Canicross, canirandonnée, Var, Provence-Alpes-Côte d'azur
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RANDOCABO
Randonner ou Courir avec son chien
 

L'avis d'un juge de course...

  Difficile d'interroger une bibliothèque vivante, que dis-je une archive, prenez le temps de discuter 5 mn avec Jean-Michel, et l'heure sera vite passée, peut-être même la soirée !
Mais il est une de ces figures du canicross.
 
Il sera juge sur la course, et sa riche expérience, en fait certainement un excellent élément, sa pluralité et son charisme seront un plus sur la course.
 
Ne vous méprenez pas, il saura donc sûrement prendre les bonnes décisions !
 
 
 
Salut Jean michel, je suis content que tu veuilles bien répondre à mes questions !
  • Bonjour Joel,
 
D'abord peux-tu te présenter en quelques mots !
  • Je suis un vieux sportif de 71 ans. Je suis docteur ès sciences mais, après quelques péripéties en géologie, géophysique et en océanographie, j'ai obliqué vers la médecine dans le créneau de la physique et des mathématiques en médecine, ce qui n'était pas encore à la mode en 1971.
J'ai été longtemps enseignant chercheur dans ce domaine, en étudiant en particulier les effets de l'activité physique, hyperactivité avec les sportifs, hypoactivité avec des malades et les cosmonautes.
J'ai participé à l'enseignement de la survie en condition extrême et j'ai fait introduire, avec la conseillère fédérale Fritz Lignine  la recherche biologique et médicale à l'Agence Spatiale Européenne.
J'ai travaillé longtemps en Suisse où j'étais également entraîneur descente en kayak. Mon travail m'a également amené à travailler en Grande-Bretagne, aux États Unis et même brièvement en Russie, à la Cité des Étoiles au NE de Moscou (je suis membre d'honneur de l'Université de Moscou). J'ai terminé ma carrière à Saint Étienne en participant à la mise au point d'une méthodologie d'enseignement assisté par ordinateur. Le ministère de l’Éducation Nationale m'a alors demandé de participer à la généralisation de ces méthodes sur le plan national.
Comme j'étais inclassable, je n'ai jamais été fonctionnaire ni connu de CDI. J'ai également été enseignant agricole (et je garde une activité bénévole dans le domaine "chiens") et j'ai aussi passé 5 ans en médecine légale. Ma formation dans plusieurs domaines m'a permis de participer au montage d'une double formation médecin-ingénieur national des mines à Saint Étienne qui fonctionne maintenant très bien sans moi.
 
Je sais que tu es passionné de sport, quels sports as-tu pratiqué?Qu'est-ce qui t'as amené vers ce sport ?
  • J'ai commencé le sport avec la voile, sur dériveur, puis en course côtière, course au large et catamaran de sport avec des podiums en dériveur, en France.
J'ai habité près de 30 ans en Suisse. J'y ai fait beaucoup de ski (descente, fonds, hors piste). J'ai aussi pratiqué la montagne pendant ma "période  géologique", avec de la cartographie en haute-montagne. Lors de ma "période médecine"   pendant plus de 10 ans,    j'allais à la fac de médecine en kayak sur le Rhône et un petit bout d’Are.
Les 5 dernières années, la fac avait déménagé et je laissais le kayak à mon club à la jonction du Rhône et de l'Arve et je terminais en Course à pieds. La Télévision Suisse Romande avait fait un reportage sur cette activité, ce qui m'avait valu de gros ennuis avec les écologistes suisses. Je suis passé entraîneur de club et aide entraîneur de l’Équipe Suisse. J'ai eu de bons résultats, surtout dans les descentes techniques. J'ai commencé le "Moutain Bike" en Suisse.
Je n 'ai pratiqué qu'épisodiquement le canoé-kayak en Grande Bretagne et aux États Unis et à mon retour en France, je n'ai pas tardé à avoir des ennuis avec la Fédération de Canoé-Kayak de l'époque malgré quelques bonnes places au Marathon de l'Ardèche. J'ai participé plusieurs années à l'organisation de ce marathon avec le club de kayak et le CREPS de Vallon Pont d'Arc . J'ai participé également à des « naturathlons » (kayak, vélo, course à pieds).
Quittant la fédé de kayak, j'ai rejoint la Fédération Française de Sauvetage et de Secourisme, une fédération extrêmement sympathique et familiale malgré des exigences sévères  ( double ministères de tutelle : Jeunesse et Sport et Intérieur).
Beaucoup de plaisir avec le surfski, le paddl-board mais  beaucoup de difficulté au début avec la natation. Je continue à pratiquer dans de petites compétitions mais au niveau international, je suis "juge C" (piscine et côtier) et vais tenter de gravir quelques échelons. J'aime aussi beaucoup les sorties et le sauvetage par tempête avec le semi-rigide. Je suis membre de l’École de Sauvetage Méditerranéenne qui forme aussi des sauveteurs de plages dont des policiers. C'est par la natation que je suis venu au canicross.
Mon entraîneur de natation savait que j'avais une nordique, la fameuse Farevel. Il m'a parlé du canicross et donné les coordonnées d'un certain Laslbeiz qu'il avait rencontré dans les Alpes !
 
Je t'ai vu courir sur le TDM, combien de fois y as tu participé. En quelle année as-tu participé pour la première fois?
  • C'était parti ! J'ai fait une série de petites courses sympa en canicross, j'ai participé deux fois au TDM  comme concurrent et une fois comme juge de course. J'ai beaucoup aimé également car on est en plein dans l'ambiance et on noue de nombreux contacts.
Puis j'ai recommencé à monter sur mon VTT avec le cani-VTT. Pas de performances possibles à plus de 71 ans mais beaucoup de plaisir.
Enfin, j'ai essayé cette année aux Estables le ski-jöring : vent de 100 km/h, - 10°C la nuit dans le camion.  Je n'étais pas remonté sur des skis depuis plus de 20 ans ! Dur dur dans les montées mais quel plaisir dans les descentes techniques et le plaisir de voir Farevel comme je ne l'avais encore jamais vue : jamais elle n'avait couru aussi vite !
Aussi nous avons fait beaucoup de ski-jo à l'entraînement cette année
 
 
 
 
Justement, c'est ce qui nous intéresse ! Ton chien ou tes chiens, peux-tu nous décrire ton team ?Aime-t'il ce sport, A-t'il l'esprit canicross, et une chose importante, le départ, comment ça se passe pour ton chien?
  • Farevel est très stressée au départ et partirait volontiers dans le sens contraire.
Elle n'est pas susceptible quand le commentateur TV la présente au départ comme un siberian husky alors qu'elle est 3/4 groenlandaise et seulement 1/4 husky (F3 est souvent présente aux courses FFST de notre région).
En canicross, elle trouve que je ne vais pas assez vite et se démoralise lorsque nous sommes dépassée.
En VTT, elle courre super bien dans les passages techniques, les descentes dans les rochers, les sauts (comme à Coren) mais elle a le secret d'une marche au  super-ralenti sur le plat, surtout lorsqu'il y a des gravillons.
A l'entraînement, ce qu'elle préfère, ce sont les chevreuils et elle peut me  faire faire du ventre-jöring sur terre (un passage au PU lors d’une sortie) ou du plantage de nez dans la neige (avec un husky qui s'était perdu et avec qui nous avions sympathisé). Le long de la Loire (en fait la Haute-Loire) les canards, c'est pas mal non plus !
En cross, Prima, la chienne de ma femme participe souvent à nos entraînements. Parfois d'autres chiens nous accompagnent, souvent Elko le berger hollandais de ma fille aînée. En VTT et en ski, Elko nous accompagne souvent. Il est très rapide (plus de 47 km/h en VTT) mais se fatigue plus vite. Dans la neige, il fait tout en force et s'enlise parfois alors que Farevel sait où il faut passer et se joue des difficultés.
 
Ton implication en canicross ?
  • Question club, je suis membre depuis mes débuts de Canicross83 et compte bien y rester. Je regrette seulement de ne pouvoir que rarement y être présent.
Je suis également membre de Chiens de Traîneau du Mézenc (FFST) , un club à une trentaine de km de chez moi, surtout orienté neige.
C'est le club organisateur de la course (traîneau et ski) des Estables, très technique, très rude quand souffle la burle comme l'hiver dernier mais vraiment très conviviale et très bien organisée (bus navettes entre la stake et le village entre la stake et la super bouffe du samedi soir : fruit de la participation de tout le village.
Farevel a vraiment adoré cette expérience. Elle aime aussi beaucoup la course FFST de Chalinargues en automne. Il fait froid et la nuit, la stake étant dans une clairière au milieu des bois, on entend le brame des cerfs.
Super, d'autant plus que le club FFST de Chalinargues et le club club FSLC du Cantal qui organisait la course de Coren permettent, comme l'an dernier,  de combiner leurs épreuves.
 
Que penses-tu du TDM ?
  • Le TDM devient une course de haut niveau qui rebute certains canicrosseurs.
D'autres craignent aussi de perdre l'ambiance festive des débuts. Cette ambiance festive perdure mais c'est vrai aussi que le TDM devient une grande course.
Le président de la FFST, Thierry Bloch n'hésite pas à dire que le TDM et la Grande Odyssée sont les événements majeurs des courses de chiens de France. C'est une raison de plus d'y participer.
Ces grandes courses sont des expériences inoubliables.
 
 
 
          Cette année j'ai cru comprendre que tu étais juge de course sur le TDM .. Tu confirmes ? Une question me vient tout de suite, ça ne te frustre pas trop de ne pas courir ?
 
Ça doit être difficile de juger ce genre de course avec toutes ces nationalités et des niveaux autant disparates, comment tu envisages ton rôle ?
  • Le rôle de juge de course est passionnant dans un tel événement. C'est très différent des petites courses. Il faut beaucoup plus de souplesse et savoir interpréter le règlement.
Par exemple, l'an dernier nous n'avons pas pénalisé cette concurrente qui a forcé son malamute à sortir de l'eau.
Le malamute en question venait, après s'être copieusement desaltéré, de faire 3 fois le tour d'un petit lac dans la montagne et aurait pu continuer longtemps la natation  !
Il faut avoir été un compétiteur pour apprécier le règlement.
Parfois c'est plus simple. Nous avons dû sévir l'an dernier au sujet de la longueur des longes. Certains concurrents ont également cru se mettre en conformité en achetant des longes chez les exposants. Certaines étaient toujours trop longues.
Ceci est dû au fait que certaines fédérations jugent les départs et arrivées non sur le chien mais sur le/la musher ou musheuse. Dans ces conditions, la longueur de la longe n'est pas critiquée.
L'an dernier, il a aussi  fallu être sévère sur la récupération des chiens après les passages "free dog". Les concurrents habitués à des parcours plats sont parfois en difficulté dans les descentes des Alpes.
Ces descentes peuvent être difficiles à gérer : attention à ne pas trop poser le talon. Les bonnes chaussures de trail prennent en compte ce problème avec une semelle qui permet non seulement d'accélérer mais aussi de freiner !!!
Les quadriceps sont mis à rude épreuve. Sur une compétition comme le TDM, le livre de mon copain Guillaume Millet, "Ultra-Trail (Outdoor-éditions) est plein de bons conseils.
 
 
Beaucoup de questions, je sais, mais une ptite dernière : as-tu un ou plusieurs conseils pour les participants ?
  • Beaucoup de concurrents ont eu de gros problèmes d'ampoules et Eric a eu beaucoup de travail. Je n'ai pas de conseil car je n'ai jamais eu ce problème en canicross ou en en trail. J'ai ce problème en natation palmes : les produits pour les pattes de chien et le citron écrasé semblent efficaces. Dans l'armée suisse, ils se préparent avec des solutions alcooliques. Le but est de sécher la peau pour faire de la corne, pas gagné pour ces dames !
 
Et puis si tu veux rajouter quelque chose que tu voudrais dire...
  • Il y a maintenant  de très gros écarts de temps entre les premiers et le reste des concurrents. Certains ne refont plus le TDM à cause de ça.
C'est un phénomène que j'ai constaté dans tous les sports que j'ai pratiqué. Il y a l'élite ...et les autres.
C'est pour cette raison que je n'hésite pas à encourager les derniers et à discuter avec eux en dehors des manches. C'est sympa avec toutes ces nations et ça me permet parfois de me remettre à parler dans des langues que j'oublie.
En voyant passer les amis que je rencontre dans les petites courses, je voie comme je serai en train de galérer loin des premiers.
Au moins, en tant que juge, pas de complexe et c'est un privilège d'être encore dans la course en étant juge de course.
Le TDM est devenu une très grande épreuve et c'est la responsabilité  de tous les  bénévoles de continuer à   faire régner la convivialité et l'amitié. Les messages que nous recevons tous après l’éventement sont toujours très sympathiques et c'est avec joie que je rejoindrai le TDM 2013 !
                                                                           
 
Bien je te remercie énormément d'avoir bien voulu participer.. à très bientôt.. oublie pas ton CCSL(casquette, creme solaire, et lunette)