Un enfant trisomique en milieu ordinaire.

Le parcours exemplaire de Nicolas Bellec.

Nicolas est trisomique. Depuis sa naisance, sa mère a tout fait pour le maintenir dans le milieu scolaire ordinaire. Parvenu aujourd'hui en CAP de vente, il peine à trouver une entreprise pour mener à bien sa formation en alternance.

Nicolas Bellec à 20 ans. Brun aux yeux noirs, son visage est éclairé par un grand sourire chaleureux. Elève en CAP employé de commerce multi-spécialités, il en explique la finalité : " Je travaillerai dans les réserves ou dans les rayons pour renseigner les clients, stocker la marchandise, vérifier les bons de commande et de livraison, tamponner les carnets de commandes ou mettre en rayons les produits . " Sa formation lui plaît : " Au lycée, ça se passe bien, juge-t-il. Les professeurs sont contents de moi. Je suis plutôt bon en math, mais ce qu je préfère, c'est le sport ".Valab. Nicolas pratique d'ailleurs la natation dans un club à Issy-les-Moulineaux (92), où il habite. Nicolas a presque la vie d'un garçon de son âge. A cette diffèrence près qu'il est trisomique. L'enjeu pour lui, aujourd'hui : trouver une entreprise d'accueil pour mener à bien so CAP en alternance, une semaine au lycée, une semaine en entreprise. " C'est un véritable parcours du combattant ", souligne Catherine Bellec, sa mère, qui n'est pourtant avare ni de son temps, ni de son énergie pour favoriser l'intégration de Nicolas. " Les employeurs craignent sans doute le regard du public et sont très frileux pour ouvrir leur portes à des trisomiques. Combien de CV envoyés par Nicolas sont-ils restés sans réponse "!

OBJECTIF : la vie la plus normale possible.

Depuis la naissance de leurs fils et l'annonce de son handicap, ses parents poursuivent un seul objectif : l'aider à acquérir un maximum de capacités pour lui donner toutes les chances de mener une vie la plus normale possible . " Un enfant trisomique qui vit parmi des enfants ordinaires et qui est stimulé sur le plan psychomoteur peut progreser beaucoup plus qu'un enfant placé en établissememt spécialisé ", explique Catherine Bellec. Dès le début de sa vie, Nicolas fréquente d'abord la crèche, puis la maternelle. " Nous gardons tous un souvenir agréable de cette époque ", note-elle.

L'entrée en primaire se révèle plus problèmatique, car il s'agit de trouver une école acceptant les enfants handicapés, ce qui n'est pas le cas de tous les établissements. C'est par l'intermédiaire de l'Apei, l'association des parents d'enfants handicapés mentaux, de Catherine Bellec trouve une école primaire ouverte aux enfants trisomique.Aïta

Toujours plus d'épreuves.

Pour y être admis, Nicolas doit faire un stage, c'est-à-dire un test : pratique à laquelle il devra se soumettre à toutes les étapes de sa scolarité ! Heureusement, le jeune garçon réussit l'examen et suit une école primaire adaptée. " J'ai le souvenir d'instituteurs très impliqués dans son apprentissage ", précise sa mère. Avant d'adapter : " le handicap mental ne laisse personne indifférent, dans les deux sens : il suscite soit un blocage complet, soit un fort investissement de la part des professionnels. " Si Nicolas a été si bien accueilli, c'est certainement parce qu'il était un petit garçon sympathique, affectueux...Et très bien élevé. Ses parents ont en effet toujours veillé à lui inculquer les règles de la vie en société, afin qu'il ne soit pas rejeté à cause d'un comportement déplacé. " C'est une grande injustice, épingle sa mère : quand un enfant normal grimpe sur un canapé, on dit qu'il est mal élevè. Le même écart, venant d'un trisomique, ne ser pas accepté ".
Après l'école primaire, et comme à chaque fin de cycle scolaire, se repose la lancinante question : quel établissement trouver pour Nicolas ? En 1995, les U.P.I. ( unité pédagogique d'intégration, classes d'accueil des trisomiques en collège ) n'existent pas encore.tcha
Pour éviter l'établissement spécialisé, Nicolas n'a d'autre choix que de rejoindre une section d'enseignement spécialisée, classe dédiée aux élèves en échec scolaire, ouverte à quelque jeunes handicapés mentaux. Nicolas intègre un collège de banlieu et se trouve en butte à l'agressivité des autres adolescents. Ce fut une période ardue pour lui.

LA GAGEUSE DE L'INTEGRATION SCOLAIRE.

Les années lycéens arrivent : sa mère entend parler du lycée d'enseignement professionnel privé Georges Guérin ( Neully, 92 )qui propose à des jeunes porteurs de handicaps mentaux légers une formation de quatre ans pour les conduire vers le milieu du travail. Nicolas progresse et obtient, à 19ans, un "vrai" diplôme, le CFG, l'équivalent de l'ancien certificat d'étudesUn diplôme, oui, mais pour travailer où ? Sa mère sollicite les structures d'insertion pour handicapés, mais celles-ci sont plutôt orientées vers les personnes souffrant d'un handicap physique.Coup de chance : au même moment le LEP de Nicolas crée un CAP pour les jeunes de faible niveau scolaire.fin colère. C'était sans compter avec la difficulté de trouver une entreprise d'accueil pour se former en alternance. Armelle Duquet, directrice du lycée constate : " Nous avons un mal fou à convaincre les employeurs d'accueillir nos élèves trisomiques. Pourtant, ce sont des jeunes appliqués, respectueux des règles. D'ailleurs, les entreprises qui les accueilent leur reconnaissent souvent plus de conscience professionnelle que les autres "insiste la directrice. Reste à accepter une période d'adaptation plus longue que pour les jeunes ordinaires.
Depuis deux semaines, Nicolas a enfin trouvé un stage chez un libraire grossiste . " Ca se passe bien ", dit-il, laconique. Sa mère, croise les doigts pour que l'entreprise le garde en alternance pour son CAP. "C'est maintenant que l'intégration est la plus problèmatique, reconnaît-elle. Justement au moment où c'est crucial pour lui, car c'est son avenir qui se joue".
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