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LA ROCHE AUX ABEILLES
Escalade et Montagne dans la Vallée de la Vésubie
 
 
 
 
 
 
L'idée d'une traversée de notre massif à ski germait dans nos têtes depuis un petit moment. Pour tout dire, c'est plutôt l'ambition d'une traversée des Alpes qui nous démangeait ! Mais devant l'impossibilité de pouvoir se libérer pendant 10 à 12 semaines consécutives, nous nous sommes résignés à étaler notre projet sur quelques années... En commençant par notre Mercantour et en partant de la partie skiable la plus Méridionale des Alpes (à notre sens): Camp d'Argent, le domaine skiable du col de Turini.

Participants : Christophe Franco, Nicolas Mignone, Roch Sassi, Jean-Louis Mignone et Michel Ambrassi.

Etape 1:   Camp d'Argent – Refuge de Nice (Deniv 1900 m).    Dimanche 1er Avril

Sur le papier, la crête de l'Ortiguier qui permet de relier le Fort de la Redoute à la cime du Diable était alléchante. Elle s'est révélée délicieuse! Météo excellente, pas de vent (C'est mieux étant donné la largeur de la crête par endroits) et une vue à couper le souffle. Bref, une très belle ambiance pour lancer cette traversée. Il ne faut pas négliger cette crête et il est préférable d'avoir le pied alpin pour profiter du moment ... ne pas se fier uniquement au dénivelé, mais plutôt à la distance. Il faut reconnaitre que nous nous sommes fait surprendre par l'horaire pour rejoindre le pas du Diable du coup, pas de Grand Capelet initialement prévu au programme. Descente en guise de rafraichissement sur le refuge déserté des Merveilles puis longue remontée sur la baisse de Valmasque sans un souffle d'air. Juste le temps de laisser de bien belles traces en basculant sur le lac du Basto que le soleil commençait à tourner pour l'ascension de la baisse du Basto et c'est tant mieux car nous étions cuits à point... Plus qu'à se laisser glisser (ou presque) jusqu'à l'igloo du refuge de Nice où Christophe hibernait sous 3 mètres de neige! C'est toujours un plaisir de retrouver notre voisin-gardien préféré. Christophe: le gardien de refuge dans toute sa splendeur!
Etape 2: Refuge de Nice – Le Boréon (Deniv 1300 m).   Lundi 2 Avril

un mini kilomètre vertical pour attaquer cette étape “maison”. Classique, mais toujours aussi beau: lac long – terrasse du Gélas – balcon du Gélas. Grand beau, rien à redire à part la descente sur le Gias Cabret cartonnée. Au passage, la seule descente décevante de notre mini périple. Nous avons laissé le couloir sud du Gélas au loin, pas très engageant par cette chaleur... chaleur qui nous a vite rattrappé pour la montée sur le pas des Ladres puis ascension de la cime Ouest de Fenestre sous un ciel légèrement voilé (ouf) avant de se gaver dans la descente sur le lac de Trécolpas qui ne nous a pas fait regretter d'effectuer la traversée dans ce sens! 14H30, 1 (?) bière bien méritée chez Delphine, à l'Alpage, puis direction le Boréon où Nicolas nous attendait au gîte. Michel nous quitte et monte à bord de la navette qui le ramène à Saint-Martin. Petite soirée avec nos compagnes et enfants venus en “voisins”. Superbe accueil de Nicolas...

Etape 3: Le Boréon – Isola 2000 (Deniv 1600 m).    Mardi 3 Avril

La perturbation annoncée était au rendez-vous et c'est sous la menace d'averses régulières que nous avons pris la direction du col de Salèse. Au passage, un grand merci à Nicolas qui nous a économisé 30 minutes de marche goudronnée sous la pluie! Les averses et la brume nous accompagnent jusqu'au lac Nègre puis le plafond remonte pour attaquer, crampons au pieds, la brèche Margiole. La fraîche nous carresse les fesses pour la calade sur le refuge Questa, puis c'est l'ascension de la baisse de Druos pour basculer du côté obscure...accueillis à Isola 2000 par les giboulets de grésil et les plaques de neige humide et sableuse. On va pas se mentir, nous avons bien goûté le comfort de notre petit studio bon marché et surtout de la super table du resto “L' Avalanche”. Jean-Louis nous quittera le lendemain matin par le bus de 8h.
Etape 4: Isola 2000 – San Bernolfo (Deniv 1100 m).     Mercredi 4 Avril

Cette fois-ci, les prévisions météo ne laissaient pas de place au doute: nous savions à quoi nous attendre. Mais une fois le col de la Lombarde franchi, il était tentant de se laisser glisser dans le long vallon d'Orgials pour se rapprocher du sanctuaire de Santa – Anna di Vinadio que la Nébia (spécialité piémontaise dont on se passe volontiers) léchait déjà. Puis, sur la route du sanctuaire, il semblait que le brouillard montait avec nous. Quelques éclaircies étaient même visibles dans la plaine. C'est donc chargés d'espoir que nous primes la direction du Passo Tesina en ayant envisagé de shunter le passo della Sommetta initialement prévu afin de rejoindre le refuge du Dahu, si la Nebia nous reprenait. Je ne sais pas si Santa – Anna nous a puni pour notre impolitesse (nous ne nous sommes pas trop attardé chez elle...), mais toujours est-il que à hauteur du Passo Tesina quelqu'un a éteint la lumière, jour blanc! Monte, descend, gauche, droite...pas de passo malgré les indications de l'alti. Quelques longues minutes d'attentes pour bien constater que la Nébia s'épaississait de plus en plus puis sauve qui peut avant que nos traces de montée soient effacées par le vent qui se levait. Descente peu glorieuse en chasse-neige afin de suivre les traces avec environ 1m50 de visibilité avant de taper dans Santa – Anna qui nous a gracieusement ouvert son refuge d'hiver. Le temps de digérer notre inévitable retraite (pas au sanctuaire!) avant une remontée express du looooong vallon d'Orgials et de se faire cueillir au col de la Lombarde par le vent, la neige puis le grésil puis la grêle.
Retour à Isola 2000, retour au studio, retour au resto puis...retour en bus le lendemain matin.

La suite bientôt...