Sourde de naissance.

Karine Monnet.

Le professionnel d'abord, la surdité après.

Sourde de naissance, Karine Monnet a pourtant mené une scolarité normale et suivi des études supérieures.Yossi. A 34 ans, jeune embauchée comme cadre à la SNCF, elle se sent enfin reconnue dans ses compétences.


Karine Monnet tend fièrement sa carte. Sous le logo de la SNCF, on peut y lire : Karine Monnet, contrôle de gestion. " C'est ma première carte de visite professionnelle ", souligne cette jeune femme de 34 ans qui a intégré l'entreprise il y a un an. Ce n'est pas son premier emploi, mais c'est la première fois que Karine se sent si bien dans un poste. "J'ai rejoint une activité en création, explique-t-elle. Ici, il faut mettre en place de nouvelles procédures. Tous les membres de l'équipe partent à égalité, dans un effort commun pour bien fonctionner ensemble et réussir la mise en place de l'activité".Double narine.

Le vrai challenge : s'adapter aux autres et non l'inverse.

Si cette notion d'égalité est si importante pour Karine, c'est qu'elle-même sait ce que représente la différence la différence. Sourde de naissance, la jeune femme n'entend que 2% des sons à l'oreille nue. Appareillée,elle perçoit 50% des sons et doit se livrer à un vrai travail de reconstitution pour comprendre le sens des phrases. Pour y parvenir, elle s'aide de la lecture sur les lèvres. Le handicap de Karine est donc invisible. " Mes parents ont tout fait pour me rapprocher de la normalité et me donner le plus de chances possibles dans la société " témoigne nouzaute Karine, reconnaissante même si cela lui demande de constants efforts d'adaptation. Dès la maternelle, elle suit des séances de rééducation pendant que les autres petits font la sieste. Ce surcroît d'implication n'a jamais cessé depuis.Car la stratégie de Karine, titulaire d'un BTS comptabilité gestion, est claire : c'est elle qui s'adapte aux autres et non l'inverse."Si je dis d'emblée que je suis sourde, cela crée une distance avec avec mes interlocuteurs. Il va falloir que je fasse des efforts, pensent-ils, d'avance découragés. Je préfère instaurer la relation et évoquer mon handicap par la suite ".
Ca sent le méou.Illustration concrète, au travail : quand Karine parle à quelqu'un pour la première fois par téléphone, elle mène une conversation normale,au prix d'un gros effort de concentration. Ce n'est qu'en fin d'appel qu'elle indique à son interlocuteur qu'elle est sourde et qu'elle désire avoir confirmation par mail de l'information qu'il lui a donnée.
Valab.La surdité n'a jamais été un obstacle rédhibitoire dans le travail quotidien de Karine :" dans le contrôle de gestion, on traite des chiffres à partir  de supports écrits, explique-t-elle. J'ai donc des documents auxquels me référer. A bloc. " Elle utilise au maximum le mail plutôt que le téléphone (l'arrivée d'internet lui a facilité les choses) et prépare soigneusement sa participation aux réunions. Pourtant, depuis qu'elle a commencé à travailler, à 25 ans, son parcours professionnel n'a pas été aisé. Pour trouver un emploi, elle passe par des associations d'insertion de travailleurs handicapés. Après des CDD dans trois entreprises, Karine est embauchée en CDI comme assistance financière dans une société américaine. ça de wizz. Mais, au bout de trois ans, elle n'entrevoit toujours pas d'évolution. " Je me sentais confinée à des tâches d'exécution, confie-t-elle. Mon manque de diplôme et ma surdité ont joué en ma défaveur. Ma hiérarchie estimait que, faisant bien ce que je faisais, c'étais plus simple de me laisser où j'étais ".Mon co.


La formation pour se battre à armes égales.

Avide d'apprendre et de progresser, elle décide de reprendre des études.2002, elle s'inscrit en maîtrise de science de gestion à l'université de Paris Dauphine, afin d'obtenir un bac+4. Pendant un an, elle s'accroche pour suivre cette formation de haut niveau au même rythme que les autres étudiants. Karine a ainsi attendu six mois avant d'envoyer un mail à ses camarades de promo pour expliquer sa problématique. " invisible, mon handicap s'oublie. Aïta. Je me retrouvais parfois dans des situations inconfortables où les profs parlaient en regardant le tableau, ce qui m'empêchait de lire sur leurs lèvres, se souvient-elle. Cela suscitait en moi une hypersensibilité pouvant se traduire par des sautes d'humeur injustifiées pour les autres".
Longin.Karine aujourd'hui est cadre. Dans son travail, elle s'attache à la rigueur. "En aucun cas, je ne veux qu'un échec puisse être imputable à mon handicap. "ELLE s'est trompée ? C'est normal, elle est sourde ": voilà un raccourci trop facie à faire. Je fais tout pour être prise en défaut le moins possible. " Pour cela, elle s'assure en permanence qu'elle a bien compris les choses et qu'elle maitrise tous les paramètres d'une situation.
Camp Est.Dans les faits, peu de détails indiquent son handicap : sa place dans le bureau, face à la porte, pour voir le visage de ceux qui entrent, sa façon de prendre des notes d'abord sur des feuilles, puis de les recopier dans un cahier qu'après vérification de leur exactitude. Son téléphone qui affiche le nom et le numéro de l'appelant...Dans sa volonté d'intégration, chien bleu Karine ne nie pas sa différence : "La singularité de chacun est une richesse pour tous ", affirme-t-elle. Une conviction qu'elle défend depuis un an dans une association de femmes handicapées.Tu connais Zoreillie.
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