Témoignage

"Avec les maths, j'ai contourné mes problèmes".

Xavier Taupenas est "dys".Dyslexique,dysorthographique,dyspraxiqueet dyscalculique. Des mots qui inquiètent. Des troubles qui demandent volonté et investissement pour réussir.Parcours d'un jeune homme qui a su se créer des strtégies de compensation.

A quel moment vous a-t-on diagnostiqué dyslexique ?

J'ai été diagnostiqué très tôt car dès la maternelle, je présentais des troubles au niveau de la logique.Puis au CE1, le diagnostic a été confirmé.Je suis dylexique,dysorthographique,dyspraxique et dyscalculique,tout cela sous des formes moyennes.Jusqu'à 18 ans 18 ans, j'ai bénéficié d'un suivi orthophonique à hauteur de deux séances par semaine. A l'école, j'étais un cas marginal. Les institutrices manquaient sans doute d'outils et de formation.C'est ma mère,prof de maths,qui leur expliquait comment fonctionner avec moi.BABYLONE

Comment s'est déroulée votre scolarité ?

J'ai rencontré de très grosses difficultés pour apprendre à lire et à écrire.C'était une catastrophe.Ma Mère a sacrifié de nombreuses heures pour m'aider.On travaillait jusqu'a minuit tous les jours.Quand on est dyslexique, il faut travailler deux fois plus que les autres pour obtenir des notes correctes sans qu'elles soient exceptionnelles.Il y a une grosse part de volonté. Au fil du temps,j'ai adopté des moyens de compensation.Par exemplepongola, il m'arrive parfois de répéter des phrases que j'ai entendues avant de les écrire.De même,faire des schémas ou écrire sur un brouillon peuvent aider.Et puis,je m'en sors assez bien à l'oral.Pour preuve, au bac de français, alors que j'ai obtenu un 4/20 à l'écrit, j'ai eu un 16 à l'oral.J'ai suivi un bac scientifique.Dès la troisième, j'ai compris que c'étais dans ce domaine que je m'en sortais le mieux.J'ai même été major de ma promo à la faculté.

Avez-vous bénéficié d'aides spécifiques ?

J
e ne souhaitais pas particulièrement être accompagné d'une AVS, alors nous n'en avons jamais fait la demande.Par contre, j'ai bénéficié du tiers-temps dès le lycée. Le temps supplémentaire qui m'était accordé durant les examens me permettait de relire attentivement ma copie et d'y corriger un maximum de fautesA la FAC, des pôles d'accueil des handicapés aident les étudiants.Ils prévoient les plannings des partiels, qui diffèrent des autres étudiants du fait des aménagements.

Vous allez bientôt enseigner les mathématiques. Allez-vous aborder la question de la vie dyslexie avez vos élèves ?

Oui,j'ai pour l'instant réussi les écrits du CAPLP pour enseigner les mathématiqueset la physique en lycée professionnel.Je stresse un peu à l'idée d'avoir à écrire au tableau. Il y aura forcément des fautes qui se glisseront ici ou là.Je pense que je  serai honnête avec les élèves.Peut-être que je ne nommerai pas tout de suite la dyslexie mais je les préviendrai qu'ils risquent de devoir me corriger.C'est une question délicate tant vis-à-vis des élèves,des futurs collègues que face à la mission qui nous est confiée en tant qu'enseignant. Il nous est demandé de posséder une parfaite maîtrise de la langue française écrite et orale.Or, je ne maîtriserai jamais parfaitement l'écrit.Je pense d'ailleurs que sans la reconnaissance de ma dyslexie par le bureau de l'insertion des étudiants en situation de handicap ( BIESH), je n'aurai pas pu faire la fac.

Comment définiriez-vous la dyslexie ?

C'est un trouble qui handicape au quotidien, même si j'ai du mal à me considérer comme handicapé.Petit,je ne m'en rendais pas compte. C'est en devenant autonome que j'ai pris conscience que la dyslexie provoque certaines gênes.Je ne peux pas écrire un mail ou une lettre sans me faire corriger.Seul,jene peux pas m'occuper des courriers administratifs ou écrire une lettre de motivation.Heureusement, même si je suis "dys",il y a toujours un moyen de compenser.

" REDUIRE LES INEGALITES"

Vous êtes déléguée départementale de l'association Dyspraxiques mais fantastiques (DMF) dans les Bouches-du-Rhône.Quels sont vos objectifs et quel genre d'actions menez-vous ?

Notre mission est avant tout d'accompagner les parents, leur donner des conseils, répondre à leurs questions. La dyspraxie relève la plupart du temps du champ  du handicap. Nous expliquons et orientons les parents afin que leur enfants puisse obtenir les aides humaines et matérielles dont il aura besoin.Les nouvelles générations ne doivent pas souffrir comme les précédentes. Elles doivent être dépistées à temps pour faire que la prises en charge soient efficaces et éviter des orientations inadaptées.ça de wizz
Nous participons également à la formation des AVS et des enseignants de l'académie. Des cafés dys sont organisés ainsi que des soirées à thème. Ces journées rencontrent un vif succès.

A QUOI RESEMBLE LE QUOTIDIEN D'UN ENFANT DYSPRAXIQUE ?

L'enfant dysprasique a des problèmes d'automatisation du geste. Il y a une discordance entre l'acte voulu et l'acte réalisé. Prendre son biberon dans ses mains, nouer ses lacets, couper sa viande, sont autant de gestes automatiques que l'enfant dyspraxique aura des difficultés à effectuer. La dyspraxie arrive rarement seule. D'autres troubles dys sont associées comme les troubles de l'attention, la dysgraphie, la dyslexie...Une fois le diagnostic posé, les prises en charge rééducatives sont nécessaires et pluridisciplinaires . Les séances de psychomotricité travaillent le schéma corporel, la motricité fine et globale et la coordination oculo-manuelle.Un ergothérapeute intervient parfois pour accompagner l'enfant dans son environnement et l'utilisation de matériel de compensation. S'ajoutent ausi des séances d'orthophonie, de rééducation orthophonique si l'enfant présente des troubles neurovisuels et même un suivi psychologique lorsque l'enfant souffre d'une mésestime de lui-même ou d'un trouble attentionnel avec hyperactivité.nouville direct. Son emploi du temps est donc très chargé alors que se sont en général des personnes plus fatigables du fait de leurs troubles. Tous ces soins ont un coût que certaines familles ne peuvent pas assumer car tout n'est pas pris en charge par la sécrité sociale.Avec la fédération française des dys, à laquelle DMF est affiliée, nous oeuvrons afin de faire évoluer ces inégalités.

VOUS ÊTES VOUS MÊME MAMAN D'UN ENFANT DYSPRAXIQUE, QUEL A ETE VOTRE PARCOURS ?

C'est un peu un parcours du combattant comme pour tous les parents. Au début, on voit que l'enfant fonctionne différemment.Mon fils n'arrivait pas à tenir son biberon, il se cognait souvent ne savait pas se moucher, ne s'habillait pas seul ou encore ne mangeait pas proprement et ne dessinait jamais. On comprend le sens de tous ces signes quand le diagnostic tombe.Sa chance est qu'il possède une bonne mémoire et a su développer des stratégies de compensation.histoire à jeulin. Il a été diagnostiqué à 7 ans - 8 ans .Mais dès la maternelle, je pense qu'on peut parvenir à deceler certains troubles. Il y a les gommettes, les coloriages où l'enfant ne doit pas dépasser les traits ou le fait de savoir fermer ses petits boutons seul...Si les enseignants de maternelle étaient formés, ce serait une richesse pour le dépistage précoce.
En terme de compensation, mon fils a bénéficié d'une AVS dès le CM1. Il travaille en outre avec un ordinateur et des logiciels spécifiques. C'est le cas de la plupart des enfants dyspraxiques. L'ordinateur est presque un outil indispensable.Aujourd'hui il est en 3ème, sa scolarité est variable mais il est cultivé, s'intéresse à plein de choses et espère suivre des études juridiques ou s'orienter dans l'enseignement.


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