A travers son roman Au Bonheur des Dames, Emile Zola donne une vision bien détaillée des Grands Magasins en 1883. L'action se déroule entre 1864 et 1869. Arrivée à Paris avec ses frères, pour travailler dans le petit magasin de son oncle, Denise Baudu prend rapidement conscience que l'emploi n'existe que dans les Grands Magasins. Elle se fait embaucher au Bon Marché, découvre le monde cruel des petites vendeuses, la précarité de l'emploi et assiste au développement exponentiel de ce magasin et à la mort des anciens petits commerces. Elle suscite l'intérêt du directeur du magasin, Octave Mouret qui lui confie de plus en plus de responsabilités. Elle refuse de devenir sa maîtresse mais finit par accepter sa demande en mariage.
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Emile Zola emmène son auditoire dans le monde des Grands Magasins.
 
Dans ce livre nous relevons plusieurs citations qui donnent une idée très précise de la vision de Zola sur les Grands Magasins en pleine croissance à cette époque :
 
"Le palais était construit, le temple élevé à la folie dépensière de la mode. Il dominait, il couvrait un quartier de son ombre."
" Cependant, les magasins vivaient, du monde assiégeait les ascenseurs, on s'écrasait au buffet et au salon de lecture, tout un peuple voyageait au milieu de ces espaces couverts de neige."
"Je veux dans Au Bonheur des Dames faire le poème de l'activité moderne. Donc changement complet de philosophie : plus de pessimisme d'abord, ne pas conclure à la bêtise et à la mélancolie de la vie […]. En un mot, aller avec le siècle, qui est un siècle d'action et de conquête."
" Ensuite, les galeries s’enfonçaient, dans une blancheur éclatante, une échappée boréale, toute une contrée de neige, déroulant l’infini des steppes tendues d’hermine, l’entassement des glaciers allumés sous le soleil."
" Les escaliers de fer, à double révolution, développaient des courbes hardies, multipliaient les paliers ; les ponts de fer, jetés sur le vide, filaient droit, très haut ; et tout ce fer mettait là, sous la lumière blanche des vitrages, une architecture légère, une dentelle compliquée où passait le jour, la réalisation moderne d’un palais du rêve, d’une Babel entassant des étages, élargissant des salles, ouvrant des échappées sur d’autres étages et d’autres salles, à l’infini. Du reste, le fer régnait partout, le jeune architecte avait eu l’honnêteté et le courage de ne pas le déguiser sous une couche de badigeon, imitant la pierre ou le bois."
La volonté de Zola

EMILE ZOLA ET SES CROQUIS

Pour réaliser son roman, Emile Zola a collaboré avec Aristide Boucicaut qui lui a fait visité de fond en comble le Bon Marché. Zola en a profité pour réaliser plusieurs croquis que le reportage d'Arte nous dévoilent.

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