La balade de Roland

Randonnée Permanente proposée par le Codep de la Dordogne

3 circuits autour de Sarlat en Périgord Noir.

 

La ballade sarladaise

 

Dimanche soir 25 mai 2014

A l'issue d'une excursion en Périgord pourpre, mes proches m'ont déposé avec mulet d'acier et sacoches de bât à l'Oasis Sarladaise, chambre d'hôte située à la périphérie de Sarlat. Le hasard a fait que les propriétaires étaient venus récemment à Aire acquérir un adorable chiot. Connaissant le motif de mon séjour, ils me proposent fort aimablement leur assistance et le rapatriement au gîte en cas de survenance d'ennuis mécaniques au cours de mes trois boucles. Je descends à pied au centre ville situé à 20 minutes de marche. La cité médiévale est toujours aussi attrayante et les restaurants ne manquent pas en ce lieu touristique. Après avoir ingurgité une platée de tagliatelles, sucres lents obligent, je remonte prendre la météo. Contretemps : mauvais temps demain pour la journée entière. Si cela se confirme au moment du petit déjeuner, je modifierai la succession des circuits afin de commencer par le plus court. En effet, la randonnée permanente proposée par le Codep 24 laisse le libre choix de l'ordre et du sens des 3 circuits.


Lundi 26 mai

Il fait un temps à ne pas mettre un cyclo dehors. J'opte donc pour le circuit le plus court de 56 kms. Homme et sacoches vaudés et goretexés* de pieds en cap, je prends la direction des Eyzies avec le choix d'y faire viser un carnet de route ou de prendre en photo le musée de la préhistoire. N'étant un adepte de la "tamponite", les clichés numérisés des sites imposés seront adressés pour validation au responsable de la R P dès mon périple achevé. La pluie est froide et constante. Dès la sortie de la ville, La première rampe est ardue et je ressens une forte douleur à la cuisse. Je crains que mes crises périodiques de cruralgies se manifestent de nouveau et mettent fin prématurément à mon séjour. Ce ne sera pas la ballade mais la débâcle sarladaise, Waterloo un jour de pluie. Pour parachever le tout, la pochette plastifiée dans laquelle j'avais glissé ma feuille de route n'est pas étanche et le road book devient totalement illisible. Néanmoins, je parviens à gravir la première côte en grimaçant. La pluie incessante me pousse à faire l'impasse à regret sur les détours proposés pour visiter les cabanes du Breuil ou le château de Commarque. Dans les descentes, les freins ne répondent plus sur les jantes mouillées et je veille à ne pas prendre de la vitesse car un arrêt immédiat est impossible. Ma douleur s'est estompée et je parviens aux Eyzies. Le gardien du musée me prie de ne pas laisser mon vélo à l'entrée. Je n'ai pas d'autre choix que de perdre de vue ma monture et je détache mon sac de guidon que je débâche pour sortir l'appareil photo. Il en sera ainsi lors des deux autres prises de vues. Fort heureusement l'original de ma feuille de route est protégé dans mon sac bâché mais je me passerai aussi de la visite du village de Campagne qui ne doit certainement pas ressembler à celui des Landes.

Toujours rincé, je me rends à Saint Cyprien. Quel contraste avec nos vacances ensoleillées d'antan à la station balnéaire du même nom. Après avoir extirpé l'appareil photo et effectué quelques cadrages imposés de l'église, je cherche ma route pour Saint André d'Allas, troisième et dernier point photo à honorer. Deux panneaux me proposent le choix de me rendre à Sarlat par les coteaux ou par la vallée de la Dordogne. J'opte pour les coteaux, l'itinéraire le plus court. La première grimpée réveille ma douleur à la cuisse et rend le cheminement interminable sous la pluie incessante. Je dois en sorte m'arc-bouter sur ces maudits freins qui ne répondent pas lors d'une descente vertigineuse vers l'église de Saint André. Pas d'auvent protecteur sous le porche. Je satisfais à la hâte à l'ultime photo de la journée et je reprends la route de Sarlat en évitant un itinéraire non fléché, pas question d'encourir le risque de me perdre sous la lancinante rincée. Le raidard qui succède à une descente abrupte sera grimpé à pied car mes sur-chaussures empêcheraient un éventuel déchaussage intempestif. Toujours des rampes avant de plonger vers Sarlat dont la traversée s'avère pénible en raison d'une intense circulation. Par endroits je descends de monture et emprunte les trottoirs. Fourbu et en raison de la forte déclivité, je pousse aussi mon lourd mulet dans la dernière rampe menant à mon gîte. Il en sera ainsi les deux soirs suivants. J'espère que demain la météo sera plus clémente car aujourd'hui c'était éprouvant et frustrant compte tenu des beaux endroits laissés à l'écart. Constat rageant, la pluie cesse définitivement dès que je remise ma Rossinante.

* Vaude et Goretex sont une marque et une matière de différentes protections imperméables, tels vestes pantalons sur-chaussures et bâches de sacoches.

 

Mardi 27 mai.

Tiercé des circuits dans le désordre : hier le n°2, aujourd'hui le n°3 de 75 kms. Le n°1 sera pour le troisième jour. Côté temps, juste quelques gouttes matinales mais le soleil de midi va magnifier cette journée. R A S jusqu'à Saint Geniès, photo imposée du château. La forte descente avec arrêt photo (facultatif) au château de Lacypière laisse présager une dure montée. Elle le sera et des Anglais croisés à un kilomètre du sommet n'ont pas démenti.

L'arrivée à Carlucet et la pause photos de l'église m'ont permis de récupérer avant d'arriver à Salignac Eyvigues. Je contourne le village par la route de Souillac pour prendre la photo imposée du château puis je me dirige vers le jardin du manoir d'Eyrignac. Le coin pique nique à l'entrée me permet de m'attabler pour un frugal casse croûte. Je presse la bombe de lubrifiant sur la pauvre chaîne mise à rude épreuve la veille. Mais au même moment je constate que les patins de freins trop sollicités doivent être changés sans délai. Il va falloir demander une intervention urgente du Vélociste de Sarlat repéré dès mon arrivée dans la cité. La montée vers Eyrignac  qui m'avait émerveillé en voiture l'avant-veille me procure un plaisir accru sous le soleil retrouvé. Le bonheur est dans les prés périgourdins.

La rampe de Carlux qui s'ensuit n'est pas de tout repos. Carlucet , Carlux, décidemment, ces Car là sont haut perchés. Le village et son château valent le détour. Après avoir traversé la Dordogne, j'aboutis devant la boulangerie de St Julien de Lampon, boutique flanquée d'une tour qui lui donne un certain cachet. L'accorte boulangère me prévient avec l'accent : "pour aller au château de Fénelong, çà monte é". Trois chocolatines prestement englouties me prémunissent contre la fringale lors de la grimpée.

Après la redescente du château, règlementairement photographié, le ciel se couvre à Veyrignac mais le soleil a le dernier mot à Grolejac. Il me vient à l'idée de cadrer ce panneau dans l'objectif, ledit objectif étant de l'envoyer par mail à quelques Jacques de ma connaissance, pas forcément corpulents. Dans ce village je peine à trouver la piste cyclable qui me ramène à Sarlat.

Dans le centre ville médiéval, je prends avec amusement quelques clichés de la boutique Delpeyrat afin de rappeler à mon épouse que la maison mère a été fondée dans la cité natale de La Boêtie.

En remontant vers mon gîte, je fonde mes espoirs sur le beau temps pour la dernière boucle du lendemain.

 

Mercredi 28 mai.

Comme initialement décidé, le circuit n° 1 de 62 kms sera le 3ème. Dès le départ, arrêt convenu chez Véloland. Le patron monte prestement les indispensables patins neufs affectés à la maîtrise du percheron dans les descentes. Je ne prends pas la piste cyclable pour aller à Carsac car je ne veux pas risquer de ramasser quelque funeste épine. Le paisible parcours le long du Cingle de Montfort est un régal et m'emmène naturellement vers Domme, l'Acropole du Périgord ; le panorama extraordinaire sous le soleil constitue le must du séjour. Puis c'est à pied que je m'imprègne de la vitrine du Périgord : la Roque Gageac adossée à sa falaise. Pour une raison de déclivité et non d'ordre contemplatif, c'est aussi à pied que j'accomplis l'ascension au château de Castelnaud. Le mulet en est pénible à pousser. Un jardinier m'avise hélas trop tard que j'aurais pu prendre le sens interdit réduisant ainsi de moitié distance et dénivelé, bref, j'aurais pu éviter cette difficulté. La grimpée au château des Milandes est bien plus abordable. Bien m'en a pris de prendre à distance l'édifice en photo car il n'est pas visible du portail d'entrée. J'ai une pensée pour Joséphine Baker, la meneuse de revue mais aussi résistante et adoptive de ses douze enfants de toutes origines qu'elle appelait sa tribu arc en ciel. Il faut reprendre la route car la boucle n'est pas terminée. Petite hésitation lors de la traversée d'Allas les Mines mais par la suite toutes les destinations s'avèreront bien indiquées. La progression vers le château de Beynac déjà regardé dimanche est magnifique mais le soleil refuse de m'accompagner, dommage. Ultime photo devant la forteresse afin de boucler la validation de ma randonnée permanente. Le retour vers Sarlat par la grande route sera pénible, une côte interminable, une circulation insupportable sont contrariantes en cette fin de journée.

.La beauté des sites du Périgord noir attire les foules, les foules viennent et la sérénité des excursions à vélo s'en trouve réduite, tel en est l'inconvénient.

Demain je reprendrai cette voie en sens inverse pour aller à la rencontre des miens.

 

Jeudi 29 mai.

Je quitte l'Oasis Sarladaise et ses charmants propriétaires après une dernière caresse à Gipsy, la petite chienne d'ascendance aturine. Aujourd'hui il faut arrimer les lourdes sacoches rebondies sur les porte bagages avant surbaissés. Comme prévu, le flot incessant de voitures à la sortie de Sarlat me contraint à grimper à pied la première côte de la D57 en me tenant prudemment sur la partie gauche de l'accotement. Décidemment, il est préférable d'éviter la période estivale pour effectuer cette R. P. Je fais une brève halte à St Cyprien, ensoleillée cette fois, puis Je reprends tranquillement le chemin du retour. Nous sommes le jeudi de l'Ascension, ce qui rend les miens disponibles pour me récupérer, selon ma prévision, aux environs de Belvès. La fraîcheur matinale s'estompe et après avoir ôté mon blouson à la bifurcation de Siorac, je profite d'un banc opportun pour me délecter des biscuits gentiment offerts par mes hôtes sarladais.

Je repère le véhicule 40 en stationnement dans le centre de Belvès, vide d'occupants, mais le téléphone portable facilitant les jonctions, j'étreins rapidement mes proches avec un évident plaisir. Il s'ensuit un agréable pique-nique à Monpazier puis nous partons visiter Villefranche du Périgord. Je trouve cette petite bastide aux murs de pierres dorées charmante, mais semble-t-il presque engourdie, la faute à tous les rideaux baissés des petits commerces. Toujours l'exode rural qui ôte insensiblement la vitalité à ces bourgades de la France profonde.

Le chemin du retour me parait interminable et c'est avec bonheur que je finis par retrouver mon foyer et nos setters irlandais aussi nommés diables rouges qui gambadent joyeusement autour de nous.

 

La belle ballade sur le sol sarladais est achevée. Comme le chantait doucement Bourvil, je n'ai pas vu d'oranger...

Belvès: fin de balade

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Les prés du Périgord

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Château de Beynac

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Château des Milandes

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Au pays de Jacquou le croquant

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Domme: Porte des tours

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Cingle de Montfort

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Château de Fénélon

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Château de Saint Géniès

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Eglise de ST André d'Allas

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Saint Cyprien

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