Roi, Fou et Cavalier contre Roi, facile ?

J'ai eu l'idée de traiter ce sujet après avoir vu récemment la fin de la partie Ivanchuk-Morozevich au tournoi de Reggio Emilia début janvier 2011. Au 50è coup, la finale Roi, Fou et Cavalier contre Roi est apparue sur l'échiquier. Est-ce que ces 2 grands champions allaient continuer ou les Noirs allaient-ils abandonner ? La question se pose car ne dit-on pas qu'il s'agit d'une finale purement technique ! Quand on emploie la formulation "finale technique", on veut dire que le gain est assuré, pourvu qu'on connaisse la méthode. Le problème justement, concernant cette finale, est que la façon de procéder n'est pas si évidente ! Si bien qu'en général les joueurs atteignant cette position continuent le combat et, en l'occurrence, Morozevich a fait de même. Bien entendu, le "grand' Ivanchuk n'a rencontré aucune difficulté pour exécuter la suite de coups victorieuse mais, dans la pratique, de nombreux joueurs (amateurs, MI et même GMI ) n'ont pas trouvé la manœuvre adéquate et ont dû se contenter de la nulle !

Les bases de la technique

Position après 12...Rh5
Le schéma montre comment il va falloir manœuvrer avec le Cavalier pour faire "glisser" le Roi noir vers h1.
Étudions d'un peu plus près cette finale pour que la tâche nous paraisse plus facile !
D'abord, enfonçons une porte ouverte, le gain ne souffre pas d'exceptions théoriques. Les cas concrets où la partie s'achève par la nulle découlent soit du pat soit du dépassement de la limite des 50 coups sans prise ou sans mouvement de pion. Ce dernier cas est le plus fréquent en pratique car cette finale peut demander jusqu'à une vingtaine ou une trentaine de coups, donc imaginez si vous laissez filer le Roi adverse à une ou plusieurs reprises ! Au delà de la connaissance technique, la difficulté est aussi due au manque d'habitude car il est très rare d'être confronté à cette situation. Et comme contrainte supplémentaire, il y a la pendule. Le zeitnot est fréquent quand on atteint le stade de la finale.

Côté méthode, il faut d'abord enfermer le Roi adverse progressivement puis le forcer à se rendre dans l'angle de la même couleur que le Fou pour mater. Ci-dessous, 2 exemples avec la marche à suivre, la fin de partie Ivanchuk-Morozevich susnommée et un dernier exemple contraire pour illustrer le fait qu'à tout moment on peut laisser s'échapper le Roi adverse et, du même coup, la victoire !
Position après 16.Fc4
Une autre position à connaître. Le Roi noir ne peut pas s'échapper.

Enfermer le Roi progressivement

Position après 12.Cd3
Le Roi noir est enfermé au-dessus de la diagonale a2-e8.

Facile pour Ivanchuk

Exemple contraire. La victoire s'envole !

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