"DETECTIVE"

 

de Gilles Langlois
Mise en scène de Thierry Der'Ven
Films de José Langlois
Musique de Tony Fuster

DETECTIVE

Un spectacle unique en son genre, mi théâtre, mi cinéma.
1h30 de plaisir sur scène et sur écran
Un seul en scène et 10 comédiens à l'image.
Un voyage dans le monde de Audiard, de Frédéric Dard, 
dans le politiquement incorrect. 
De l'humour des années 60/70 à la Lemmy Caution, à la San Antonio.
Une enquête policière, un détective privé qui se prend pour un héros de série noire, une énigme dans le monde des diamantaires, une verdeur de langage à la San Antonio et douze courts-métrages qui participent à la compréhension de l'histoire, voilà ce qui donne à "détective" son humour et son originalité. Un spectacle qui allie cinéma et théâtre dans la pure tradition des héros interprétés par Humphray Bogart, Robert Mitchum et Eddy Contantine.

HISTORIQUE

Durant mon enfance, je passais tous mes jeudis après midi dans mon cinéma de quartier. C’était beaucoup plus passionnant que de me farcir les devoirs imposés par un instituteur maniaque. La vie en cinémascope me paraissait nettement plus intéressante , que celle passée à résoudre des énigmes de robinets qui fuient, de trains qui arrivent à l’heure dans une classe de gamins déjà programmés pour devenir, notaires, employés de banque ou fonctionnaires à vie.

 

Mon paternel, employé SNCF, arrondissait ses fins de mois en étant pigiste pour le quotidien régional du Grand Ouest. Cet emploi précaire avait quelques avantages, dont celui de pouvoir, assister aux représentations cinématographiques du cinoche local. Mon père n’étant pas un grand cinéphile, c’est à moi qu’il refilait ses entrées gratuites avec mission de lui raconter le film pour ses critiques hebdomadaires. C’est donc à « l’Eden » cinéma que je m’embarquais pour les plus grandes aventures et que je fréquentais les vrais héros en noir et blanc,, Lemmy Caution, Nick Carter ou bien encore Philippe Marlowe.

 

L’adolescence me vit débarquer avec des allures de faux dur, toujours fringué en noir, sous la protection d’un trench-coat blanc. C’est à cet âge délicat que j’accédais enfin à la grande littérature.

Mes parents poussèrent un ouf de soulagement. Ils entrevoyaient une possibilité d’évolution dans mon incurie profonde. Me voir passer des heures, vautré dans un canapé et dévorant des mots qui se suivaient les uns derrière les autres , les ravissait. En réalité, je m’arrangeais pour qu’ils me voient lire, mais je leur cachais bien le contenu de mes lectures. En fait, je me perdais dans la série noire, dans le monde crépusculaire des détectives privés, des flics et des truands, des espions à la petite semaine. Que d’heures passées avec Coplan, que de bagarres avec OSS 117, que de courses avec Simon Templar, que de délires verbales avec San Antonio, et combien d’autres.

 

Devenu adulte, la vie me ramena à une certaine réalité. Il n’empêche que mes héros demeurent toujours présent au coin de ma mémoire. Je dois admettre que leur comportement n’a rien de politiquement correct et que aujourd’hui, on leur ferait tous les procès de la bien-pensance.

 

C’est normal que les choses évoluent. Seulement voilà, ces héros sont ma jeunesse, et même si le « politiquement correct » est devenu obligatoire, je considère que la liberté de parole et l’humour m’autorise à écrire ma propre aventure, dans le style des créateurs de l’époque, afin de raconter mes quinze ans avec un regard amusé et tendre à la fois.

 

En 2007, j’écrivais donc « Détective »

Il me fallait un héros digne de ses prédécesseurs. C’est ainsi que naquit Joseph Marlaud. Évidemment, ce héros porte tous les clichés nécessaires, costard cravate, trench-coat obligatoire et le feutre gris posé négligemment sur le haut de la tête.

Ce qui devint plus difficile, fût de trouver pour le personnage, une langue, un style, qui lui soit propre. Il devait manier à la fois l’humour, la mauvaise foi, la métaphore douteuse et avoir en même temps une force et un charisme indiscutable.

Je lui prêtais également tous les défauts indispensables, alcool, tabac et petites pépées. Bien sûr, il est solitaire et bien souvent fauché.

Une fois le personnage bien établi, il lui fallait une enquête. Une histoire de diamants servit la cause.

Au théâtre, plus il y a de personnages dans une pièce, plus le projet est difficile à réaliser. Dans ma pièce «  Détective », il y a une dizaine de personnages. Il fallait trouver une solution. C’est alors que naquit l’idée de raconter cette histoire en mêlant théâtre et cinéma. C’était une très bonne idée, elle reliait littérature et cinémascope. Toute ma jeunesse.

Néanmoins, douze courts-métrages étaient nécessaires. José Langlois se chargea de leur réalisation. Un sacré travail ! Six mois de tournage. Premier plan, en décembre avec un froid de canard. Des acteurs se réchauffant à la thermos pour ne pas geler sur place. Des ballades dans Paris, caméra au poing. Des recherches de décors, des déplacements à Anvers. Un travail de fou. Et enfin le dernier plan, sur les planches de Deauville.

 

Et pour le réalisateur, douze films à monter, un travail immense, ce n’était pas fini, il devait endosser son costume de monteur.

 

Le 12 Mai 2008, je présentais mon « seul en scène », mis en scène par Thierry Der’Ven, au théâtre de la Coupole. Seul en scène, mais avec douze films en arrière plan….Je suis sur scène, je suis sur écran, je joue avec des acteurs noir et blanc, je raconte mon histoire, en parlant comme mes héros, ce n’est pas « politiquement correct », mais je me marre, c’est de l’humour. Ce n’est pas de la perversité, c’est juste ma jeunesse qui se ballade dans le vingt et unième siècle avec ses habits d’enfance.

 

 

 

 


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