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Merengue son origine

L'origine même de cette danse est mal connue. Créole, africaine, cubaine, contre-danse française ? Plusieurs versions de son histoire se chevauchent et se contredisent parfois.
On dit ainsi que le merengue proviendrait du mouvement des esclaves africains, qui étaient enchaînés les uns aux autres et devaient traîner une jambe pendant qu'ils récoltaient la canne à sucre au son des tambours. Une autre histoire raconte qu'un héros d'une des multiples révolutions ayant secoué la République Dominicaine aurait été blessé à une jambe. Lorsqu'il revint dans son village, ses concitoyens organisèrent une grande fête en son honneur et, pour lui marquer leur sympathie, tous dansèrent en boitant et en traînant un pied.
Selon certains, le merengue serait une combinaison d'une danse africaine et du menuet français. Les esclaves noirs auraient imité la danse qu'ils apercevaient dans les salons des « maîtres ». Cependant, comme les danses des Européens leur semblaient ennuyantes et collet monté, les Noirs y ajoutèrent, à l'aide des tambours, un rythme sautillant plus réjouissant.
Une autre thèse, probablement la plus crédible, soutient que le merengue tiendrait ses origines d'une danse nommée « urpa » ou « UPA habanera » qui s'est répandue dans les Caraïbes entre 1838 et 1849. Cette danse comportait un mouvement appelé « merengue » et seule cette appellation aurait survécu à son arrivée en sol dominicain.

Le merengue adopté d'abord par le peuple

Le merengue est reste peu connu durant ses premières années, mais on sait qu'un journal de Saint-Domingue lance, au début des années 1850, une campagne dénonçant le merengue et défendant la « tumba », danse traditionnelle populaire en République Dominicaine. C'est la preuve que le merengue gagne en popularité. En 1875, un homme, Ulises Francisco Espaillat, attaque lui aussi le merengue lors d'une campagne qui sera tout à fait inutile : la danse se répand, particulièrement dans la région de Cibao, où sa popularité devient si forte qu'on l'appelle aujourd'hui « le berceau du merengue ».
Au début, le merengue est interprété par les gens du peuple sur les instruments simples qu'ils possédent, entre autres le « bandurrias » dominicain, qui est supplanté par l'accordéon européen à la fin du XIXe siècle.
Bien que le merengue soit rapidement adopté par le peuple, les gens des classes dirigeantes de la société dominicaine le refusent longtemps parce qu'il est relié à la musique africaine et parce que le contenu des chansons, passionné et parfois même grivois, ne correspond pas du tout aux rigides concepts religieux de l'élite dominicaine bien pensante.

Les dernières barrières

Au début du XXe siècle, des musiciens professionnels établissent une forme musicale plus structurée du merengue et tentent de l'introduire dans les danses de salon, mais la haute société continue à le bouder.
La situation a commence à changer en 1930, lorsque Rafael L. Trujillo utilise des orchestres jouant du merengue pour promouvoir sa campagne présidentielle sur les places publiques. Le merengue ne sera finalement accepté par l'ensemble de la société que lorsqu'une famille aristocrate de Santiago fera écrire un merengue aux paroles décentes, « Compadre Pédro Juan », pour le quinzième anniversaire de leur fille. Par l'intermédiaire de la radio, le merengue se propage ensuite dans toute la population.

Le merengue aujourd'hui

De nos jours, on peut distinguer deux types de merengue. D'une part, subsiste le merengue folklorique et traditionnel, joué par des orchestres typiques de la campagne dominicaine qui utilisent un accordéon, un guayo, une tambora et un petit tambour à double tête.
D'autre part, les musiciens professionnels, imités par les musiciens populaires, ont développé un merengue plus commercial. Ces orchestres ont introduit le piano, des cuivres (saxophones, trombones) et des chœurs à trois ou quatre voix. Ces nouveaux arrangements ont contribué au succès du merengue, tant auprès des populations latines des États-Unis, que celles d'Amérique centrale, d'Amérique du Sud et d'un peu partout dans le monde.