PARC NATUREL REGIONAL : dernière ligne droite
Cette fois, c’est à nous de réagir. On est pour ou on est contre. Mais avant de dire oui ou non, il faut savoir exactement de quoi il s’agit. Alors, le petit journal vous informe. Après quoi, vous pourrez donner votre avis entre le 20 juin et le 22 juillet en mairie (mardi matin et jeudi après-midi) en participant à l’enquête publique.
Les ministères et les régions concernés ont donné un avis favorable à l’instauration de notre Parc naturel régional des Baronnies Provençales (PNR). La (très prochaine) réforme de nos institutions va éloigner un peu plus encore le monde rural des pouvoirs de décision. Il devient urgent de doter nos régions des moyens de se défendre. Si la grande majorité des 130 communes concernées par le projet adhèrent, par délibération, au projet de PNR, le Parc verra le jour l’an prochain. Sinon, il pourrait être définitivement enterré. Les « anti » argumentent qu’un échelon supplémentaire de décision compliquera encore un peu plus l’aboutissement de projets. Tentons d’y voir un peu plus clair et analysons d’abord la Charte du PNR.
ARGUMENTS DES « PRO »
Connaissance du milieu : le PNR s’engage à promouvoir la connaissance de notre milieu naturel. Dans ce domaine, il proposera, par exemple, des mesures d’éradication d’espèces envahissantes comme la renouée du Japon et l’ambroisie à feuille d’armoise. Il prônera un dialogue avec les agriculteurs, les sylviculteurs, les pêcheurs et les chasseurs. De même, le PNR se donne pour mission d’approfondir les connaissances de la ressource en eau disponible
Connaissance du patrimoine culturel et incitation au tourisme :Terre historique, les Baronnies ont un riche passé culturel. Le PNR s’engage à le valoriser par une diffusion plus large. Il entreprendra une valorisation de l’agro-tourisme. Les activités de pleine nature seront aussi plébiscitées en termes de randonnées, escalades, vol libre etc…
Promotion des cultures baronniardes :Le PNR se donne aussi pour mission d’accompagner techniquement et financièrement les nouvelles pratiques de culture de lavande, tilleul et autres plantes aromatiques, médicinales et à parfum. Ces plantes ainsi que les espèces fruitières et céréalières devraient, selon la Charte du PNR, occuper en 2024 trente pourcents du territoire en agriculture biologique. Sur 1500 exploitations recensées, plus de 600 pourraient disparaître ou avoir une autre destination d’ici dix ans. Priorité sera donnée à leur maintien notamment par l’optimisation d’outils de transformation (jus de fruits, huile d’olives, farine d’épeautre…). Dans le domaine de l’habitat, le bois et la paille de lavande seront des éco-matériaux à promouvoir.
Renouer avec le pastoralisme :Il faut rouvrir certains espaces aux troupeaux en maîtrisant l’avance de la forêt. Le retour du loup, confirmé sur notre territoire, relève de la compétence de l’Etat. Le PNR entreprendra des actions de soutien et de protection des troupeaux. Dans ce domaine, le Parc envisage d’expérimenter des emplois de bergers au service du territoire.
Développer nos produits :Valoriser nos fruits, nos vins, nos fromages, nos miels, nos céréales sera l’un des grands objectifs de la Charte du Parc. Le mouton des Baronnies fera l’objet des mêmes soins. L’idée première est de développer le commerce de proximité.
Urbanisme et énergie :L’idée première du Parc est de densifier l’habitat existant et préserver la vocation des terres agricoles. En matière d’énergie, le bois et le solaire seront encouragés au détriment de l’éolien, qui s’intègre mal au paysage de nos régions.
Social et culturel :Dans un ordre d’idée plus général, le PNR promet de développer des modes alternatifs aux déplacements individuels (navettes…), de décentraliser au maximum les évènements culturels et enfin de trouver les moyens de ralentir la désertification médicale des Baronnies provençales.
ARGUMENTS DES « ANTI »
Le député Hervé Mariton dit que « rien n’est joué ». Une délégation de maires, conduite par le député a été reçue, le 10 mai, au Cabinet de la ministre Kosciusko-Morizet . Ils y ont exposé les griefs des opposants à la création du PNR, opposants regroupés principalement dans l’association « Baronnies Libres Sans Parc » :
- Lors de la création du syndicat mixte de préfiguration, l’Etat n’aurait pas fait preuve de la neutralité souhaitée.
- Le député argumente que l’administration est déjà très lourde et qu’il y a un besoin urgent de simplification ; au lieu de résoudre ce problème, on ajoute une nouvelle structure !
- Les maires de Cornillac et de Ste Jalle expriment leur étonnement quant au résultat du sondage effectué lors de la création du Syndicat, à savoir que 75% des habitants étaient favorables au projet alors que leur propre enquête atteste que leurs administrés sont majoritairement opposés.
- Enfin, les membres de la délégation ont avancé un argument de poids : le préfet de la Drôme propose de réunir les 4 communautés de communes (Nyons, Rémuzat, Buis et Séderon) en une seule entité. A elle seule, cette puissante organisation pourrait mettre en pratique les idées récupérées par le Syndicat mixte et porter tous ses projets d’envergure sans qu’il soit nécessaire de créer encore un échelon supplémentaire.
L’association conclut que les outils existent déjà à l’échelon local pour remplir toutes les missions que se fixe le PNR.
Affaire à suivre…