Le 26 mars 1962

Le 26 mars 1962

 

Le 19 mars 1962, à 12h00, c’est le cessez-le-feu … et le début des massacres !

Un tract de l’OAS : « Le cessez-le-feu de de Gaulle n’est pas celui de l’OAS. »

 

Le 23 mars 1962 à l'aube, les équipes OAS de Bab el-Oued, proclamée « zone insurrectionnelle », sous les ordres de Jacques Achard, 120 hommes environ, brassard tricolore frappé du sigle OAS, arme à la main, interdisent l'entrée du quartier à l'armée française …

 

Le 24 mars 1962, à 10h00, 2 camions d’appelés pénètrent dans Bab-el-Oued, dérapent sur l’huile de vidange répandue la veille et sont aussitôt encerclés : les soldats refusent de livrer leurs mitraillettes. Un appelé musulman arme son PM. Peut-être tire-t-il ? Un homme de l'OAS est tué. La riposte fait 7 morts et 11 blessés. 

 

Le 25 mars 1962, à Oran, les forces de l’ordre, renseignées par un sympathisant OAS « interrogé » à Paris, encerclent l’immeuble du Panoramic boulevard du Front-de-Mer : au 14ème étage, après une courte bataille, Jouhaud et ses 2 adjoints, le commandant Camelin et le lieutenant de vaisseau Guillaume (le « crabe-tambour »), sont arrêtés.

Le 25 mars 1962, allocution de Christian Fouchet : « Rien n’est perdu si vous avez les yeux ouverts. L’attachement émouvant que vous avez pour votre pays, comment ne pas le comprendre, comment ne pas le partager ? Ceux qui vous disent de vous abandonner aux tentations du désespoir, vous mentent et vous trahissent. Je vous le dis parce que je viens d’en faire l’expérience vécue : sachez que le monde entier - je dis bien le monde entier -, toutes les nations du monde, pratiquement sans exception, se ligueraient contre vous si vous vouliez revenir, tenter de revenir à ce qui a été décidé et conclu [...] Pour eux, qu’ils le sachent, il n’y a pas de salut. Mais vous au nom du ciel, ne vous solidarisez pas avec eux. Chassez-les, car rien n’est perdu. »


Le lundi 26 mars 1962, le colonel Vaudrey, qui a repris les rênes de l'OAS sur Alger, et Jean Sarradet, organisent une manifestation populaire afin de porter secours à la population de Bab el-Oued, encerclée.

Salan, de son PC au 5ème étage d’un immeuble de la rue Defontaine : « Non, les Algérois ne laisseront pas mourir de faim les enfants de Bab-el-Oued. Ils s’opposeront jusqu’au bout à l’oppression sanguinaire du pouvoir fasciste. »

Les manifestants « drapeaux en tête, sans armes » avait précisé l’OAS, envahit le plateau des Glières. Un premier barrage militaire, rue Charles-Péguy, est débordé.

Un second, rue d'Isly, est gardé par le 4ème RTA (chef de corps colonel Goubard). C'est la tuerie. Les tirailleurs musulmans ouvrent le feu sur la foule où personne n'est armé : 80 morts et plus de 200 blessés ! L’hypothèse de la provocation de l’OAS ne tient pas : si un tireur avait tiré au FM sur les carrés de CRS, il y aurait eu des morts et sûrement plus de 8 blessés. (la guerre d’Algérie de Pierre Montagnon)

 

Le 28 octobre 1969, Christian Fouchet : « J'en ai voulu au Général de m'avoir limogé au lendemain de mai 1968 ... C'était une faute politique. Il m'a reproché de ne pas avoir maintenu l'ordre : - "Vous n'avez pas osé faire tirer. - "J'aurais osé, s'il l'avait fallu, lui ai-je répondu. Souvenez-vous de l'Algérie, de la rue d'Isly. Là, j'ai osé, et je ne le regrette pas, parce qu'il fallait montrer que l'armée n'était pas complice de la population algéroise. »

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