une art martial philippin ancestral

Origines de l'Arnis Kali Eskrima

Il existe de nombreuses raisons pour expliquer l'efficacité des arts du combat philippins: Historiques et culturelles. Situées au beau milieu d'une zone très active de commerce (Chine, Vietnam, Malaisie, Indonésie et Japon) les différentes sociétés des Philippines ont intégré au fil des siècles certains aspects des arts guerriers de leurs voisins. Des guerres tribales très fréquentes ont permis de conserver cet art de la survie à un niveau très haut.
Les philippins ont de tout temps eu besoin de se défendre contre la fréquence des attaques provenant à la fois de leurs voisins mais aussi des différentes puissances coloniales, que ce soit les Portugais, les Hollandais, les Espagnols, les Japonais ou les Américains.
Marins intrépides, les Philippins (notamment les Luzones) ont de tout temps cherché fortune de part le monde et nombreux sont les équipages philippins qui prirent part à des batailles maritimes pour le compte de Sultans Malais ou le roi de Siam. De plus, l'archipel possède une longue tradition de piraterie, notamment dans les îles du sud. 

Avec plus de 7000 îles, des influences historiques très diverses et différentes selon les régions, de nombreux dialectes et des cultures parfois très éloignées, on peut néanmoins vérifier de nombreux points communs en ce qui concerne l'art du combat.
Histoire de l'Arnis Kali Eskrima
Jusqu'au premier millénaire, les techniques de combat sont un art tribal ouvert à tous, proche des arts du combat polynésien. Le début du second millénaire voit le développement de sociétés plus hiérarchisées, un renforcement des échanges commerciaux avec les voisins asiatiques.
La naissance d'une caste de guerriers entraîne la sophistication des techniques de combat. La plupart des groupes ethniques partagent une culture de la guerre très forte avec ses pratiques de chasseurs de tête et des guerres tribales de conquête ou de prestige. L’épisode de la bataille de Mactan ; les Européens font le constat amer de l’efficacité des guerriers des Philippines. L’armée de Ferdinand Magelan est détruite dans sa presque totalité, et Magelan lui-même est décapité par le chef de guerre Lapu-Lapu. 

Avec le début de la période hispanique (1493), la caste des guerriers disparaît et l'Arnis de Mano est enseigné secrètement non plus comme un art de la guerre mais comme un art du combat individuel. A partir de ce moment, c'est à l'intérieur des clans et des familles que l'art du combat va se propager. Il devient un art que l'on ne partage pas et que l'on enseigne à petite gouttes.
La colonisation américaine, les guerres d’indépendance, les révoltes paysannes, l'occupation japonaise mais aussi 30 ans d’une dictature féroce jusqu’en 1986, continuent à forger cet art du combat. La tradition des clans se propage dans la forme moderne des gangs urbains, aussi bien aux USA qu’à Manila. Les gangs ne sont pas associés à la mafia mais à la protection du quartier dans une société ou la police ne peut garantir la sécurité par elle-seule. Jusqu'à une période récente, la pratique de chasseur de tête reste très vivante dans les montagnes et les jungles des Philippines et les guerres tribales restent d'actualité dans certaines provinces reculées.
C’est dans les communautés immigrées aux USA que l’Arnis va prendre son développement, notamment grâce à des américains d’origine philippine tel que Dan Innosanto. Jusqu’aux années 70, l’Arnis est considéré comme un « Arte bandido » réservé soit aux combattants d’arène, soit à la police, soit aux bandits. Avec le développement des sports de combat, une nouvelle ère voit le jour, sans pourtant faire disparaître les formes anciennes dans une culture où le combat reste une valeur sociale et l'art martial un enjeu d'identité sociale mais aussi un symbole de rassemblement national.
Caractéristiques :
Les arts martiaux philippins connus sous les termes Kali, Arnis ou Eskrima sont vieux de plus d’une centaine d’années mais toujours d’actualité. Ils sont des systèmes de combat complets, à toutes distances.
Appréciés plus spécialement pour leurs techniques très sophistiquées d'armes tels que le bâton ou le couteau, ils sont aussi de redoutables systèmes de combat à mains nues et de défense contre les armes blanches.
Une des spécificités de ces disciplines est de débuter l’apprentissage par les armes contrairement à la plupart des arts martiaux. Les techniques et les principes doivent pouvoir être appliqués au combat à mains nues en gardant les mêmes formes de corps.
Hormis leur efficacité, l’autre particularité des Arts Martiaux Philippins est la recherche de la fluidité, de la sensation et de la précision par des mouvements coulés , rythmés et en flots ce qui développe l’adaptabilité au combat, la rapidité d’exécution, le coup d’œil et la coordination motrice
Il existe des formes sportives mais c’est le côté martial qui prime.

Le Doce Pares a été fondé le 11 janvier 1932 par un petit groupe de maîtres d’eskrima emmené par Eulogio Canete, lorenzo Saavadra et Teodoro Saavedra. 12 d’entre eux l’ont conceptualisé mais très rapidement après son inauguration le 21 janvier de la même année, le nombre des membres passa à 24. Eulogio Canete et Teodoro Saavedra furent élus respectivement président et vice-président.
Le nom de Doce Pares fut adopté en référence aux fameux 12 gardes du corps de l’empereur Charlemagne de France (768-814 après Jésus Christ). Ces 12 personnes, toutes experts à l’épée, furent connus pour avoir combattu et tué des centaines d’ennemis lors de batailles. Doce Pares, qui signifie 12 paires en espagnol, fut aussi donné en l’honneur des 12 personnes qui ont originellement contribué à l’organisation de ce système. Et lorsque le nombre des membres passa à 24, le nom prit toute sa signification.
C'est un assemblage de différents styles qui furent emmenés par les Maitres fondateurs en 1932 :
*le style de la distance courte (corto) de Lorenzo et Teodoro Saavendra
* le style de la distance moyenne (medio) de Jesus Cui
*le style Espada y Daga et Corto Orihinal de Felimon Canete
*le style de la longue distance (largo) de Yoling Canete et Vincent Carin
Quelques années plus tard, le style Corto de Ciriaco Canete et le Pangamut de Maximo Canete fut intégré.

ce site a été créé sur www.quomodo.com