JUDO CLUB BEAUNOIS
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L'IDEE, LE PRINCIPE
En faisant don du judo à l'occident et au monde, Jigoro KANO fait preuve de reconnaissance envers l'occident en juste retour des connaissances, sciences et techniques, qui permirent au japon de l'époque meiji (1862-1912) de quitter le monde féodal fermé des guerriers japonais et d'accéder ainsi au rang de nation moderne.
Par  l'établissement de son école et de la diffusion de sa méthode, Jigoro KANO accède au rang d'éducateur et de pédagogue international.
Il est le premier asiatique à accéder à cette dimension culturelle en apportant une contribution reconnue dans le monde entier comme discipline sportive.
Le Judo "voie de la souplesse", basé sur un principe universel, est cependant un concept éducatif bien plus généreux.
Sa pédagogie, altruiste et non-dualiste, échappe encore quelque peu à nos esprits.
Le Judo de Jigoro KANO va plus loin que le simple accès, pour les japonais du XX ème siècle, à la culture révolue des anciens guerriers ou du patrimoine des arts martials antiques (Budo,Bujutsu).
Pour nous occidentaux, il est plus élaboré qu'une éducation physique constituée de "jeux d'opposition" ou qu'un "sport de combat" devenu "sport olympique", dont l'enjeu principal est finalisé par le gain d'une victoire sur l'autre.
La finalité du Judo consiste avant tout à acquérir une culture personnelle et  à réussir son projet de vie selon idéal de perfectionnement.
la méthode de Judo de Jigoro KANO constitue une pédagogie de l'enseignement et une philosophie de l'éducation grâce à la découverte et à l'utilisation de ce principe susceptible de réduire les dualismes et de concilier et les différents domaines de l'activité humaine.
Sa méthode consiste à mettre à la disposition de l'étudiant une pratique corporelle et mentale où le principe utilisé en tant qu'outil conceptuel permet de se perfectionner dans l'orientation de son choix.
Ce principe vital est un double précepte: "meilleure utilisation de l'énergie" et "prospérité mutuelle"
Et en japonais cela donne :" seiryoku saizen katsu'yo " et " jita yuwa kyo'ei "


L'HOMME, LE JAPON ET LE MONDE

 Jigoro KANO naît le 18 octobre 1860 près de Kobé dans l'île principale du Japon.
Il est le dernier enfant d'une famille nombreuse, aisée et cultivée.
Sa mère, qu'il perdra à l'âge de neuf ans, descend d'une lignée de brasseurs de saké installé dans la région.
Son père, négociant et transporteur maritime, descend d'une famille de lettrée confucéens et de prêtres gardiens d'un temple Shinto.
la naissance de Jigoro KANO a lieu à une époque de grands troubles pour le Japon.
depuis 1603, le pays est gouverné par les Shogun, les chefs militaires dont le gouvernement centralisé est Edo(Tokyo).Pour mieux contrôler le Japon face aux influences étrangères et imposer une stabilité intérieure le pays était complètement fermé depuis 1641.
Or, en 1853, l'Amérique pénétrant dans la baie de Tokyo met un terme à son isolement.[....].
Dans les années 1870, le Japon est un état en rapide mutation.
Sa transformation en une nation moderne et puissante est due à des hommes progressistes qui favorise l'introduction des sciences et des techniques occidentales par le biais de l'éducation scolaire.
La première étape décisive vers la création d'un état centralisé sera la réunions des archives des fiefs féodaux en 1869à Tokyo, puis l'abolition de tous les fiefs et la création des préfectures en 1871.
Jigoro KANO étudie, comme tous les enfants de son âge appartenant à la classe moyenne, l'écriture, la lecture et le calcul dans une école de temple, aidé par des percepteurs engagés par son père.
 N'étant pas fils de guerriers, il ne peut accéder aux écoles des clans où les érudits et les savants pouvaient se cultiver dans les sciences et les techniques occidentales introduites depuis le XVI siècle.
Il ira donc à la capitale, Tokyo, pour s'instruire où il rejoindra en 1870, son père devenu fonctionnaire au ministère de la marine.

Pendant cinq ans, il a reçu, des meilleurs professeurs étrangers et japonais de l'époque, un enseignement très éclectique: philosophie, histoire, morale, économie, politique, littérature(japonaise et anglaise) pensée chinoise, chimie, logique, psychologie, le droit français, les relations internationales et le bouddhisme originel indien( dont il fera son étude doctorale), la bible et les religions.
Inscrit dans des institutions privées, il y reçoit une solide formation dans les classiques confucéens.
Il fréquente ensuite les pensions et les établissements étrangers, engagé par le gouvernement, enseigne les langues et la culture occidentale.
Puis Jigoro KANO entre à kasei gakko, il avait commencé auparavant l'étude de l'anglais et de la littérature occidentale avec des professeurs étrangers dans les écoles spécialisées.
Il devient au bout deux ans étudiant à la faculté des lettres de la toute nouvelle université de Tokyo, la plus haute institution universitaire moderne du Japon et de l'Asie.
Il en sort diplômé en sciences politiques et économiques, et Docteur en philosophie en 1882.
Entre temps, Jigoro KANO dénicha en 1877 un instructeur compétent en la personne de Hachinosuke FUKUDA(1829-1880) qui appartenait au 'tenshin shin'yo ryù' .
Cette école, fondée par Mataemon ISO(?-1862), représentait un style relativement nouveau de jujitsu: l'accent était mis tout particulièrement sur les atemi, c'est à dire sur les coups portés sur les points vitaux, et sur les techniques de saisies;
On estime qu'il connaissait 124 coups différents.
FUKUDA avait alors cinquante ans lorsque KANO devint son élève et gagnait sa vie comme chiropracteur.
Il possédait un petit dojo et peu d'étudiant réguliers.
Il semble qu'a cette époque KANO ait étudié brièvement le bojutsu( technique de bâton) dans l'école Yagyu Shingen.
A cette époque, le principale compagnon d'entraînement de KANO était un solide poids-lourd appelé Fukushida qui le dominait nettement dans le randori( combat d'entraînement).
Malheureusement, le maître de Jigoro KANO, FUKUDA mourut à 52 ans.
C'est avec Masamoto ISO(1818-1881), le fils du fondateur du 'tensin shin'yo ryù' que KANO poursuivit son étude du jujitsu.
Masamoto avait une constitution de fer et capable de résister, dit-on, à un coup de bokken(sabre en bois d'entraînement).
Comme il avait la soixantaine, il ne pratiquait plus le randori mais était toujours considéré comme un maître en kata(enchaînement de techniques codifiées).
KANO racontera des années plus tard à ses étudiants que les kata de Masomoto étaient les plus beaux qu'il ait jamais vu exécutés.
Sous sa tutelle, Kano apprit de manière très approfondie différents kata et étendit son expérience en randori.
Au fur et à mesure que KANO devenait plus fort et plus habile, il prenait de plus en plus confiance en lui.
En 1881, à la mort de Masomoto, KANO se trouva encore privé de maître.
Cette fois , il intégra l'entraînement de Tsunetoshi LIKUBO(1835-1889) du kito ryù.
A l'époque de KANO, le kito ryù se concentrait surtout sur nagewaza(projections).
Tant pour son style que dans son contenu, son programme était très différent de celui du tenshin shin'yo ryù et KANO avait plaisir à découvrir une autre vision du jujitsu.
Bien qu'il avait la cinquantaine, LIBUDO, pratiquait toujours avec intensité le randori et pouvait donc enseigner avec beaucoup d'efficacité à ses jeunes étudiants cet aspect de l'art.
IL fut probablement le meilleur expert avec lequel KANO s'entraîna.
KANO écrira d'ailleurs: "De maître FUKUDA, j'ai appris ce que serait l'oeuvre de ma vie, de maître Masamoto, j'ai appris la nature subtile du kata et de maître LIBUDO, j'ai appris la technique et la fluidité.
Ensuite, il crée une pension de famille, KANO JUKU, pour accueillir de jeunes étudiants, et il fonde son dojo(littéralement salle d'étude) du Kodokan(l'institut de judo à Tokyo)où il va transformer le jujitsu en une nouvelle pratique éducative, le JUDO.

Membre du comité international olympique depuis 1909, ils rencontre Pierre DE COUBERTIN en 1912, tous deux oeuvrent à la promotion de la paix mondiale et aux échanges internationaux en faisant participé le Japon aux J.O. dès cette année-là.
Cependant, la venue de la guerre et les déviances du sport conduisent Jigoro KANO à développer le Judo à l'écart des institutions gouvernementales et des organisations aux tendances nationalistes, qui deviennent dominantes au Japon comme dans le reste du monde.
Il préserve l'indépendance de son institut du Kodokan et formalise le Judo en une méthode destinée à devenir une discipline universelle de formation humaine autour d'un principe général, utile et altruiste, pour le bénéfice et la prospérité de tous, quel que soit le pays ou le régime d'accueil.
Les premières présentations du Judo devant les étrangers et les Japonais par Jigoro KANO se sont faites à Tokyo en 1888 et 1889.
La méthodes fondée sur la pratique du combat des écoles de jujitsu s'était transformée pour devenir le Judo Kodokan, nom de sa propre école.
Son premier voyage en occident lui fera prendre conscience de la portée de son œuvre dans le domaine de la culture et de l'éducation.
Ses voyages dans le monde, comme membre du CIO, l'amèneront à observer le développement du jujitsu et l'intérêt porté au combat, à la lutte, au sport ou à la défense.
Il en profitera pour enseigner à chaque fois la véritable signification du Judo par des discourt et des démonstration.
Pendant un voyage le ramenant du  Caire(où il avait gravit une des pyramide sans assistance ni une seule goute d'eau et qu'il avait été le seule a pouvoir le faire ce jour là) à Saïgon, Jigoro KANO discuta judo avec les autres passagers du bateau et en demontra son efficacité .
Comme il y avait un solide marin russe, on organisa une rencontre, faute de meilleur distraction.
 Même si le marin réussi à faire une bonne prise à Jigoro KANO, le maître de judo improvisera une technique avec succès moitié koshi-nage moitié seoi-nage, et réussi a projeter son adversaire.
Ce n'est pas le petit homme terrassant le grand, qui impressionna la foule, mais le controle de la chute: Jigoro KANO retint le marin pour lui éviter toute blessure au moment où il heurta le pont. 
Jigoro KANO avait établi une distinction entre le jujitsu et la lutte occidentale dès le départ. La lutte est une opposition de force contrairement au principe bien établi du jujitsu.
Dans les temps féodaux l'ancienne forme du jujitsu était principalement étudiée pour l'emploi au combat. Dans sa nouvelle école, il s'est développé comme méthode d'éducation physique et de formation intellectuelle et morale;
Dans le jujitsu d'autrefois, la pratique était essentielle mais que, dans le Judo Kodokan, la pratique est dorénavant soumise à une théorie, similaire à une éducation physique.
le 04 mai 1938 : Jigoro KANO meurt sur le bateau qui le ramenait du Caire ( assemblée générale du C.I.O)en nous laissant un héritage : le JUDO.