Les enjeux des jeux dangereux

Comment avons nous commencé a flirter avec le danger?

Les tournois au Moyen Age, un jeu dangereux?

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, la pratique des jeux dangereux n'est pas d'aujourd'hui, elle a commencé déjà à partir du Moyen Age, avec par exemple le tournoi. Le tournoi au Moyen Âge, était un ensemble d'épreuves et d'exercices de combat pratiqués entre deux chevaliers ou plusieurs troupes de combattants, généralement à cheval. Les tournois avaient lieu devant un public, et notamment sous le regard des dames. Ils constituaient de véritables fêtes du Moyen Âge. D'exercice militaire, le tournoi devient peu à peu un spectacle dont l'organisation doit être fixée avant son déroulement, on aménage ensuite des tribunes afin de permette au public d'y prendre place. Les chevaliers prennent plaisir à être vu :on admire autant les armures et les armes que la force et la puissance.Les armes employées sont des armes de guerre. Les armures de fer rigides ne font leurs apparitions que dans la deuxième moitié du 14e siècle. Progressivement le tournoi devient spectacle.
Comment se passe les tournois ? C'est une imitation des batailles, une troupe s'avance vers l'autre, le jeu consiste à se lancer sur l'adversaire pour provoquer sa «débandade». Tous les coups sont permis, la seule différence avec la guerre: c'est un combat sans haine.
 

Les joutes: une façon d'affirmer sa force?

Viennent ensuite les joutes, semblables à des duels. Comment s’est faite l’évolution chronologique des tournois aux joutes? La volonté des chevaliers de se faire reconnaître pour leurs exploits, les progrès de l’armement ou encore le goût du public sont des facteurs qui vont permettre la naissance des joutes.La joute est un type d’affrontement à un contre un avec une toile séparent les combattants, obligeant les chevaux à respecter un couloir de course. Le but est de rompre un certain nombre de lancessur l’armure de son adversaire, la victoire revient à celui qui a brisé le plus de lances. Lors de certaines rencontres, chuter au sol est synonyme de défaite immédiate. Il existe des coups qui sont particulièrement admirés par la foule, comme par exemple déhaumer son adversaire, c’est-à-dire faire sauter le casque de son adversaire avec sa lance, il s’agit là d’une des manières d’affirmer sa supériorité.
Les combats équestres continuent d’être un élément déterminent dans l’éducation des jeunes nobles, mais ils s’en servent aussi pour mettre en scène la magnificence d’une culture de cour qui se développe dans différents royaumes en concurrence les uns contre les autres. Les joutes existent sous des formes différentes, à pied à l’épée, à la dague, à la hache ou au bourdon. Mais l’idée des joutes change peu à peu, le but n’étant plus de blesser son adversaire, mais seulement de gagner une partie. Il n’est plus question de détruire son adversaire, mais de l’humilier. Il s’agit à présent plus d’un spectacle que d’un duel. Les joutes ont duré pendant 200 ans et se poursuivent à l’époque de la Renaissance. Elles se transforment en 1559 suite à une prise de conscience de toute la noblesse française suite à un évènement qui s'est déroulé le 10 juillet 1559 à Paris dans la rue Saint Antoine devant l’hôtel des Tournelles. Le roi Henri II fils et successeur de François Ier organise un tournoi pour célébrer deux mariages, celui de sa sœur et de sa fille. Il combat contre Gabriel de Lorgue, conte de Montgomerie. La première passe ne donne rien, ils se replacent, Montgomerie se lève sur sa selle et cabre son corps, tandis qu’Henri, déséquilibré n’arrive pas à bien tenir sa lance. La reine Catherine de Médicis, superstitieuse avait demandée au roi de ne pas jouter mais ce dernier balaya le conseil de sa femme car il voulait impressionner sa maîtresse Diane de Poitier. Les jouteurs se rapprochent rapidement et Henri II reçoit la lance de Montgomerie sur le heaume ce qui le désarçonne. La foule a toutefois entendu un craquement et bien vite on s’aperçoit que la lance brisée restée figée dans le casque est allée se loger dans la visière du roi et perfora l’œil voire plus encore. 
On se lance au secours du roi mais même malgré les efforts de grands médecins, il meurt après 10 jours d'atroces souffrances. Cette mort atroce laisse un arrière-goût à toute la noblesse française. L’effacement progressif des forces frontales entraîne de profondes modifications dans la structure des pratiques ludiques et de la référence corporelle.Après la mort d’Henri II, on continu de jouter malgré tout un peu partout en Europe mais le cœur y est moins. Il s’agit de plus en plus d’un divertissement des temps ancien quand Henri IV en 1605 interdit les joutes suite à un autre accident, celui de François Basson Pierre. Il s’agit d’une décision qui traduit un lent mouvement de désincarnation de la joute et des tournois pour la noblesse française.