Pol et Mique:
journal objectif mensuel

Quand on fuit ...

Quand on fuit…
 
Quand on fuit… c’est qu’on a quelque chose à cacher…
même à St Barthélémy. Il faut déshabiller le mythe, mais oui, nu, tous nous nous ressemblons. L’apparence n’a plus son importance habillée seulement de silence.
Quand on fuit…
C’est qu’on veut se cacher de ceux qui vous auraient adoré, le mot adorer est bien grand pour ceux-ci qui pleurent un vieux chanteur drogué et alcoolique et qui laissent des proches en asile de vieux, pour ne pas se voir vieillir comme eux plus tard.
La mort a quelque chose de miraculeux, elle remet les dieux à leur place, sous terre, des dieux que des humains pas futés se sont créés, pour fuir, (tiens encore), d’autre vérités qui, elles, ne fuient pas, sur les trottoirs de paris ou d’ailleurs.
Vous ne les avez pas vus ! Mais oui ! Pour faire bien à la télé, ils les ont déplacés… virés… exilés… cachés… pas enterrés non, il n’y a pas de place dans les cimetières parisiens pour eux. L’autre, le pseudo dieu, est bien parti à St Barthélémy, il a encore besoin du soleil… il n’a rien compris, il croyait, maintenant il ne croit plus…
La croyance rend l’humain abruti… qu’importe en qui il croit… même en quoi il croit… le soleil, sous terre ne donne pas aux vers moins d’appétit. Quand c’est fini, c’est bien fini, resteront sur les trottoirs des oublis ceux qui ne fuient pas, ceux qui restent là mais que les autres ne voient pas, ceux qui ne croient plus en grand-chose, qui ne croient plus en ceux qui croient.
Quand tu fuis, ne serait-que du regard celui des âmes plus faibles tu n’es pas mieux, tu n’es pas mieux que le vieux chanteur, c’est bien que tu as quelque chose à cacher, preuve tu baisses les yeux pour que l’indigent ne croise ton regard, il salit peut-être le regard de l’indigent… la conscience assurément.
A force de regarder plus haut, tu te retrouves plus bas, plus proche de ceux que tu évites du regard

la personnalité du mois.

Un petit café…
 
Jaja c’était une jeune voisine, 92 printemps quand même. Elle est partie sans nous demander si nous étions d’accord, et elle nous manque bien souvent…
Jaja, c’était une femme fatiguée, mais elle aimait les visites… et malgré une petite retraite, elle avait toujours des attentions pour ceux qui prenaient le temps de s’arrêter. Le matin tout d’abord paour les aides ménagères qui venaient la toiletter, le café ou le thé et des petits pains au lait. Ensuite c’était la visite du facteur, brave personne au demeurant, un café et des biscuits de bretagne s’il vous plait, l’infirmier qui prenait deux ou trois bonbons, puis nous les voisins pour un café ou un petit porto. Ceci n’était que le matin. L’après midi était plus calme, de temps à autre une amie ou une voisine du village venait prendre aussi un café ou un thé, et encore nous en début de soirée. Puis sa copine du quartier qui venait souvent le soir boire un petit ambassadeur… Elle grognait quelques fois que des visites la dérangeaient mais généralement cela l’occupait bien. Elle avait ainsi des nouvelles du quartier, de plus loin même, d’où elle avait travaillé… et ainsi de suite chaque journée sauf le dimanche, pas de facteur pas de visites, mais la messe à la télé…
 
Jaja n’était pas seule, c’était son vouloir, et malgré une petite retraite, elle savait gâter ses visiteurs de bons produits… et on voudrait que les personnes âgées finissent en des maisons où plus grand monde ne passerait les voir. Elle est partie dans son sommeil, mérité sans aucun doute, sans avoir souffert des maladies, sans morphine pour subsister, on souffre suffisamment dans sa vie de vivant, pour la quitter paisiblement.

la texte du mois: michal

Trente-six semaines…
 
Cela fait trente-six semaines déjà
Que je patiente, que je te patiente,
Toi qui ne sera pas là, jamais là,
Illusions perdues, désillusions latentes.
Trente-six semaines c’est un long temps
Pour n’attendre rien, c’est même pesant.
De ce soir où nous ne nous sommes rien dit
A peine croisés, un regard tout petit
Seulement, muet d’émoi pour autant.
J’avais choisi enfin une maman.
Je t’ai vu tout ce temps pousser
Sous ce ventre désespérément plat resté
Les premières semaines rien ne se voit,
Je m’y fais, ce ventre du temps le restera,
Elle ne le sait pas qu’elle t’attend de moi.
Puis, encore je patiente que tu n’existes pas.
Trente-six semaines presque déjà
Ce fut une délivrance que tu ne sois pas.
Je sentais pour autant les draps mouillés
Enfin, elle avait perdu ses eaux, libérée
Mais bon dieu, dessus, je me suis pissé !
Tu es née enfin dans l’esprit d’un taré
Sans vraiment naître, sans exister.
Sans qu’elle ne se sente concernée.
Enfin « épilogue » je te baptiserai
D’une étreinte avortée, tu n’es pas née
Illusion pas grosse mais grosse désillusion.
J’ai pu enfin te donner un nom.