Présentation et premières actions - mai 2012


 

Projet Complexe Culturel et Sportif de Goni :


Un projet réaliste

 

 



 

En 2010 et 2011, à la suite d’une concertation menée avec les associations sportives et culturelles, suivie d’une mission confiée à un programmiste, la Commune de St Martin de Seignanx décidait la transformation du stade de rugby Lucien Goni en un complexe culturel et sportif, avec au programme

  • la rénovation des installations des trois terrains de rugby déjà existants,

  • la création d’une salle (!) pluriactivités (ensemble couvert)

  • deux terrains de grands jeux (terrains de football), Un fronton de 60m

  • avec les nombreux locaux annexes nécessaires à ces activités.

  • La viabilisation des espaces pour accueillir sportifs et spectateurs


Ce qui nécessitait l’achat de 5.4 ha supplémentaires. Soit un site dédié au sport de 10 ha environ.


Deux délibérations municipales plus tard était donc décidé le programme de réalisation suivant, réparti en trois tranches :


  • Tranche S (3.3 M€ HT) construction d’une salle pluriactivités, environ 1930 m² avec fronton de 60 m attenant – accès et stationnements – 2012 à 2014 -

  • Tranche T (1.17 M€ HT) Déconstruction, reconstruction installations actuelles (rugby) – 2012 à 2014 –(*)

  • Tranche F (1.06 M€ HT) Deux terrains de football avec annexes - > 2014 –


(*) Dans les faits, décision fut prise de démarrer dès 2012 la rénovation des installations du terrain d’honneur de rugby (Tranche T)- en cours.




L’étude de programmation à maîtrise d’ouvrage en vue de l’aménagement sportif et associatif des sites de Goni et Barrère (24.06.11), la Délibération n° 2011/69 du 24.10.11, la Délibération 2012/09 du 23.01.12, généraient de telles inquiétudes aux yeux de l’Association des Riverains du Seignanx (octobre 2011) qu’elle décidait de prendre ce problème à bras le corps et d’interpeller les élus de la Mairie (Lettre avril 2012) et de la Communauté des Communes(Lettre mai 2012)




1 ) Intégration du projet Complexe Goni dans le SCOT Bayonne Sud des Landes


Rappel : En France, le schéma de cohérence territoriale ou SCoT est un document d'urbanisme qui détermine, à l’échelle de plusieurs communes ou groupements de communes , un projet de territoire visant à mettre en cohérence l'ensemble des politiques sectorielles notamment en matière d'urbanisme, d'habitat, de déplacements et d'équipements commerciaux, dans un environnement préservé et valorisé. Il a été instauré par la loi SRU  du 13 décembre 2000 [1] . Le code de l'urbanisme  fixe le régime des SCoT aux articles L.121-1 et suivants.


Le Seignanx est intégré dans le Schéma de Cohérence Territoriale de l’agglomération Bayonne Sud des Landes, 215000 habitants à ce jour.

L’évolution démographique locale prévoit 35000 habitants de plus à l’horizon 2025 dans l’agglomération Bayonne Sud des Landes, dont 16000 dans le sud des landes, dont 1800 environ à St Martin de Seignanx.

 


La logique de prévoir un complexe sportif pour répondre aux besoins futurs du Seignanx est tout à fait acceptable et nous ne l’avons jamais contestée.


Mais, par arrêté préfectoral du 09.10.2001 la compétence aménagement de l’espace a été transférée à la Communauté des Communes du Seignanx. Les projets actuels d’aménagements tels que Zacs de Northon, de Souspesse, Pôle commercial et de loisirs d’Ondres, Création de la RD85, Plans Locaux d’Urbanisme sont pris en charge par la Communauté des Communes du Seignanx, avec le Conseil Général lorsque le projet est trop lourd à supporter.


Alors pourquoi le projet Complexe Culturel et Sportif de Goni n’était-il pas intégré dans le Scot de Bayonne Sud des Landes, transféré à la Communauté des Communes du Seignanx ? L’attractivité de telles installations sportives auprès des jeunes du Seignanx ne pouvait que les attirer. Pour quelle raison St Martin devait-il supporter seul un projet aussi fédérateur ? Et surtout en avions-nous la capacité environnementale, technique et financière ?

 


2) - Communication, concertation  :


Tous les intervenants, élus compris, cités au paragraphe ci dessus, Zacs, PLU, RD85, CdC, CG etc jouent le jeu de la communication et de la concertation, exposent leurs visions, leurs divergences et leurs accords, proposent des solutions plus ou moins consensuelles.


Goni ? Rien de tout cela ! Pas de réunion, pas de concertation publique. La seule participation des associations à la définition de leurs besoins sportifs et/ou culturels et deux délibérations du Conseil Municipal, l’une corrigeant l’autre, suffisaient-elles à justifier ce projet ? Nous ne le pensions pas et nous demandions un débat public élargi, approfondi. Les problèmes présentés dans les paragraphes suivants étaient incontournables et engageaient, à notre avis, la justification et la faisabilité même de ce projet.



3 ) - Environnement, législation  :


Si la Tranche T (Tribunes et installations Terrain d’Honneur de rugby) ne justifiait pas, à priori de remarque particulière, il n’en était pas de même pour les tranches suivantes.


Tranche S, salle pluriactivités avec fronton de 60 m et installations annexes envisageable ? Encore fallait-il que la surface totale de cet ensemble soit compatible avec la surface utilisable du terrain proposé (distance de sécurité admise10 m minimum des lignes de ruptures de pente).


. Tranche F, Deux terrains de football, à la place, en travers, et débordant très largement du terrain rugby existant, plus un terrain de rugby, annexes sportives en plus. Là était le problème.


Sans entrer dans les détails, les difficultés étaient multiples et très importantes :

  • Les terrains à acheter tous classés en zone ND, zones humides, instables, gorgées d’eau, des talwegs de 15 à 20 m de creux aux pentes très raides, cours d’eau dans les fonds. Un ensemble topographique typiquement représentatif des sols dans le Seignanx, intégré dans la continuité des zones humides associées au Marais d’Orx. Une législation particulière et complexe (loi sur l’eau, Natura 2000, Grenelle, ZNIEFF, Code de l’Environnement etc) protège, avec raison, ces zones naturelles fragiles. Comme partout dans le Seignanx, les talwegs n’ont jamais été réellement défrichés par les agriculteurs, ceux-ci ayant compris depuis toujours leur fonction de drainage sur des terrains lourds. S’il paraît simple de nos jours de niveler un talweg à grands coups de bulldozers, il suffit de se souvenir des difficultés apparues lors de la construction de la RD 85 au fond de Northon pour ne pas sous estimer celles qui apparaîtraient à Goni. On peut se demander aussi la raison pour laquelle, lors de l’achat initial des terrains du stade actuel, les parcelles à la topographie tourmentée n’ont pas été achetées. Une simple promenade sur ces terrains suffit à l’expliquer.


  • Les temps changent. Le respect de la Nature, les Chartes Environnementales, et peut-être aussi le contre exemple d’Ambroise, les excès de pollution des sols, en surface comme en profondeur, par les uns et les autres, le laxisme largement toléré, St Martin n’y échappe pas, choquent de plus en plus les générations actuelles, jeunes et moins jeunes. Qu’en auraient-elles pensé si le projet actuel avec débat public  et, pourquoi pas, une votation, leur avait été présenté ?


  • Selon les conclusions du Cabinet Nouger, la première implantation envisagée (délibération 2011/69) ne préservait pas assez les espaces incriminés, d’où la deuxième délibération 2012.09, « une autre implantation avec l’écologue permettrait de limiter l’impact du projet sur l’environnement ». Pourquoi le Centre Permanent d’Initiative pour l’Environnement (CPIE) installé à Arremont dont les études environnementales ont servi de base à tous les grands projets d’aménagement actuels du Seignanx et particulièrement sur St Martin (ZACs) n’a-t-il pas été consulté pour établir une Etude d’Impact, craignait-on son verdict? Par ailleurs, nous n’étions pas convaincus par cette nouvelle proposition qui ne changeait pas grand chose aux ravages sur les parcelles B624 et B740 (un terrain) et détruisait le terrain de rugby existant sur B618 pour le remplacer par deux terrains en travers qui venaient impacter les parcelles B 632, B618, B619, B620, B621. Lors de la première délibération deux terrains à construire, dans la deuxième trois terrains !


  • On devait se poser la question du risque pris à construire de telles installations, même légères, sur des terrains extrêmement remués, rapportés, à cheval entre deux talwegs (B624), ou franchissant carrément une rupture de pente (B618). Comment se comportent des terrains ainsi bouleversés et quel peut être leur tassement au cours des 15 à 20 années suivantes ?Seul le temps peut le dire, aucune simulation ne peut le prédire à si court terme.

 

4) - Unité de lieux :


- Le regroupement en un même lieu de ces activité sportives de plein air sur un même site était, à première vue, une bonne idée. En y regardant de plus près il nous semblait important de mesurer l’impact réel d’une telle synergie. En un même lieu ou séparées, il faut toujours des installations distinctes de football, de rugby et en surface couverte. Par contre il faut agrandir les parkings, les cheminements, les espaces ouverts au public pour des évènements simultanés. On en revenait aux espaces disponibles à Goni. Parking de 300 places plus deux ou trois bus maximum, voir topographie des lieux une fois de plus. Les autres voitures à parquer le long de la route !

Ce problème d’espace n’est pas unique à St Martin de Seignanx et concerne la plupart des grands clubs, bien plus prestigieux et anciens que le Stade Goni. Jean Dauger à Bayonne, Aguilera à Biarritz, Parc des Princes à Paris etc tous ces stades ont obligé les municipalités soit à diversifier leurs emplacements, foot d’un coté, rugby de l’autre, soit à quitter le cœur des villes pour aller s’expatrier à l’extérieur de celles-ci. Et alors ? Si ce n’est pas possible on délocalise et on va ailleurs, ce n’est pas la place qui manque à St Martin de Seignanx et ça coûte moins cher. Et il n’est pas certain, aux yeux de la population et pour la sauvegarde de l’Environnement local, qu’il soit plus important de conserver un champ de maïs qu’une superbe zone comme les talwegs de Goni.

 

 

5) - Financement  :


5.6 M€ HT première délibération

4.8 M€HT deuxième délibération, différence 0.8 M€ HT 14% de moins

Mais avec les vestiaires rugby à rajouter.

 

Pourquoi ne pas se poser les questions suivantes ?:

 

. Comment peut-on payer moins cher la deuxième délibération en ayant un terrain de plus à faire ? (lire trois au lieu de deux, délibération 2012/10)

 

. Terrassements : Calcul du volume de terre à déplacer, à apporter, à renforcer. Estimation du coût d’un tel travail en y incluant tous les innombrables trajets, donc dégradation, avec des routes sur lesquelles vont défiler une multitude de camions (combien ?) Pourquoi ce chiffrage n’apparaît-il pas dans la délibération ?

 

. Calcul du différentiel de coût entre un Goni scindé en deux, avec le rugby d’un côté de la D26 et le football de l’autre côté, et le projet actuel ?

 

. Coût de fonctionnement du complexe : avec quel budget ? Quelle participation ?

2012 : Budget de fonctionnement SMS 5 M€ (Ref Budget primitif 2012)

Budget d’investissement SMS 2.1 M€ « 

 

. Compte tenu des autres grands projets actuels et nécessaires (Station d’épuration, aménagement pistes cyclables (RD74, RD 26), rénovation Camiade, viabilisation assainissement D26 (Souspesse) vers Ondres, etc..., et du contexte économique actuel de la France il nous paraissait évident que St Martin de Seignanx, comme partout ailleurs, aurait des difficultés de financement pour développer son évolution, et devait en tenir compte dès à présent. Dans ce contexte très difficile, n’était-il pas raisonnable de rechercher un consensus par un débat public et citoyen ?




Pour conclure, l’Association des Riverains du Seignanx pensait que le projet Goni, très « complexe » et important, avait lui aussi toute sa place dans le débat public de Saint Martin de Seignanx, au même titre que les autres projets déjà débattus. L’Association demandait à avoir accès aux études de faisabilité déjà entreprises (techniques, environnementales, légales, financières), afin d’organiser des présentations publiques pour débattre avec les élus, le cabinet Nouger, les administrations concernées.



Dernière information : 05 octobre 2012


Au cours d’une entrevue (04.10.12) avec Monsieur Pierre Lujan, Vice président de la commission vie associative activités culturelles et sportives, assisté de Monsieur Henri Hontabat, membre de la commission administration et Finances et de la commission appel d’offres,  nous avons appris que la Tranche F -  Deux terrains de football, à la place, en travers, et débordant très largement du terrain rugby existant, plus un terrain de rugby, annexes sportives en plus – objet de notre principale inquiétude, était annulée à cet endroit là.

Madame le Maire nous demandait (05.10) d’aller consulter le Plan Local d’Urbanisme de Saint Martin de Seignanx, Révision n°1 (Révision du POS valant PLU), Délibération du Conseil Communautaire en date du 29 juillet 2012.


L’ensemble des nouveaux terrains soumis à Déclaration d’Utilité Publique (expropriation) pour la construction des nouveaux terrains de foot reste classé NP (Zone Naturelle à Protéger), aucune construction possible, les talwegs sont protégés.

Seule une partie de ces parcelles (B 737, B 738, B 739, B 624) est classée Usép (Zone Urbaine à vocation de services et/ou d’équipements publics) , l’espace nécessaire pour construire le bâtiment pluriactivités sur un espace déjà aplani .

 

La Mairie de St Martin de Seignanx, respectueuse de la politique environnementale du Seignanx se donne le temps de rechercher une autre solution pour aménager les équipements de football, la probabilité de moderniser le stade de Barrère n’étant pas la moindre.

 


L’Association des Riverains du Seignanx approuve cette sage décision, reste attentive aux aspects financier et technique du projet restant (tranche S : Construction d’un bâtiment de 1930 m² + fronton de 60m) sur un espace très limité en bordure de ravins très raides.

Elle souhaite poursuivre avec l’ensemble des élus du Seignanx la recherche permanente du dialogue et de la concertation citoyenne.

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