Retour sur les massacres en Vendée avec
Alain Roué auteur
de "La nuit vendéenne"
A l'occasion du dépot d'une proposition de loi concernant le génocide vendéen, nous avons rencontré Alain Roué, auteur il y a quelque année de cela de "La Nuit Vendéenne" pour lui poser quelques questions.
 
EDG: Une telle proposition de loi est-elle selon vous une bonne chose.
AR: Indéniablement ! Même si elle n'a aucune chance d'être suivie d'effet sur le plan de la reconnaissance législative par l'état français de ces abominables massacres.
 
EDG: Pourquoi selon vous, cette obstination à nier ce qui semble pourtant être une évidence.
AR: Parce que notre république s'est construite sur une quantité de mensonges et que celui ci est sans doute le plus gros. Il n'est pas facile pour nos politiques d'aujoud'hui de reconnaître qu'ils ont été manipulés de la pire des façon. Et que cette révolution française est bien loin d'être aussi belle et vertueuse que l'on a voulu nous faire croire.
 
EDG: Plus de deux siècles après les faits, ne serait-il pas pourtant, temps de jeter sur ces évênements un regard neuf ?
AR: C'est ce que j'ai voulu contribuer à faire avec "La nuit vendéenne". J'ai voulu démontrer que l'on pouvait rendre justice aux morts de Vendée sans appartenir pour autant à un mouvement royaliste, extrême droitiste ou être un intégriste catholique. Mais cela ne semble encore pas de nos jours si facile. Si des royalistes ont salués mon livre, coté "républicains" je me suis plutôt entendu dire, qu'il fallait laisser ce sujet aux historiens et qu'il fallait replacer les choses dans leur contexte, qui revenait à légitimer les exactions.
 
EDG: Aujourd'hui vous avez tendance à penser qu'il existe un consensus pour continuer de taire cette affaire ?
AR: Clairement, autrement comment expliquer qu'avec les différents changement de majorité qu'a connu notre pays, tous les gouvernements ont semblablement fait la sourde oreilles.
 
EDG : Pourquoi selon vous un tel consensus ?
AR: Au nom de notre sacro sainte république, née de notre non moins sacro sainte révolution. Personne n'a aujourd'hui le courage de relire les évènements, de fait la révolution est terminée en 1792, après se met progressivement en place un régime dictatorial, liberticide et sanguinaire qui perdure jusqu'à la chute de Robespierre en 1794. Ce qui est impassable c'est que des politiques puissent encore de nos jours se revendiquer de cette période et de personnages tel que Robespierre, Barrère ou Saint Just, et continuer de prétendre qu'il s'agissait encore de la révolution.
 
EDG: Quel est selon vous,  la raison qui les pousse à agir de la sorte ?
AR : On a su les persuder que les tortionnaires massacraient pour le bien du peuple. Alors que le peuple qui notamment dans l 'ouest était en 89 favorable aux réformes, avait en 93 pris les armes contre une dictature bien plus cruelle encore que l'ancien régime.
 
EDG: En fait, tout le mal viendrait de la lecture qui est faite de l'histoire de cette période.
AR : C'est exactement cela ! Une lecture manikéenne qui nous a été transmise par les histoiriens et auteurs du 19ème siècle nous a formaté à voir d'un coté des gentils républicains et de l'autres des méchants royalistes, la vérité était bien sur un peut plus compliquée que cela, et surtout un peu plus nuancé. La république a triomphé, et comme toujours c'est le vainqueur qui a écrit l'histoire....... 
ce site a été créé sur www.quomodo.com