Aristide Boucicaut, l'inventeur

  Né dans l’Orne, le 14 juillet 1810, Aristide Boucicaut devient marchand ambulant de nouveautés à l’âge de 18 ans, avant de monter à Paris en 1835. Il entre alors au Petit Saint-Thomas, magasin de nouveautés rue du Bac, à l’emplacement actuel d’une annexe du Ministère des Finances. Dès son arrivée à Paris, Aristide Boucicaut, désireux de s’élever, s’efforce de compléter son instruction, en étudiant la langue anglaise en particulier.


  Le 3 janvier 1839, il épouse Eugénie Marguerite Guérin. De commis, il devient acheteur chef de rayon au Petit Saint-Thomas.

En 1852, nanti de quelques économies (50 000 francs, d’après les documents d’époque), Aristide Boucicaut tente sa chance et s’associe avec Justin Videau, alors propriétaire du magasin de Rouennerie Au Bon Marché, situé au coin des rues du Bac et de Sèvres, à l’emplacement de l’ancien hospice des Petits Ménages.

Boucicaut déclenche une véritable révolution commerciale au XIXème siècle. Le principe de base, créé par Boucicaut, est d’inspirer à la clientèle la plus parfaite. 


Pour cela, Boucicaut développe huit innovations qui marquent le passage de l’ère des b outiquiers à celle des Grands Magasins :


1. Entrée libre : la clientèle peut flâner, regarder, sans être importunée.


2. Prix fixes : c’est la fin des marchandages, des transactions malhonnêtes.


3. Vente à petits bénéfices : en réduisant la marge bénéficiaire sur chaque produit à 13% (contre 50% pratiqués à l’époque par les boutiques), le Bon Marché multiplie la masse et le roulement des ventes.


4. Acceptation des rendus : Boucicaut invente le terme “ garantie de qualité ”.


5. Multiplication des produits qui sont exposés en magasin. La clientèle, qui ne trouve pas ce qu’elle est venue chercher finit par découvrir, dans les rayons voisins, une marchandise qu’elle n’avait pas l’intention d’acheter en entrant.


6. Instauration d’un immense service de livraison à domicile. On livre aussi loin qu’un cheval peut aller dans Paris. On livre gratuitement par chemin de fer toute commande supérieure à 25 francs.


7. Boucicaut crée le premier catalogue de vente par correspondance en 1871.


8. Une bibliothèque est mise à la disposition des clients , où ils peuvent lire les journaux et faire leur courrier. Un buffet leur offre gratuitement des gâteaux et des rafraîchissements.

 

Le succès est fulgurant : de 452 000 F en 1852, le chiffre d’affaires passe à 7 millions en 1863. Mais l’association Videau-Boucicaut ne dure que peu d’années car les innovations commerciales introduites par Aristide Boucicaut effrayent son associé, si bien que le 31 janvier 1863, ce dernier devient le seul propriétaire du Bon Marché. 


« Partout, Le Bonheur des Dames rachetait les baux, les boutiques fermaient, les locataires déménageaient. » (Au bonheur des dames, Emile Zola)

 

Mais Le Bon Marché n’est pas le seul. Son succès démesuré fait quelques envieux. En effet, de nouveaux concurrents font surface…

 

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Les Galeries Lafayette
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Elles sont fondées en 1853 par deux cousins : Théophile Bader et Alfonse Kahn qui choisissent d'implanter leur magasin dans le quartier de l'Opéra qui deviendra très fréquenté et commercial. Le choix de cette implantation est stratégique car ce quartier a bénéficié des travaux haussmannien qui est désormais habité par la bourgeoisie et l'aristocratie. De plus la construction récente de l'opéra Garnier attire les foules, ce qui prédestine les Galeries Lafayette à un intérêt du moins aussi grand. Comme prévu le grand magasin devient la proie des grandes et moyennes bourgeoisies ce qui fait fleurir les affaires des deux cousins et les encouragent à procéder à de gigantesques travaux d'agrandissement. Le nouveau magasin est inauguré en 1912, il est immense et très luxueux. Les Galeries Lafayette que nous connaissons aujourd'hui ont connu d'autres travaux depuis 1912 mais ils ont toujours le même succès. C'est un des Grands Magasins les plus connus et les plus appréciés dans le monde.
La Samaritaine
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Lorsque ce Grand Magasin est créé en 1869 par Ernest Cognacq et son épouse elle-même anciennement employée au Bon Marché, il ne s'agit que d'une petite boutique située près de la Seine, dans le 1er arrondissement. Le commerce ne semble pas être situé par hasard dans la rue de la monnaie, il prospère très vite et s'agrandit progressivement. En 1900 naissent les Grands Magasins de la Samaritaine réalisé dans le style art nouveau. Ils sont nommés ainsi car la première échoppe de Cognacq était parait-il construite à l'emplacement d'une ancienne pompe à eau du temps d'Henri IV nommée la samaritaine en référence aux évangiles.
illustration du Bon Marché
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