La course aux pylones

Pylone Racing

La course, les avions



Article de Claude  & Reine

 


Parmi les différentes spécialités radiocommandées, en aéromodélisme avion, la course de pylône (pylon racing) représente la formule 1 dans le monde des aéronefs  miniatures. Ces courses se déroulent entre trois pylônes disposés en triangle isocèle et les pilotes par groupe de trois à la fois effectuent dix tours sur ce circuit dont la longueur théorique est de 400 mètres par tour. En réalité, ils parcourent beaucoup plus que cette distance car les rayons de virage à haute vitesse sont importants.

 

Il existe trois catégories principales de courses de pylône dont les vitesses correspondent à différentes catégories d'avions et souvent à différents niveaux d'expérience des pilotes.

 

-La catégorie Quickie Promo: avec des avions simples, équipés souvent de moteurs MVVS de 6.5cc,  et atteignant la vitesse de 180-200km/hr

 

-La catégorie Quickie Expert avec sensiblement le même type d'avions mais avec des moteurs toujours de 6.5cc Nelson et atteignant la vitesse de 250km/hr

 

-La catégorie FAI F3D internationale avec des avions plus sophistiqués d'environ 1.80 mètre d'envergure la plupart du temps toujours munis de moteurs de 6.5cc  mais de marque Profi  par exemple et atteignant la vitesse de 350-360 km/hr.

 

Ces moteurs thermiques utilisent le carburant réglementaire de la Fédération Internationale de l'Aéromodélisme qui est composé de 20% d'huile (ricin de préférence) et de 80% de méthanol sans additif (pas de nitro)

 

Cette dernière catégorie FAI F3D est la catégorie reine de la course de pylône; les moteurs développent environ 3CV et tournent à 33 000 tours/minute. Ils sont équipés d'échappement avec pipe accordée (tuning pipe) et requièrent une changement des pièces mobiles tous les 100 vols (quand on sait qu'une course de dix tours dure moins d'une minute, cela implique beaucoup d'entretien).

 

Chaque équipe de pylône racing se compose d'un pilote et d'un mécanicien (ou caller). Le pilote utilise une radio d'excellente qualité pour piloter son modèle et le mécanicien se charge en général du réglage final du moteur et de son lancer lorsque le top départ est donné; pendant la course, il donne des indications à son pilote pour qu'il resserre ou desserre ses trajectoires et l'informe du nombre de tours effectués. Pendant la course, le pilote tourne sur lui-même ne quittant pas son avion des yeux, au rythme d'un tour en moins de 6 secondes et ce, pendant 10 tours. L'avion doit voler presque constamment sur la tranche pour perdre le minimum de temps lors des virages.

 

Les pilotes décollent par groupe de trois lorsque le chef de piste ordonne le départ en abaissant son drapeau. Un personnel nombreux est requis pour ces courses: il faut un chronométreur pour chacun des trois pilotes, trois juges à chacun des 3 pylônes pour voir si le pilote est passé devant ou derrière le pylône, trois autres juges pour compter le nombre de tours effectué par chaque pilote plus quelques autres officiels pour s'occuper du système informatique, du carburant, du contrôle de la conformité des modèles. C'est une structure assez lourde à gérer et que certains clubs essaient d'automatiser surtout en ce qui concerne le passage derrière le pylône mais ces systèmes ne sont pas encore tout à fait au point.

 

Avant le départ de chaque groupe de trois pilotes, le chef de piste déclanche un chrono: une minute est autorisée pour mettre en route le moteur et le régler sinon c'est la disqualification.

 

Le réglage du pointeau du carburateur ne doit se faire que dans les 5 secondes qui précèdent le signal de départ sous peine de gripper par surchauffe. Pour ce réglage, les doigts du "mécano" ne sont qu'à environ 1 cm de l'hélice qui tourne déjà à environ 30 000 tours d'ou la nécessité d'être bien concentré et précis si on veut conserver ses phalanges.

 

Au bout des dix tours (ce qui dure moins d'une minute), le pilote coupe son moteur et se pose hélice calée: il n'y a pas de remise de gaz possible pour ces modèles et l'atterrissage doit impérativement se terminer sur la piste ou dans son prolongement dégagé (parfois). N'ayant ni aérofreins ni volets, l'arrivée est très rapide et il y a souvent des sorties de piste avec dégâts. Mais le plus grand risque est la collision en vol: il y en a souvent une par compétition et la destruction totale des modèles qui se sont heurtés à plus de 350 km/hr est totale. C'est alors une perte importante et beaucoup d'heures de travail en perspective pour reconstruire un avion. Le moteur est souvent heureusement récupérable mais pas les servos ni la cellule.

 

Etant donné tout le travail de préparation, de réparation et de construction que cette discipline requiert, il est indispensable de disposer de locaux munis de tables de construction et pouvant accueillir tout le matériel et outillage adéquats pour y travailler. C'est là que le local d'aéromodélisme CEI d'Air France prend toute son importance. Pour préparer une saison de compétition, il faut y passer de très longues heures et pendant la saison d'activité modéliste, entre les compétitions et les entraînements, il faut aussi y consacrer beaucoup de temps.

 

 

 

L'équipe du CE Roissy section modélisme avion:

 

 

Cette équipe est composée de Claude Bernard (le pilote) et de Reine Bourret(mécano F3D).

 

Nous avons abordé cette discipline il y a six ans, après avoir fait partie de l'équipe de France de vol circulaire en combat aérien  et après avoir gagné une coupe du monde en combat aérien. Nous avons quitté la compétition en combat aérien par suite d'un changement dans la règlementation qui rendait cette discipline moins amusante et moins spectaculaire.

 

Mais comme nous aimons ce qui va vite et qui fait du bruit, (le bruit, c'est la vie, le silence, c'est la mort), nous nous sommes tournés vers la course de pylône racing.

 

Nous avons débuté comme la plupart des "racéristes" en formule "Quickie Promo" avec le modèle simple de cette catégorie muni d'une aile rectangulaire et d'un fuselage à section quasi carrée. Nous avons fait le maximum d'entraînements et participé au maximum de concours pour devenir, après deux années de pratique,  champions de France en Q500 Promo .

 

Par la suite, nous avons abordé la catégorie Quickie 500 Expert et après des centaines de vols d'entraînement et de nombreux concours en l'espace de deux autres années,  nous avons remporté le titre de champions de France en Q500 Expert.

 

Ls suite logique était de passer à la catégorie FAI F3D et là encore, c'est en suivant le même régime d'entraînements et de compétitions qu'après deux années dans cette catégorie très exigeante nous avons remporté, à Saint Flour, en 2013, le titre de Champions de France FAI.

 

Et on doit associer à l'équipe, nos braves avions de type "Dago" sur lesquels nous passons d'innombrables heures dans les locaux du CE pour les préparer ou les remettre en état. Pour chaque compétition nous avons droit de présenter trois modèles ( le meilleur et deux "mulets") pour pallier aux accidents ou incidents en cours de compétition. Fait amusant, c'est avec le mulet que nous avons remporté le titre de Champions de France en 2013 car notre meilleur modèles avait été victime d'une collision en vol à Tours lors d'une coupe du monde précédant le championnat de France.

 

 Il n'est pas question de se déplacer de centaines, voire de milliers de km pour ne pas tenter de terminer une compétition si nous avons eu une casse lors du premier match (il y a en général 4 à 10 manches par compétition lors d'un week-end et le total des points détermine le vainqueur). Nous effectuons normalement toutes les compétitions en France, de nombreuses en Belgique ainsi que celles en Allemagne et en Italie.

 

Chaque fois que la météo est correcte pour cette activité, nous nous entraînons en reproduisant au maximum les conditions d'un concours (respect du délai d'une minute pour démarrer et décoller, chronométrage, contrôle du passage au niveau d'un ou de deux des pylônes). Un handicap auquel nous devons faire face est que le seul terrain disposant d'une piste en dur assez longue, bien dégagée, pour accueillir ce type d'avions se situe à…. Amiens, donc à près d'une heure et demie de route et que si d'autres modélistes faisant de la radiocommande classique (acrobatie) sur le terrain s'y trouvent, nous ne pouvons pas nous entraîner car nos trajectoires contraignantes occupent tout l'espace de vol de la piste et que nous ne devons pas survoler de spectateurs . Nous volons à moins de 15 mètres de hauteur et portons un casque de protection réglementaire et il nous est délicat de demander aux collègues d'arrêter de voler le temps que nous fassions notre vol même si celui-ci ne dure qu'une minute.

 

Nous ne concevons pas le sport sans y associer la compétition qui est un stimulant puissant et qui nous permet de nous améliorer et chaque fois que nous rencontrons un modéliste, nous tentons de le convaincre à s'adonner à la compétition. Plus il y a de concurrents, plus le niveau de pilotage s'élèvera…même si on vole bas!!!

 

                             

 

                                Claude Bernard    Reine Bourret

 


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Un de nos Dago avec moteur MB Profi 6.5cc

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Deux de nos Vortex catégorie Expert avec moteur Nelson

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Notre Dago rouge ayant remporté le championnat de France

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