ADD et plongées yoyo

L'histoire

M X, 63 ans, MF1, 530 plongées sans incidents en 10 ans, en bonne santé, sans passé médical particulier. Il participe à une sortie club d'entrainement en fosse à -20m. Il fait 4 remontées assistées, et pris par le temps, ne fait pas de palier de mi profondeur, pour une durée totale d'immersion de 40 à 45 mn. Environ 20 mn plus tard, il ressent une sensation d'oppression thoracique, suivie de peu par des fourmillements dans les 2 cuisses. Il est emmené en hélicoptère au caisson, mais a récupéré de ses symptômes avant même sa séance hyperbare. Il ressort de l'hôpital le lendemain, totalement asymptomatique.


L'analyse


Il y a 2 types de symptômes ayant des origines différentes.

L'oppression thoracique est le plus difficile à interpréter, et en  même temps le plus imprécis. Si l'on raisonne en terme d'essoufflement (dyspnée) , les hypothèses sont nombreuses, mais aucune totalement convaincantes. L'âge pourrait faire penser à un problème cardiaque, mais le patient est en excellente santé. Le délai d'apparition va à l'encontre d'un œdème pulmonaire d'immersion. Il n'y a pas de problème pulmonaire connu, et la radio avant l'entrée en caisson élimine un pneumothorax. Le patient est en pleine de décompression sans doute un peu anarchique et le poumon est peut être un peu submergé de bulles, sans parler de "chokes" vrai, mais il n'y a pas d'ADD embolique d'accompagnement. Dans tous les cas, cette oppression est restée peu sévère.

Les signes neurologiques ne sont par contre pas ambigus : il s'agit d'un accident médullaire, attestée par l'atteinte sensitive des cuisses, dont le caractère bilatéral et symétrique signe l'atteinte médullaire au niveau des 2° et 3° racines lombaires. De façon évidente, la multiplication des plongées d'exercice, et sans doute l'absence de palier de mi profondeur, ont joué un rôle important dans le déterminisme de l'accident. Il faut être très prudent sur la notion de disparition des symptômes neurologiques initiaux lors d' ADD médullaire, car ils peuvent ré apparaître après un délai de quelques minutes à quelques heures, témoin de l'évolution de la "maladie de décompression". Le passage au caisson est parfaitement justifié.

Il est recommandé de limiter la multiplication des remontées  "yo yo", de les exécuter en début de plongée, et d'avoir un temps ensuite à une profondeur permettant une élimination douce du "bullage" induit. Tout ceci est logique, mais empirique, et il n' y a pas d'études permettant de donner des recommandations précises et documentées.

Selon les données de la FFESSM, en l'absence de séquelles, le patient a été autorisé à replonger après un délai de 6 mois.


ADD, yo yo, et FOP ?

L'histoire


M X, 51 ans, MF1 depuis 8 ans, plus de 800 plongées depuis 20 ans, en bonne santé, sans passé médical significatif. Il participe à un WE d'entrainement en carrière. Le 2° jour, la plongée se fait avec 2 élèves, et débute par 2 remontées assistées de - 20 à -10m, puis re-descente à -20m, pour un exercice d'orientation sous marine. Un des élèves a sur-consommé, et il ne lui reste plus que 60b. Durant la vérification du manomètre, le 2° élève gonfle son giler stabilisateur en voulant au contraire le purger, amorce une remontée rapide, et le temps que M X le rattrape par une palme, toute la palanquée fait surface. Il n'est pas possible de redescendre au palier de mi profondeur, en raison d'un problème d'oreille. A l'arrivée au ponton, M X doit être hissé car ses jambes ne le porte plus. Le temps de l'arrivée des secours, en 30 mn, il a récupéré totalement. Il est transféré au caisson où il arrive sans symptôme et bénéficie d'une seule séance. L'IRM cérébrale faite est normale. Une recherche de FOP par ETO est positive lors du Valsava, avec une micro fuite.


L'analyse


M X conduit son enseignement avec expérience et prudence, mais est victime d'un enchainement d'erreurs de ses élèves. La faiblesse des 2 membres inférieurs est typique d'un ADD médullaire. L'accident est avant tout du à une remontée trop rapide faisant suite à 2 remontées assistées menées prudemment, mais sans avoir eu le temps de faire du temps de plongée sous la mi profondeur. Le FOP est modéré, et sa relation de causalité peu vraisemblable. Les symptômes disparaissent en moins de 30 mn, mais le passage au caisson est prudent en raison du risque de voir se développer secondairement une maladie de décompression.

Après 6 mois, il est autorisé à reprendre la plongée, en respectant de principe les précautions FFESSM pour un FOP.

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