Montesquieu, Sainte Thècle, Esmes ... (Dépêche du Midi du 30/12/98)
Riche histoire que celle de Montesquieu, voué à
l'agriculture au coeur du pays de Moissac. On se dit de Sainte-Thècleou
d'Esmes, rarement de Montesquieu... et ce n'est pas le troisième millénaire qui
va y changer quelque chose.
N'allez pas demander à un habitant de Montesquieu comment on
appelle les habitants de la commune. A la mairie, à la sortie de l'église ou de
l'école ou encore au bar, on vous répondra d'une seule voix : «Ici, on est
SainteThéclois !». Et un peu plus loin, sur la crête de coteau, on vous dira
dans un grand sourire : «Bienvenue à Esmes».
Alors, Montesquieu ne serait-il réservé qu'aux documents
administratifs ? Ouvrons un moment le livre d'histoire de ce village attachant,
qui s'étire langoureusement sur les coteaux du Quercy, à deux pas de Moissac...
et à trois de Lauzerte ! Etymologiquement, Montesquieu dérive de l'occitan Mont
Esquivé ou Escarpé, qui fait référence à l'aspect du plateau, à l'aplomb du
château. La seigneurie de Montesquieu est mentionnée dès le XIe-siècle et
connue comme dépendance de l'abbaye clunisienne de Moissac. A cette époque,
elle est attribuée à la famille des abbés Durfort, Fumel, Mondenard, grandes
familles originaires de Quercy.
Scission évitée en 1842 !
Le château, situé sur une motte féodale près du confluent
des deux «Barguelonne», contrôlait le trafic marchand de la vallée. Au
XVIIe-siècle, la seigneurie fut vendue à un bourgeois puis à des nobles, les
Cazals dont les descendants sont encore propriétaires. Ces transactions étaient
plutôt dues à des problèmes entre le seigneur et les consuls de la commune. En effet,
la seigneurie comportait trois-paroisses et le seigneur souhaitait conserver
celle du château comme paroisse principale, aux dépends de celle de
Sainte-Thècle. Et c'est en 1739, par souci d'indépendance, que les syndics se
réunirent et déclarèrent l'église de Sainte-Thèclecomme paroissiale. Par la
suite, la mairie conservera cette proximité qui donnera naissance au village et
provoquera l'isolement du château. Ce qui n'ira pas sans poser problème avec
les habitants de la paroisse de Saint-Martin d'Esmes qui s'estimèrent écartés,
au point qu'une demande de scission électorale fut repoussée de justesse en
1842 !
De nos jours
De nos jours, il reste encore un certain «esprit de clocher»
entre Esmes et Sainte-Thècle que l'on perçoit notamment lors des scrutins
électoraux. Le maire Denis Bénechpréfère vanter «la tranquillité de ce village
proche de Moissac, riche de sa vie associative et de ses paysages préservés,
avec un patrimoine bâti qui a été judicieusement restauré depuis une quinzaine
d'années».