribution de pain bénit aux fidèles ; ensuite a lieu au café le paiement des cotisations contre remise d'une brioche. Initialement, quatre ou cinq confrères désignés payaient à tour de rôle pain bénit et brioches ; ceux désignés pour l'année suivante recevaient une brioche de forme spéciale appelée « crougnon ». Cela représentait une charge financière non négligeable pour chacun de ceux désignés, aussi la fourniture est maintenant prise en charge par la confrérie.

  •  Après la messe solennelle, les confrères qui le souhaitent se réunissent pour un banquet au cours duquel sont intronisés les nouveaux confrères. Cette cérémonie comportant l'absorption de vin de Marzy, les jeunes ne sont intronisés que lorsqu'ils ont atteint l'âge de boire du vin.

  •  Lendemain de la célébration solennelle, messe en souvenir des défunts de la confrérie suivie d'une réunion d'examen des comptes de l'année écoulée.

  •  Organisation d'un bal annuel

  •  Lors du décès d'un confrère, assistance aux obsèques religieuses en portant la médaille. Lorsque la cérémonie a lieu à Marzy, le convoi funèbre de l'église au cimetière est conduit par la bannière de la confrérie. Le coût de la cérémonie religieuse est pris en charge par la confrérie. Lors d'une cérémonie civile, les médailles ne sont pas portées.