La moto de Clément Desalle


Le football ne suffit-il plus à lui seul ? Tandis que le nombre de purs passionnés tend à diminuer, de plus en plus nombreux sont les « footeux » à commettre une infidélité au ballon rond. C'est notamment le cas de Sergio Michielon (47 ans), un ancien gardien qui, jusqu'au début de la précédente saison, cumulait sa fonction d'entraîneur des gardiens auprès de trois clubs: Flénu, où il a joué ses dernières rencontres en tant que gardien, Havré et Frameries.

 

Aujourd'hui, celui qui a la réputation d’être un entraîneur principal à poigne en salle (il dirige actuellement le MRST Anderlues, en D3 à la Ligue), se concentre sur le RSB Frameries. De quoi lui permettre d'assouvir sa passion pour le motocross en compagnie de son fils Giovanni (21 ans). « Mon intérêt pour le motocross ne date pas d'hier. Je baigne dedans depuis tout petit bien que, faute de moyens, je n'ai acheté ma première bécane qu'à l'âge de 18 ans », explique le Flénusien (qui habite à quelques pas du terrain de football), marié et père de deux enfants. « Mon  premier achat fut une Suzuki 250cc. Elle était trop puissante pour moi, qui étais trop léger (rires). Le virus ne m'a réellement touché qu'à 28 ans. Avec Fabrizio Bevilacqua et Marco Ministru, nous avons créé le team « Fasema », qui existe toujours. Personnellement, j'ai stoppé l'an dernier. Mes deux autres amis ont également arrêté, même si nous continuons à gérer notre team. A notre âge, les douleurs musculaires deviennent de plus en plus persistantes. Par contre, mon fils Giovanni l'a intégré. Il roule en quad. »

Bien évidemment, Sergio Michielon ne se contentait pas de contempler les deux roues passer sous son nez. Il s'est essayé lors de compétitions amateurs, non sans un certain succès. « J'ai toujours roulé en catégorie non-licencié. J'ai commencé en 125cc avant de passer à la catégorie supérieure à partir de 30 ans. Un cancer du rein diagnostiqué en 2001 m'a freiné mais en 2003, j'ai commencé à rouler avec une 450 4 temps. Mon meilleur résultat fut signé au Bois Brûlé, où j'avais terminé en sixième position. Nous roulions surtout pour le plaisir, le motocross étant une passion très onéreuse. Aujourd'hui, je grimpe encore de temps à autre sur ma moto car quand on y a goûté, on ne peut pas s’en passer du jour au lendemain. Malheureusement, les terrains de jeu sont presque inexistants dans la région. Cela nous poussait à nous expatrier en France, comme Clément Desalle à ses débuts. »

Pour la petite histoire, l'actuelle moto de Sergio a appartenu dans le passé à Clément Desalle. « Clément était et reste l'avenir du motocross belge. Il a terminé deuxième des derniers championnats du monde. L'année d'avant, il avait échoué sur la troisième marche du podium. En toute logique, il devrait s'imposer l'année prochaine, mais le niveau est très élevé. Avec mon fils Giovanni, nous avons assisté à la récente Coupe de l'Avenir à Angreau. Alors qu'ils ont moins de 21 ans, les espoirs affichent déjà un niveau impressionnant. »

Giova, un exemple d'intégration

Dans la région, Giovanni Michielon (21 ans) est aussi connu que son père. C'est bien simple, que ce soit en salle, autour des terrains de football ou au bord des circuits de motocross, Giovanni accompagne son paternel.

 

Atteint de trisomie 21, « Giova » combat la différence à travers le sport (et au milieu des gilles lors de la cavalcade de Jemappes). D'abord au football, depuis quelques mois sur un quad. Pour avoir côtoyé ce garçon attachant dans le vestiaire de la P4 de Flénu il y a quelques années, nous pouvons affirmer qu'il était la mascotte de l'équipe.

« Il a d'abord essayé le basket, mais il ne voulait pas passer le ballon », explique Sergio, son papa. « Il a commencé le football à Flénu à l'âge de 10 ans. Il a même joué en championnat dès la catégorie minimes et ce, jusqu'en scolaires. Ensuite, il s'est entraîné avec les juniors de Flénu ou avec la P4. Il ne demande qu'une chose: pouvoir s'amuser avec les autres. Il m'a suivi à Frameries où il s'entraîne le jeudi avec l'équipe première. Les joueurs l'adorent. »

 

A la maison, Giovanni regarde en boucle des émissions dédiées au motocross. Et la visite guidée de sa chambre vaut le détour. Ses passions y sont exhibées: les chevaux, le football et la moto avec, dans un bac secrètement gardé, des maillots de champions reçus en cadeaux. « Il roule en quad depuis l'an passé. Nous lui en avons offert un pour ses 20 ans. Il participe chaque année à une course à Templeuve et s'entraîne au moins une fois par semaine sur un terrain privé. »

L'activité incessante de Giovanni fait la fierté de ses parents. « Il s'oblige en prime à respecter un régime de sportif, ce qui lui permet de garder la ligne. A côté du football et du quad, il participe à des tournois de foot en salle avec l'ASBL « Le Foyer ». Et récemment, il a rejoint un centre de jour où il peut pratiquer la pêche ou des sports collectifs avec ballon. »

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Petits et grands logés à la même enseigne


De bonne source, on peut écrire que Sergio Michielon est un entraîneur de gardiens unanimement apprécié. Ce n'est pas à Frameries, où il s'occupe des plus petits jusqu'aux plus grands, qu'on dira le contraire. « Si cela continue, on va devoir créer une école de gardiens. J'en ai 20 sous mon aile », explique Sergio, qui dévoile un de ses secrets: « Petit ou grand, je ne fais presque aucune différence à l'heure de dispenser une séance. La difficulté mise à part, un enfant s'entraîne de la même manière qu'un adulte. Je crois que c'est cette facette de mes séances qui les motive. »

Sergio Michielon a été élevé à l'école de feu Marc Daniel. « Il avait compris avant tout le monde l'importance d'entraînements spécifiques. A l'époque, j'ai eu la chance de pouvoir m'entraîner avec Franky Frans ou Thomas Demolin, qui venaient s'exercer à Flénu. Une fois de retour à la maison, je m'empressais de noter les choses que j'avais apprises. »

Tous les lundis et les jeudis, Sergio Michielon est présent au Pavillon de la Garde pour entourer les derniers remparts du RSB, parmi lesquels Aurélien Fotsi (ex-Mons et Flénu). « Pour les plus petits, je suis désormais assisté par Medhi Rossignol, le gardien des juniors. »

Mais au fait, en quoi consiste un bon entraînement? « Je commence invariablement par un échauffement de 10 minutes dans le rectangle. Si un gardien veut se blesser, qu'il tente un plongeon à froid... Ensuite, place à un échauffement au sol, puis au travail spécifique: réduction des angles de tir, plongeons latéraux,... Cette semaine (lisez la semaine dernière), nous avons travaillé les coups francs. J'essaie de diversifier les entraînements. »

 
 
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