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LA LIGNE VERTE
La Ligne Verte "Du chemin de Fer au Chemin vert "
 
A vélo, à pied ou à cheval, les randonneurs disposent d'une quarantaine de kilomètres de piste verte aménagée pour une balade inédite sur l'ancienne voie ferrée Châtellerault-Loudun.Cette Voie verte commence à Châtellerault sur la rive gauche (ouest) de la Vienne. Le revêtement est très inégal suivant les sections : en enduit gravillonné, ou calcaire concassé ou sable compacté.
C’est une promenade culturelle avec de nombreux panneaux sur le patrimoine, l’histoire de la voie ferrée et l’histoire locale, la flore, … Il est possible de continuer jusqu’à Loudun sur de petites routes balisées (+12km).
 
Ouverte le 20 septembre 1886, la ligne dont le rôle social et économique était essentiel au village au début du siècle dernier, est aujourd'hui un prétexte pour découvrir un patrimoine varié autant que méconnu dans le pays du Loudunais, du Lencloîtrais et du Châtelleraudais
HISTOIRE ET PATRIMOINE
Le train
Mise en service le 20 septembre 1886, la ligne à voie unique desservait 3 fois par jour les gares de Châtellerault, Châteauneuf, Scorbé-clairvaux, St Genest d’Ambière, Lencloître, Cernay-Doussay, Savigny-sous-Faye, Berthegon, Monts sur Guesnes, Le Bouchet, La Bourdigalière et Loudun ce qui représente une distance d’une cinquantaine de kilomètres.

La ligne a nécessité la construction de 55 ouvrages d’art dont de nombreux ponts et ponceaux enjambant ruisseaux, fossés et chemins sur la commune de Savigny.

La gare de Savigny était une gare de 5ème classe (3 fenêtres en façade). Elle était dotée d’un hangar à marchandises, d’un quai, d’une rampe d'accès, de toilettes extérieures ainsi que d’une citerne alimentée par une éolienne contenant de l’eau pour les locomotives à vapeur.

Le trajet complet durait entre 1h30 et 3h.
Le train était composé d’une locomotive à vapeur avec un tender contenant le charbon et la réserve d’eau, puis de trois wagons de première, deuxième et troisième classe. A ceux-ci s’ajoutaient un ou deux wagons de marchandises et un wagon de messagerie et de courrier postal.

Le train permettait le transport rapide des productions locales : le vin de Berthegon, le bois produit par la forêt de Scévolles et les légumes de la vallée de l’Envigne.

En 1929 8058 voyageurs transitaient ainsi que 1500 tonnes de marchandises.
Le trafic marchandises s’est arrêté en 1985.
La ligne a été officiellement déclassée le 26 septembre 1992.

Depuis 2001, la Ligne Verte, accessible aux cyclistes et marcheurs, suit sur 37 kilomètres le tracé de la ligne chemin de fer. C’est un endroit privilégié pour la faune et la flore et à la bonne saison vous y verrez certainement plusieurs espèces d’orchidées.

Nouvelle brève :
Le journal du Loiret dit que ces jours derniers le train spécial C, remorqué par la machine 3569, mécanicien Allély, est resté en détresse entre Loudun et Châtellerault par suite d’une énorme nuée de sauterelles qui s’est abattue sur la voie.
Les insectes écrasés par les roues de la locomotive ont formé sur les rails une couche tellement gluante que celle-ci s’est mise à patiner. Le train a dû s’arrêter en pleine voie jusqu'à complet déblaiement.
La croix n°3452 du 6 août 1894
DANS LA BARRE D'ACCUEIL CHAQUE VILLAGE TRAVERSE PAR LA LIGNE VERTE , VOUS GUIDE POUR UNE VISITE SANS FAILLE
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Historique de la ligne

Historique de la ligne
 
En 1879, Charles de Freycinet, Ministre des Travaux Publics, fait adopter un projet qui prévoit la construction de 150 lignes de chemins de fer ayant pour but de desservir toutes les sous-préfectures.
 
La ligne n° 90 reliant Châtellerault (sur l'artère Paris-Bordeaux) à Loudun (sur l'ancienne ligne de Tours aux Sables d'Olonnes) sur laquelle est située la gare de Châtellerault-Châteauneuf est issue de ce plan.
 
La ligne est déclarée d'utilité publique par la loi du 21 Février 1880. Après quelques inévitables querelles de clocher, le tracé définitif est enfin décidé et les travaux débutent en Septembre 1881. Les entrepreneurs recrutent de la main d'oeuvre locale et régionale mais également des ouvriers italiens. Après quelques accidents du travail, faits divers et autres incidents climatiques, la construction de la plateforme est terminée en 1885, mais les travaux annexes (terrassements, ouvrages d'art, bâtiments...) continuent.
 
La gare de Châteauneuf au début du XXéme siècle
 
C'est une entreprise poitevine,Caillaud-Degenne, qui décroche le contrat pour la construction des 8 gares intermédiaires et de la cinquantaine de maisons de garde-barrière qui jalonnent la ligne. Monts s/Guesnes, Lencloitre et Châteauneuf auront une gare de 4ème classe (4 fenêtres en façade et halle à marchandises de 10x21.5m), les autres seront de 5ème classe (3 fenêtres en façade). Elles auront toutes en commun trottoir avec lampisterie, cabinets et abri de quai, halle à marchandises avec quai haut et rampe d'accès, bascule à bagages, gabarit de chargement... Châteauneuf et Loudun disposeront d'une librairie Hachette. La gare de Savigny, se trouvant à égale distance de Châtellerault et de Loudun, se voit dotée d' un château d'eau et de grues hydrauliques. Leurs constructions s'échelonnent de 1884 à 1887.
 
Les maisonnettes de garde-barrière sont toutes bâties sur le même plan rectangulaire de 5m45x8m; un rez de chaussée comportant un pièce principale avec une cheminée, une chambre et l'escalier qui permet d'accéder à l'étage, qui est divisé en un grenier et une petite mansarde. Un magasin/cellier est adossé à la maisonnette. Certaines ont une cave accessible par l'extérieur. Chaque PN est doté d'un puits.
 
On dénombre 55 ouvrages d'art disséminés le long du tracé: le pont en treillis métallique sur la Vienne, les 2 ponts sur l'Envigne ainsi quelques pont-rail et pont-route mais surtout de nombreux ponceaux pour enjamber autant de ruisseaux ou fossés.
 
La ligne sera inaugurée le Dimanche 19 Septembre 1886, par le secrétaire d'Etat à la Marine et les édiles locales. Tout ce beau monde empruntera le train inaugural au départ de Tours, et rencontrera une foule en liesse tout au long du trajet qui le mènera à Loudun puis Châtellerault. Elle est ouverte à l'exploitation dès le lendemain par la Compagnie de l'Etat qui met en service 2 trains de voyageurs et 1 mixte dans chaque sens ainsi que deux trains de marchandises. Les temps de parcours vont de 1h30 à 3h pour les voyageurs et de 3h26 à 4h05 pour les marchandises suivant le régime.
 
Les entrepôts face au BV de la gare de Châteauneuf
 
Les machines engagées sur la ligne sont issues de type 120, 121, 030 et 130 titulaires du dépôt de Loudun.
 
Le train permet d'écouler rapidement les produits du terroir. A Berthegon, le vin est expédié en wagon foudre de 4m3; à Monts, c'est le bois de chêne et de noyer issu de la forêt de Scévolles voisine; à Lencloitre, c'est le maraîchage: melons, asperges, échalotes... A l'occasion des foires de Monts et Lencloitre, des trains supplémentaires sont mis en marche. La population demande l'ouverture de nouveaux arrêts: des trottoirs sont construits à des passages à niveau comme à Cernay-Doussay et à La Bourdigalière.
 
La ligne eu son moment de gloire éphémère en Septembre 1912. Cette année là, l'Armée Française organise pendant 10 jours des manoeuvres engageant plusieurs milliers d'hommes, sous le commandement du futur Maréchal Joffre, sur une zone allant de Saumur à Châtellerault. Plusieurs délégations étrangères furent invitées dont la Russie qui fut représentée par l'oncle du Tsar, le grand duc Nicolas. Son train spécial stationnait en gare de Berthegon sur une voie spécialement établie à cette occasion.
 
Dans l'entre deux guerre, les progrès de l'agriculture ont pour conséquence la construction des silos à céréales dans les cours de débord des gares marchandises et la naissance de nouveaux trafics: engrais, céréales, machines agricoles...
 
La SNCF naît le 1er Janvier 1938, suite à la nationalisation des anciennes compagnies qui détenaient jusqu'alors le droit d'exploiter les lignes de chemin de fer. La ligne est alors rattachée à la région Sud-Ouest.
 
Les lois de "coordination" seront fatales à la ligne: le service voyageurs est supprimé le 15 Mai 1939. Il reprendra pendant la Seconde Guerre à partir du 22 Mai 1944 avec un autorail à gazogène SCF-Verney et ce jusqu'à la destruction, par l'armée allemande, du pont franchissant la Vienne, en Août 1944. Jusqu'au rétablissement du pont en 1955, la gare de Châteauneuf, terminus provisoire, est équipée, en guise de château d'eau, d'une caisse de tender posé sur une pile de traverses afin de ravitailler les machines 230F, 030A et B du dépôt de Tours assurant la desserte.
 
La gare de Châteauneuf en 2000
 
A partir des années 60, des BB67300 et A1A-A1A68000 de St Pierre des Corps assurent la traction des trains de céréales et de carburants tandis qu'une BB71000 se charge de la desserte quotidienne.
 
La section Lencloitre-Châteauneuf sera la première à être fermée aux marchandises le 26 Septembre 1980. C'est alors le locotracteur 020C113 de la Régie Ferroviaire de Richelieu qui assure la desserte régulière. La section du Bouchet à Lencloitre sera fermée le 1er Juin 1987.
 
Le Journal Officiel du 26 Septembre 1992 rend compte de l'arrêté de déclassement de la ligne. La voie est déposée dans les mois qui suivent.
 
Plan de la gare de Châtellerault-Châteauneuf (1931)
 
En 2014, le PN 63, le BV et la halle de Châteauneuf tombent sous les coups des pelleteuses. Coté Loudun, les passages à niveau voient leur barrières démontées et leurs rails enlevés. La végétation envahit la voie...
 
Tracé de la ligne
 
De Loudun à Savigny s/s Faye, le tracé suit la ligne de partage des eaux et ondule sur la crète avec des déclivités maximales de 10mm/m. Elle descend le cours d'un affluent de l'Envigne jusqu'à Lencloitre, remonte jusqu'à scorbé-Clairvaux pour éviter le cours sinueux de l'Envigne puis descend le cours d'un de ses affluents et enfin cette rivière elle-même. Aprés la traversée de la Vienne,la voie entre en gare de Châtellerault.
 
La ligne construite à voie unique est longue de 51 km et dessert 12 gares: Châtellerault (correspondance pour Le Blanc (PO) et Chauvigny (VFEP) ; Châtellerault-Châteauneuf ; Scorbé-Clairvaux ; St Genest d'Ambière ; Lencloître (correspondance pour Neuville par la voie métrique des Voies Ferrées Economiques du Poitou ; Cernay-Doussay(A); Savigny s/s Faye; Berthegon; Monts s/ Guesnes; Le Bouchet; La Bourdigalière(A) et Loudun.