GUIDE POUR LA VISITE D'APTITUDE


GUIDE POUR LA VISITE D’APTITUDE

 par B Lemmens - 14/08/2018

 

 

Ce guide est à l’usage autant du patient que du médecin amené à signer un certificat d’absence de contre-indication CACI pour l’obtention d’une licence au sein d’une fédération de plongée française. Le but est une aide à comprendre les éléments essentiels de la consultation dans un domaine très spécialisé, mais la délivrance du CACI reste de la seule responsabilité du médecin signataire.

 

A]ASPECTS REGLEMENTAIRES    (au mois de septembre 2018)

 

Voir le sujet consacré au CACI sur le site

 

En résumé, la FFESSM, délégataire, a décidé de l’application des articles 2016 – 1157 du 24 août 2016 , et 2016 -1387 du 12 octobre 2016, du Code du Sport, selon les modalités suivantes :

 

  • Plongée sous-marine en scaphandre (air, nitrox, trimix élémentaire), toute activité avec scaphandre (PSP, Orientation Subaquatique, Archéologie, Plongée Souterraine, Photo & Vidéo, Environnement & Biologie, pratiqués en scaphandre), apnée, pêche sous-marine au-delà de 6m : CACI de moins d’un an qui peut être délivré par tout médecin

     

  • Plongée au trimix hypoxique, compétition d’apnée en eau libre, plongée handisub, et reprise après accident : CACI de moins d’un an délivré par un médecin fédéral, ou médecin spécialisé en médecine hyperbare, ou médecin du sport

     

  • Autres activités de la FFESSM : Nage Avec Palme, Nage En Eau Vive, Hockey, Tir Sur Cible, Apnée jusqu’à 6 m : dispositif triennal, CACI délivré par tout médecin

     

  • Activités sans CACI : Baptême, Pass rando, PE12, Pack découverte, 1° Etoile de mer, Pass Apnéiste, Pass Plongeur libre

     

  • Sportif sélectionné en équipe de France, de haut niveau ou en Pôle : certificat par médecin du Sport, liste d’examens imposés

     

    Quoique le sujet soit polémique, le Comité directeur de la FFESSM a décidé d’accepter le CACI rédigé par tout médecin, sauf les exceptions citées ci-dessus alinéa 2. C’est de l’ordre de la déontologie médicale et de la conscience de chaque médecin de choisir de signer, ou non, un CACI.

     

    Il existe un modèle type de certificat médical pour la FFESSM, téléchargeable sur le site fédéral, mais non opposable, sauf pour les jeunes (< 14 ans).

     

    B] BREFS RAPPELS PHYSIOLOGIQUES

     

    La médecine de plongée de loisir est tellement spécifique et éloignée de l’exercice médical quotidien, que les principales notions de physiologie hyperbare doivent être brièvement résumées, mais ce chapitre sera loin d’être exhaustif !

    L’immersion provoque une redistribution vasculaire de la périphérie vers le noyau central, responsable d’une augmentation de la volémie apparente, et donc d’une surcharge de travail ventriculaire, accompagnée d’une hyper excitabilité arythmogène. Le système cardio vasculaire est un des plus sollicité par la plongée.

    L’augmentation de la densité de l’air respiré, proportionnelle à la profondeur, diminue les débits et volumes pulmonaires, ce qui n’empêche pas l’hyperoxie hydrostatique, avec les conséquences sur la circulation systémique et pulmonaire (vasoconstriction, augmentation des résistances), et sur le système nerveux central (convulsion). La capnie est en revanche auto régulée par le contrôle ventilatoire, mais peut parfois y échapper, avec risque d’hyperventilation inefficace et noyade. L’augmentation du volume aérique alvéolaire, liée à la pression hydrostatique, expose à des risques spécifiques barotraumatiques modulés par certaines pathologies pulmonaires.

    De connaissance récente, l’immersion à elle seule peut provoquer un œdème pulmonaire de façon non rare, avec ou sans facteurs de risque connus.

    Les variations de pression hydrostatique inter agissent avec les cavités aériques de l’organisme, auriculaires et sinusiennes, en particulier sur l’oreille moyenne et le tympan avec tous les effets barotraumatiques qui s’y rattachent, mais aussi digestives et dentaires, avec les influences physiopathologiques afférentes.

    Enfin, l’hyperbarie induit une accumulation d’azote dans l’organisme, qui doit être éliminé progressivement durant la phase de décompression, avec un risque d’accident bullaire. De nombreux facteurs physiologiques interviennent dans l’accident de décompression, dont l’existence d’un foramen ovale perméable FOP.

     

     

    C] LE DEROULEMENT DE LA CONSULTATION

     

    Il doit être précisé en préambule que le but est d’expliquer les lignes directrices d’une consultation. C’est aussi une aide au médecin non spécialisé pour appréhender les contrôles à effectuer avant de signer un CACI.

    Il est primordial en revanche de bien affirmer qu’il ne s’agit pas de proposer une énième fiche médicale prête à l’emploi, et encore moins de remplacer une vraie formation médicale spécifique.

     

    C-1) ANAMNESE

     

    Le recueil des antécédents médicaux à la recherche de contre-indication potentielle est le temps crucial de la consultation. La connaissance de la liste des contre-indications (annexe 1) établies par la commission médicale de la FFESSM CMPN est indispensable, mais non suffisante, et doit s’adapter à chaque patient.

    Un questionnaire médical (annexe 2) avait été élaboré par la CMPN, puis avait été retiré des documents officiels de la FFESSM. Son utilisation reste néanmoins libre, dès lors qu’il est rappelé qu’il s’agit d’une aide médicale à la consultation, et non d’un auto-questionnaire. Ce n’est pas un document contractuel avec le patient, et il ne peut être exhaustif.

    Il est à distinguer de l’auto-questionnaire du Ministère du Sport DSB2_QS-SPORT cerfa_15699, document succinct, qui doit être utilisé entre 2 CACI triennaux.

    A titre d’information, nous mettons un exemple d’auto-questionnaire de l’organisme PADI, librement disponible en ligne, parmi beaucoup d’autres (annexe 3).

     

    C-2) EXAMEN CLINIQUE

     

    Nous n’avons ni la vocation, ni surtout la prétention, de décrire pour le médecin consultant le contenu de son examen clinique.

    Nous nous bornons à rappeler l’importance de l’attention particulière apportée à l’examen cardio vasculaire, pulmonaire, et ORL. Cependant, les troubles neurologiques, ophtalmologiques, dentaires et de la statique articulaire doivent être également évalués. Les troubles métaboliques, en particulier le diabète, et ses complications éventuelles, doivent être recherchés.

    Il ne faut pas oublier la recherche de prothèse implantée, comme un pace maker, même si cela ne constitue pas une contre-indication en soi.

    En complément de l’examen, la liste des médicaments quotidiens doit être étudiée, certains devant faire l’objet d’une évaluation (béta bloquant, antiarythmiques, psychotropes, antidiabétiques…).

     

    Les examens d’évaluation de condition physique comme le test de Ruffier ou de Dickson ne sont pas toujours très fiables et reproductibles à l’échelon individuel ; leur utilisation est donc optionnelle.

     

    C-3) EXAMENS PARACLINIQUES

     

    Aucun examen à ce jour n’est exigible.

    Le décret du Ministère du Sport sur le contenu de l’examen se borne à une recommandation vis-à-vis de l’examen ORL et dentaire (arrêté du 24 juillet 2017 SPOV1722815A).

    Il nous semble cependant utile de pratiquer un ECG de repos, et à l’approche de la cinquantaine une Epreuve d’Effort, renouvelable tous les 3 à 5 ans selon les facteurs de risques cardiovasculaires identifiés. En revanche, la réalisation d’une échographie cardiaque n’est pas indiquée, notamment pour dépister un FOP asymptomatique.

    La pratique systématique d’une EFR n’est pas exigible, quoique de plus en plus souvent disponible au cabinet du médecin généraliste. En revanche, l’existence de pathologie respiratoire, notamment obstructive, et en particulier un asthme, avéré ou suspecté, rend indispensable cet examen ainsi qu’un avis spécialisé. De même, la RP systématique n’est pas recommandée, mais sa prescription peut se justifier ne fonction des antécédents du patient ou de l’anamnèse.

    Concernant les oreilles, il est utile de compléter l’examen otoscopique par un audio-tympanogramme une fois en début d’activité, qui pourra servir de test de référence en cas d’accident d’oreille ou dysfonctionnement tubaire suspectés, ou de déficience auditive partielle connue.

    Certaines pathologies oculaires, telles qu’une myopie sévère ou un kératocône, peuvent nécessiter un avis spécialisé.

    Sauf cas très particulier, un bilan sanguin ne se justifie pas.

     

     

     

     


 

Annexe 1

 

 

 

Annexe 2

 

 

fédération française d’études et de sports sous-marins

FONDEE EN 1955 – MEMBRE FONDATEUR DE LA CONFEDERATION MONDIALE DES ACTIVITES SUBAQUATIQUES

 

 

 

QUESTIONNAIRE DE SANTE

POUR LA PRATIQUE DES ACTIVITES SUBAQUATIQUES

 

De Mr – Mme – Melle : .............................................................................. Né(e) le ................................

 

Pour pratiquer la plongée, vous ne devez pas avoir de problème de santé qui risquerait d’être aggravé par cette activité ou de favoriser un accident. En application de la réglementation fédérale (obéissant à l’arrêté du 28 avril 2000 du Ministère de la Jeunesse et des Sports), il vous est  demandé de remplir avec attention ce questionnaire. Si vous répondez « NON » à toutes les questions, tout médecin peut délivrer le certificat de non contre-indication joint. Si vous répondez « OUI » à  l’une des questions, vous devez être examiné par un médecin de la FFESSM ou par un médecin spécialisé en médecine de la plongée subaquatique pour évaluation des risques éventuels. Le certificat qui vous sera alors remis précisera éventuellement les conseils et restrictions de pratique de la plongée. Quelles que soient vos réponses, la liste de ces médecins, qui vous conseilleront au mieux, vous sera fournie par votre club ou votre structure de plongée. Ce questionnaire, conservé dans le dossier du médecin que vous aurez consulté, reste confidentiel et relève du secret médical. Il peut cependant être demandé dans certaines circonstances par une instance judiciaire.

La pratique de la plongée subaquatique avec scaphandre est contre indiquée durant la grossesse.

La consommation exagérée d’alcool et de produits illicites est incompatible avec la pratique de la plongée subaquatique avec scaphandre.

 

OUI

NON

§  Si vous avez déjà plongé, avez vous été victime d’une surpression pulmonaire ou d’un accident de décompression ?

 

 

 

§  Etes vous atteint d’un handicap ?

 

 

 

§  Avez-vous eu ou avez vous :

 

 

û  des problèmes cardiaques ou circulatoires ?

en particulier :   - une hypertension artérielle même traitée ?

                          - des pertes de connaissance à répétition ?

 

 

 

û  des problèmes respiratoires chroniques

en particulier, une maladie asthmatique ?

û  un pneumothorax, un traumatisme thoracique ?

 

 

 

û  des problèmes de la sphère oto-rhino-laryngologique ayant entraîné des soins médicaux spécialisés

en particulier :   - une mauvaise audition, une perforation tympanique ?

                          - une sinusite ou une otite chronique ?

                          - des vertiges ou des troubles de l’équilibre à répétition ?

                         - des douleurs des oreilles dans l’eau, en avion ou en altitude ?

 

 

 

û  des problèmes psychiatriques ?

en particulier, êtes vous suivi pour dépression ?

 

 

OUI

NON

§  Avez-vous eu ou avez vous :

 

 

û  des problèmes neurologiques ?

en particulier :   - des crises d’épilepsie, traitées ou non ?

                          - des crises de « tétanie » ou de  « spasmophilie » ?

                          - un traumatisme crânien avec coma ?

 

 

 

û  une maladie métabolique ?

en particulier :   - une maladie diabétique traitée ou non ?

                          - une maladie endocrinienne ?

 

 

 

û  une affection tumorale ?

 

 

 

û  une hernie hiatale ou un reflux gastro-œsophagien ?

 

 

 

û  une affection des yeux  suivante : myopie sévère, anomalie de la cornée, problème de rétine ?

 

 

 

û  des problèmes dermatologiques chroniques ?

 

 

 

§  Prenez vous un traitement :  pour le cœur, pour la tension, pour fluidifier le sang, à visée psychiatrique ou neurologique

 

 

 

§  Avez-vous déjà bénéficié d’une intervention chirurgicale ou endoscopique :

                          - sur le cœur, ou sur le thorax ?

                          - sur l’estomac ?

                          - sur les oreilles ou les sinus ?

                          - intra-crânienne ?

                          - sur les yeux  (y compris au laser) ?

 

 

 

 

 

§  Bénéficiez vous  d’une interruption d’activité ou de travail  depuis au moins 1 mois suite à une maladie ou à  un accident ?

 

 

 

§  Devez-vous bénéficier d’un traitement médical long, d’une intervention chirurgicale ou endoscopique, d’une hospitalisation dans les 6 prochains mois ?

 

 

 

(nous vous recommandons de faire soigner vos caries dentaires)

 

 

 

Je certifie avoir lu et compris les questions ci-dessus et pouvoir attester que mes réponses sont exactes. Je reconnais avoir été averti (e) que toute déclaration inexacte engage ma responsabilité et dégage celle du médecin signataire du certificat médical de non contre-indication ainsi que celle des dirigeants de la structure au sein de laquelle je vais pratiquer les activités subaquatiques.

 

 

Fait le                             à                                                               

                                                                                                       

                                                                                                        signature :

                                                                                                        (du parent ou tuteur s’il s’agit d’un mineur)

________________________________________ Avertissement________________________________________

Attention : vous engagez votre responsabilité en cas de fausse déclaration, et votre signature datée certifie la véracité de la présente déclaration d’état de santé.


 

Annexe 3

 

 

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