Comment s'entraîner avec une main temporairement immobilisée?
postdateiconLundi, 22 Décembre 2014 09:11 | postauthoriconÉcrit par mehdi | PDF | Imprimer | Envoyer
Que ce soit à l’entraînement ou en compétition, les mains participent à l’action dans quasiment tous les sports.

Dans sa pratique sportive, en exerçant son métier ou dans sa vie privée, le sportif peut se blesser avec pour conséquence de ne plus pouvoir se servir d’une main (coupure profonde, entorse, fracture…). Ceci peut alors empêcher sa pratique sportive… mais pas forcément sa préparation physique !

Comment entretenir voire développer sa condition physique pendant l’immobilisation d’une main ?
Quelles précautions prendre ?
Quels exercices pratiquer ?
 

La main : structure et fonctions

Structure très complexe (27 os, 11 muscles intrinsèques et 15 muscles extrinsèques, de nombreux ligaments, nerfs…), la main est chez l’homme, un organe extrêmement développé, fragile et exposé.

C’est à la fois un organe d’information et de fonctions motrices :

-        sensitivité (toucher) : 2/3 de ses fibres nerveuses sont sensitives,

-        motricité : préhension, manipulation, suspension, amortissement (chutes).

C’est aussi un organe d’expression, complétant voire remplaçant le langage parlé (langage des signes).

Précautions à prendre

L’activité physique ne retarde pas la soudure d’os fracturés, à condition d’éviter les contraintes mécaniques et plus encore les déplacements des os concernés.

Pendant cette période de consolidation osseuse et de cicatrisation, la règle est d’éviter :

-        les chocs (coups, chute),

-        les compressions (judo, rugby),

-        les tractions (tir à l’arc, escalade),

-        les torsions (aïkido),

-        les vibrations (pilotage, sports de raquette).

Il s’agit plus généralement de ne pas solliciter la main.

La reprise progressive devra être précédée d’une phase de rééducation.

La cicatrisation des tissus mous peut être retardée par une alimentation trop grasse ou trop sucrée. S’il y a eu une plaie ouverte,la pratique d’une activité physique peut exposer à un risque infectieux important.

Pour autant, la pratique d’une activité de préparation physique reste possible. Quatre catégories d’exercices peuvent être proposées.

1/ Cardio-training :

Alors que le saut à la corde et le rameur sont exclus d’emblée, la course à pied apparaît comme l’alternative unique. Pourtant, il en existe d’autres, telles que :

-        le home-trainer ou le vélo d’appartement à condition de pouvoir appuyer l’avant-bras sans exercer de contraintes sur la main immobilisée.

-        le stepper,

-        la marche rapide,

-        certains cours de fitness (cardio-boxing, body-combat, step…).

 

2/ Musculation :

La musculation des membres inférieurs est tout à fait possible, à condition de ne pas avoir sollicité les mains, en particulier pour :

-        amortir (chute),

-        s’appuyer,

-        saisir (barre de squat, kettleblls)

-        tirer (leg extension machine).

Il est alors possible d’utiliser un gilet lesté, des élastiques ou un harnais…

L’électrostimulation est une autre possibilité de pallier l’impossibilité de pratiquer une activité sportive avec les mains.

Le travail de gainage est aussi possible.

 

3/ Proprioception :

Le travail de proprioception n’est pas exclusif de celui de gainage. Un travail de proprioception des autres régions du corps peut être réalisé avec une main immobilisée, soit par :

-        des mises en situation de déséquilibre (bosu, swiss-ball…), mais sécurisées de sorte de ne pas avoir à se servir des mains pour amortir une chute ou se rattraper,

-        des enchaînements techniques (shadow boxing…) exécutés lentement et éventuellement les yeux fermés (placement, exécution gestuelle, déplacements).

Ce travail permet de continuer à stimuler les muscles profonds dits de l’ajustement. Il permet ainsi d’entretenir les qualités de placement postural, d’équilibre, de maintien…

 

4/ Etirements :

Cette période d’immobilisation de la main est l’occasion de privilégier les étirements et les assouplissements de toutes les autres régions du corps.

Cependant, ces exercices d’étirement ne devront pas impliquer de suspension du corps par les mains ni même de préhension.

 

5/ Utiliser une orthèse

Pour quand même utiliser le membre blessé, certains recours à des orthèses telles que des crochets ou des sangles de musculation.

Les contraintes mécaniques, alors exercées sur l’avant-bras où siègent de nombreux muscles de la main, peuvent aggraver les lésions.

 

Conclusion

La main peut aussi être immobilisée à cause de blessure d’une autre région du corps : poignet, avant-bras, coude…voire de la clavicule.

Il est tout à fait possible d’entretenir et développer sa condition physique malgré l’impossibilité d’utiliser une main.

Cependant, certaines précautions doivent être prise afin de supprimer les risques de chute et plus généralement de traumatisme. Pour cela on choisira des exercices qui privilégient les membres inférieurs en supprimant les risques de chute.

La solution consistant à recourir à une orthèse de la main représente un risque de perturber la consolidation osseuse et/ou la suture des tissus mous.

 

Références

 

Domontier, C. (2009). Anatomie fonctionnelle de la main. Clinique Jouvenet & Hôpital saint Antoine, Paris. En ligne.

Lerat, J.-L. (2005). Sémiologie. Traumatologie. Membre supérieur. Cours de la faculté de Lyon 1

 

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