Les Lectures de Mathis
Le grand retour
 

 
Une dizaine de jours plus tard,
 

sur la côte canadienne,
 

un promeneur découvre un bien curieux bateau,
 

sur une plage de galets.
 

Il s’empresse de le porter à la poste la plus proche.
 

 
Quelques jours après,
 

une infirmière entre dans la chambre
 

d’Evangeline Chevarie, à l'hôpital de Québec :
 

Evangeline Chevarie, il y a une lettre pour vous.
 

 
La mère de François ouvre l'enveloppe
 

et elle lit le premier feuillet :
 

« Ma chère femme, si tu reçois cette lettre,
 

c’est que le ponchon aura réussi son voyage... »
 

Puis elle lit la lettre de François :
 

« Maman, j’ai gagné la course de traîneaux... »
 

 
Bientôt, l’histoire du ponchon postal des habitants de l’ile
 

fait le tour du Québec.
 

Mais les gens des iles, là-bas,
 

ne savent toujours pas que leurs lettres sont arrivées.
 

Alors la vie continue, sans nouvelles de la Grand-Terre.
 

Chacun attend que l'hiver finisse,
 

tout en conservant un petit coin d’espoir dans le cœur.
 

 
Puis un matin, le premier jour de mars,
 

alors qu’il gèle encore,
 

François voit une fumée au loin sur la mer.
 

Hé! Regarde! Un bateau s’écrit-il.
 

C’est bien le premier depuis trois mois, dit Augustin.
 

 
Vite, les deux garçons courent annoncer la nouvelle au magasin général.
 

 
Alcide Gaudet saisit ses jumelles
 

et descend sur le quai.
 

 
Léonard murmure :
 

D’habitude les bateaux ne viennent pas chez nous avant le mois d’avril.
 

Alors, c’est que le ponchon est arrive,
 

les gens de la Grand-Terre ont lu nos lettres.
 

Le bateau approche.
 

C’est un gros navire, son nom est : « Harlow ».
 

François est au premier rang des curieux.
 

Il ne tient pas en place.
 

Ah ! il en met du temps pour arriver, ce vapeur!
 

 
Maintenant le « Harlow » est très proche.
 

François distingue des silhouettes sur le pont.
 

Les gens sont emmitouflés de gros manteaux.
 

Le navire va accoster,
 

lorsque tout à coup quelqu’un crie :
 

François! François!
 

Le cœur de François fait un grand bond dans sa poitrine.
 

II a reconnu la voix de sa mère.
 

 
- Maman! Maman!
 

 
Quelques minutes plus tard,
 

les passagers descendent à terre.
 

 
François se blottit dans les bras de sa maman,
 

tandis qu’Evangeline Chevarie murmure :
 

- Tu vois, mon petit champion... Je suis guérie ! Je suis revenue.