Manu LEGROS Coach Cycliste
Plusieurs personnes m’ont posé la question, pourquoi mes sensations sont bizarres en ce moment ? Voici une explication des conséquences à rouler par temps froid
 
Tout d’abord, sachez que nous sommes moins performants lorsqu’il fait froid, et pas seulement à cause d’un manque d’entraînement. Voici pourquoi.
 
Cela s’explique car c’est le moment où nous reprenons le vélo.
Cependant, après la phase de reprise, nous pouvons toujours constater ce phénomène : les moyennes sont toujours moins élevées qu’en été, à quelques exceptions près.

Il reste une catégorie de pratiquants qui est toute l’année au même niveau, ou presque. Il s’agit souvent de cyclistes peu organisés ou mal entrainés. Soit ils ne peuvent exprimer leur meilleur potentiel en plein été par manque de temps, soit la manière dont ils roulent en hiver bloque toute progression par la suite. Nous pensons là particulièrement à ceux qui se tirent la bourre dans les sorties du dimanche au mois de décembre, sans véritable travail spécifique parallèle.

Pour les autres, la mise en route paraît souvent laborieuse, et pour cause : les conditions extérieures ne favorisent pas le meilleur rendement.

***Au niveau de la fréquence cardiaque***
Même en étant bien équipé sur le plan vestimentaire, rouler dans des conditions froides impose un énorme travail à l’organisme, ne serait-ce que pour préserver le cerveau et les extrémités. Rappelons d’ailleurs que l’équipement ne doit pas se choisir à la légère pour lutter contre le froid, certes, mais aussi pouvoir « respirer » pendant l’effort.
Avec ce surcroît de travail, les muscles sont naturellement moins irrigués, et pour tenter de compenser, l’organisme accélère sa fréquence cardiaque. Ainsi pour une intensité donnée, la FC est plus élevée qu’en été, et l’organisme consomme plus d’énergie.

***Au niveau musculaire***
Quelle que soit l’activité physique en hiver, le rendement musculaire est impacté par ce problème d’irrigation décrit plus haut. Les muscles se contractent moins bien, et sont donc moins efficaces.
Néanmoins, les moyennes moins élevées l’hiver s’expliquent aussi par le niveau d’entraînement, même pour une longue séance de train. En effet, en pleine saison, les efforts intenses déjà consentis débloquent les capacités maximales de l’organisme et des muscles en particulier. Lors des petites relances, des passages des petites buttes ou même pour passer des relais en groupe, quelques secondes à très haute intensité sont à peine sensibles pour un organisme affûté, et beaucoup plus difficiles à assimiler pour un cycliste encore diesel. On dit alors que nous manquons de « rythme ».

***Quelques conseils***
Lorsqu’il fait froid, tenez compte de sens et de la force du vent au moment de vous équiper. Si possible, partez vent de face, ou choisissant vallées ou forêt, et privilégiez un retour vent de dos sur des parties plus exposées.
Évitez les sorties trop longues seul par grand froid, et compensez plutôt par des sorties plus fréquentes.
Ne vous éloignez pas trop, et choisissez deux boucles, de manière à pouvoir rentrer plus vite en cas de défaillance.
Privilégiez un travail technique (vélocité, variations de braquets) plutôt qu’un travail intensif.
En dehors d’un manque de rendement, des efforts violents par temps froid peuvent aussi irriter les voies ORL et dégénérer en maladies qui, finalement, ne feraient que retarder votre préparation.
Pensez toujours à vous alimenter et à vous hydrater même par grand froid.
Pensez à bien vous couvrir le front, les oreilles après une sortie, un courant d’air est vite arrivé
La patience est aussi parfois source de progrès !