Handi-Basket : Tous égaux sous les panneaux

Article paru sur Nice-Matin en date du Mardi 22 février 2011.

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« Une grande leçon d’humilité »

Renforcé par un noyau dur de joueurs du Cannet (une référence nationale), Nice évolue en championnat national 2. Une seule victoire l’an dernier, déjà quatre cette saison et de belles espérances : « C’est un groupe très prometteur avec de l’avenir », s’enthousiasme Laurent Metezeau issu du Cannet. « En tant que grande ville du sport, Nice doit avoir des équipes handisport compétitives », ajoute Karim Lamri.

En progrès, l’ESB propose un jeu fluide et esthétique mais aussi rugueux. Des contacts où il n’est pas rare qu’un fauteuil bascule avant de se redresser sous l’effet de la solidarité. « J’ai reçu une grande leçon d’humilité, je ne voyais pas le monde handicapé comme cela. Il y a beaucoup de courage, d’investissement et aucune demande en retour », confie Luc Maurice.

Epoustouflante de dextérité, l’équipe se déplace avec intelligence, harmonie et spontanéité. Une explosivité à faire pâlir certains professionnels.

A tel point que la salle Malatesta récemment rénovée, porte désormais la marque de ses hôtes valeureux. Point d’empreinte de chaussures mais des traces de gomme entrelacées. Des sillons d’espoir pour d’éventuelles autres initiatives handisport.

THOMAS MICHEL

 

(*) Les joueurs sont classés en catégories selon leurs fonctionnalités. Ils reçoivent entre 1 et 5 points. Un valide à 5 point. Le cinq majeur ne devant pas dépasser 15,5 points.

Ils sont hors norme mais pas en marge. Dotés d’un moyen de locomotion mais parcourant les parquets comme tout un chacun. Soumis aux règles traditionnelles du basket mais autorisés à la mixité. Hommes, femmes, à mobilité réduite ou valides (*), l’Etoiles Saint-Barthélémy section handibasket compte une dizaine de joueurs à la détermination sans failles, palpable même aux entraînements.

Des séances pleines menées par l’expérimenté Moussa Remita, capitaine et entraîneur, où les exercices de slalom, shoot et oppositions se succèdent à un rythme effréné pour garantir une indispensable endurance : « Il nous est arrivé de nous déplacer à cinq, sans possibilité de changements », se souvient Luc Maurice, l’un des joueurs fondateur et valide. « Certains villages présentent deux équipes, et nous à Nice, nous avons du mal à en bâtir une. Pourtant les spectateurs qui viennent, apprécient », renchérie Aurélien Martin.

Lutter pour exister

Les premières années ont été celles de la survie pour la section handibasket de l’ESB : « Nous avons mangé notre pain noir », rappelle Luc Maurice. Suspendue au portefeuille de ses pratiquants, la section est peu fréquentée. Confronté à des frais exponentiels, le club fait alors appel aux pouvoirs publics, Mairie ne tête. Les subventions accordées restent néanmoins insuffisantes face aux besoins logistiques et matériels. « Subventions et Sécurité sociale soustraites, un fauteuil de compétition revient à près de 3000 euros u club », précise Luc Maurice. Des fauteuils en titane sur mesure et à la durée de vie incertaine.

Quant aux déplacements, ils sont coûteux et pesants : « Je n’ai pas de repos le week-end. Et en semaine, avec les entraînements, je rentre à 22h30 pour me lever à 6h » souligne Aurélien Martin, employé de banque. Quand devient le nerf de la guerre, le salut vient du mécénat des partenariats. Ainsi de l’Hôtel de la Voile d’Or à Saint-Jean-Cap-Ferrat et de l’entreprise NJ Medical, donateurs d’argent et d’une remorque pour les déplacements. L’ESB dépose ses balises avec ambition et construit avec le temps. « Il faut maintenant déterminer un projet à long terme, et franchir un cap au niveau des infrastructures. Nous sommes loin de La Palestre au Cannet par exemple », constate Moussa.

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