dyspnée en plongée, OPI ?

l'histoire


Mme Y, 53 ans, N2, 100 plongées en 6 ans, avec une hypertension traitée depuis 2 ans. Elle fait un stage de plongée pN3. Au 2° jour, plongée à 40m pour de brefs exercices, puis d'autres exercices à 30m, et enfin remontées assistées. A la 2° remontée, elle ressent un essoufflement (dyspnée) , avec grésillement laryngé et toux. Elle fait ses paliers, mais dès l'émersion, elle a une expectoration mousseuse saumonée. Le lendemain, le profil de plongée et le déroulement sont exactement identiques, mais l'essoufflement est tel qu'elle remonte directement à la surface, avec fatigue et dyspnée, sans expectoration. Il n'y a pas eu de douleur thoracique. Elle est héliportée au caisson hyperbare. Il est diagnostiqué une surpression pulmonaire, et elle bénéficie d'une courte séance d'une heure.


L'analyse


Dans ce dossier dominée par la survenue de dyspnée inexpliquée, le diagnostic de surpression pulmonaire paraît rétrospectivement peu vraisemblable, au vu des circonstances et de la répétition pour des circonstances identiques. Le grésillement du larynx n'évoque pas vraiment l'emphysème sous cutané d'un barotraumatisme pulmonaire. Une crise d'asthme semble également peu probable ; la mesure de souffle, faite bien lors de la consultation pour avis, est normale. Une défaillance cardiaque pourrait rendre compte des symptômes, mais c'est surtout l'Œdème Pulmonaire d'Immersion (proche sur le plan physiopathologique) qui est de loin le plus probable. Malheureusement, malgré l'hypothèse de surpression pulmonaire, la radio des poumons n'a pas été faite. On retrouve néanmoins les éléments les plus caractéristiques  : sexe féminin, > 50 ans, HTA, dyspnée avant même l'émersion, régression spontanée, récidive.

Compte tenu de la publication de cas récidivant et mortel, il est déconseillé à Mme Y de poursuivre la plongée.


ADD cérébal ou mixte

L'histoire


M X, 32 ans, N4i, expérimenté (300 à 400 plongées en 17 ans), pas de passé médical. Il fait un séjour plongée en Espagne. Au 3° jour, la pongée du matin à -29 m est marquée par une assistance portée à un son élève un peu en difficultés après 11 mn de plongée, qu'il doit remonter et tracter jusqu'à l'annexe (effort important). Il redescend ensuite -15m, pour un 30aine de mn, avec un palier de sécurité de -3mn à -3m. L'après midi, à 14h (intervalle de 3h30 - 4h), 2° immersion -29m/ 40 mn, avec palier de 1mn à - 15m, pas de palier obligatoire, mais palier de sécurité -3m / 5mn.

Environ 3h30 après l'émersion, il ressent assez brutalement une asthénie intense, des fourmillements des 2 mains, un ralentissement psychique, difficultés à trouver ses mots, des douleurs des oreilles, des flashes lumineux, et une sensation de douleur abdominale superficielle. Il fait lui même le diagnostic d'ADD. En l'absence d'oxygène au club (!!), il est dirigé vers un dispensaire  (1h pour avoir de l'O2 !), puis vers le caisson le plus proche. Les symptômes avaient bien régressé avant même de trouver de l'O2. Il note par contre l'apparition de "tâches" sur la peau. Il arrive au caisson environ 2h après de début des symptômes, où il n'a plus que les lésions cutanés de l'abdomen, l'examen neurologique étant normal. Le compte rendu médical du caisson révèle une rougeur (hyperhémie) des 2 tympans, prédominant à droite. Curieusement, le diagnostic retenu est un ADD "cutaneo articulaire" ( ???) plus barotraumatisme de l'oreille moyenne OM grade 1-2, et il bénéficie d'une seule séance de caisson. Il n'a aucune séquelle, dès la sortie du caisson.


L'analyse


Les profils de plongée sont corrects, il n'y a pas de fautes de procédures, le seul éléments notable étant l'effort de palmage pour ramener un des ses élèves lors de la première plongée du matin, alors que le niveau de saturation est encore bas, mais suivi d'un processus de correction satisfaisant (mi profondeur > 30 mn, palier de sécurité). L' ADD est certain, de début tardif, plus de 3 h. Les symptômes sont polymorphes : certains éléments sont cérébraux ( troubles de vision, fourmillement des 2 mains sans les bras, ralentissement psychique, troubles du langage) ; mais on retrouve aussi un barotraumatisme des 2 oreilles, que le patient ne dit pas avoir ressenti dans l'eau (?), mais responsable de douleurs secondairement, et enfin des "moutons" abdominaux, dans une forme un peu douloureuse. On comprend mal le diagnostic d'ADD articulaire, par contre l'ADD neurologique central n'est pas évoqué. A la décharge du caisson, il y a la barrière de la langue, et les signes neurologiques, que le patient décrits, ont tous disparus avant même l'arrivée à l'hôpital.

Dans ces conditions, la recherche d'un FOP a été préconisée au patient, sans conviction totale au moment de la consultation. A posteriori, ayant pu faire traduire la totalité du rapport d'hôpital ultérieurement, un élément est très faveur d'un FOP, qui la notion de barotraumatisme des 2 OM. Si le patient a forcé à un moment de sa 2° plongée sur des Vasalva au point de se faire un barotraumatisme, on devine qu'il a pu ouvrir un FOP, et enclenché un ADD cérébral et cutané.  Le patient a été perdu de vue après la consultation  mais il est peu vraisemblable, au vu de l'attitude, que la recherche ait été réalisée, et le délai de 6 mois respecté avant reprise de la plongée...



ce site a été créé sur www.quomodo.com