Adresse
Téléphone

Histoire du tunnel de Poluzot

L'esprit Spiridon


L’esprit SPIRIDON est un idéal qui incite l’être humain à tirer gratuitement parti de son corps par la pratique de la marche et de la course à pied, activité capable de favoriser l’éclosion de la santé et du bien-être physique et moral.
 
L’esprit SPIRIDON repose sur 6 principes :
1 : L’amitié d’abord.
2 : Ne pas critiquer, mais informer.
3 : Ne pas imposer, mais suggérer.
4 : Ne pas contrôler, mais prêter assistance.
5 : Ne pas diriger, mais influencer.
6 : Par tout les moyens légaux, défendre la cause et les intérêts des coureurs,des marcheurs et des organisateurs.

spiridon


vendredi 10 avril 1896 à 14 heures

 

Le parcours de 40 km allait de marathon à Athènes, il s'est couru sous un temps ensoleillé, le parcours était assez difficile sur la fin.

En ce dix avril 1896, ils sont 17 sur la ligne de départ, parmi eux essentiellement des Grecs et 4 étrangers  dont le hongrois Gyula Kellner qui est le seul à avoir parcouru 40 km à l'essai en 3heures, les autres comptant sur leurs qualités physiques, leur volonté et leur bonne étoile à une époque où la spécialisation dans une épreuve n'était pas développée et où les techniques d'entraînement n'étaient pas celles de maintenant.. Sept candidats à l'épreuve se seraient esquivés pendant la nuit avertis des risques d'insolation qu'ils risquaient le lendemain et effrayés par la légende maléfique du célèbre soldat de l'antiquité, mort en apportant la nouvelle de la victoire grecque à la bataille de marathon en 490 av JC. En effet le parcours de ce premier marathon olympique partait de Marathon pour arriver à Athènes et ne faisait alors que 40km.

Le marathon était l'épreuve phare de ces jeux, d'autant plus que les grecs misaient beaucoup sur une victoire d'un de leur compatriote, ayant été déçu lors des épreuves en stade, notamment lors du lancé du disque où ils ont échoué. Aussi dès 10 heures du matin la foule commence à remplir le stade d'Athènes. Pour stimuler l'ardeur des concurrents grecs les promesses de cadeaux s'étaient multipliées. Le riche négociant Georges Averoff avait promis un million de Drachme de la main de sa fille au grec qui serait vainqueur, Un certain Dr Teoflaxos avait offert des barriques de vin millésimées, un barbier proposait de raser gratis jusqu'à la fin de ses jours le sauveur de l'honneur national, un chocolatier offrait 1000kg de chocolat, un boulanger du pain pour la vie et des centaines d'autres gens ce qu'ils avaient de plus précieux, à commencer par leurs bijoux...

La course:

14 heures, les voilà partis entourés d'une nuée d'officiers à cheval et de cyclistes, et suivis d'une carriole transportant des médecins et des médicaments. Les 10 premiers kilomètres ils resteront craintivement groupés, passant devant des femmes qui se signent furtivement. Les hommes eux offrent du vin en guise de réconfort, ce qui ne va pas arranger les problèmes de chaleur comme nous allons le voir.  A partir de là la course va se décanter et c'est le français Lermusiaux qui est le plus téméraire, devançant l'australien Flack et l'américain Blake. La double victoire de Flack sur 800m et 1500m lui fait dire des autres concurrents du marathon: "ils ont tous la trouille de moi!!". Spiridon Louys le Grec passe avec plusieurs minutes de retard, allerté par les paysans de son retard il réplique alors: "Ne vous inquiétez pas. Je les rattraperai et les battrai tous!!". Cependant à l'avant Lermusiaux fait une belle impression à tel point qu'au village de Karvati où on a dressé un arc de triomphe, il reçoit sur la tête une courronne d'olivier qui lui accorde prématurément la victoire. Car voici que la route monte, peu après le trentième kilomètre il arrête et son compatriote Alphonse Grisel, qui le suit à bicyclette, lui passe un onguent sur les jambes. Bientôt, il repart mais son rythme est cassé, ses muscles tenaillés par des crampes, et Flack le dépasse inexorablement, puis c'est au tour de Louys qui devient alors deuxième.

Louys a fière allure, il rattrape l'australien, du 33ième au 36ième kilomètre, Flack se maintien à moins de 20 mètre du Grec, pour parvenir à le lâcher Louys devra sprinter brièvement, c'est alors que Flack se met à vaciller dangereusement avant d'aller rejoindre Lermusiaux dans la position horizontale. Il reste moins de 4km et Louys devance de très loin son compatriote Vassiliakov et le hongrois Kellner.

Spiridon Louys, un berger?

Agé de 23 ans, haut de 1m60, la légende veut qu'il ait entendu parler des jeux en faisant paître son troupeau de moutons dans la campagne ceinturant Athènes, et qu'il se soit préparé de façon mystique par le jeûne et la prière. En vérité on ne sait pas trop si Spiridon Louys passait l'essentiel de son temps à suivre un troupeau de mouton ou à courir les chemins pour porter des lettres. Une troisième version prétend qu'il était porteur d'eau et qu'il prépara sa victoire en courant depuis son jeune âge derrière un âne guidé par son père. Toujours est-il que pendant son service militaire, Spiridon Louys, cinquième enfant d'une famille aussi pauvre que nombreuse, aurait servi dans le premier régiment grec d'infanterie sous les ordres du colonel Papadiamantopoulos en faisant preuve d'une grande endurance au cours des exercices de marche. la ville d'Athènes ayant été choisie pour accueillir les premiers jeux Olympiques, ce colonel, qui appartenait au comité d'organisation, aurait persuadé Louys de prendre part au marathon.

Un succès libérateur pour le peuple Grec

Selon certains témoignages, la foule rompit les barrières et envahit le stade. des colombes furent lâchées. Les deux princes escortèrent le vainqueur, encore tassé par la fatigue, pendant qu'il accomplissait son tour de piste. Le roi Georges l'aurait serré dans ses bras. Qu'importe l'authenticité de tout cela, le principal tenait dans les faits qu'un Grec avait gagné et que le marathon olympique avait connu un succès colossal. un succès que rien ne pouvait entamer et qui fut sans doute pour beaucoup dans le maintien de l'épreuve au programme des jeux suivants vu le nombre dramatique de concurrents tombés tout au long des 40 km du parcours et du scandale provoqué par un grec arrivé 3ième mais qui fut déclassé suite aux protestations du hongrois Kellner car Vélokas s'était fait porter sur une charrette une bonne partie du parcours.

Spiridon Louys est lui devenu l'objet d'une véritable vénération et un motif de réjouissance, Athènes s'embrasa et des fanfares sillonnèrent la ville, des feux d'artifice éclatèrent, un véritable délire. On ne sait pas si Louys put profiter de tous les cadeaux qui lui furent promis avant ou après la course. Une statue lui fut dressée au stade panathénaïque et il ne courut jamais plus, ne pouvant plus être considéré comme amateur, disent les mauvaises langues, tant il reçut de cadeaux. On ne retrouve sa trace que 40 ans plus tard, alors qu'invité aux jeux de Berlin, il défila en tête de la colonie Grecque, porteur du drapeau national, après avoir pris part au relais de la flamme olympique, il monta même tête basse jusqu'à la tribune officielle pour remettre à Hitler, qui le congratula (photo), un plan d'olivier. Sa mort surviendra le 25 mars 1940 à la suite d'une crise cardiaque. Ses obsèques, célébrées en présence de plusieurs milliers de personnes, furent prises en charge par l'Etat. La légende était en marche, pour longtemps, pour toujours...