Il est autisme mais il vivra normalement.

Son combat pour son fils Louis " Francis PERRIN.

Les deux hommes évoquent leur complicité à la ville et à la scène comme "une chose rare". Rare comme l'optimisme de Françis Perrin, face à l'autisme de son fils Louis, 6ans et demi, en voie "d'adaptation à la "norme".Des résultats "pas volès", souligne l'acteur en mimant son tabous les gestes de souffrance de son enfant, avant qu'il ne suive le traitement ABA ( analyse appliquée du comportement ) qui lui a dit dit-il,"rendu sa dignité".Claquer un coup de pêche
Entre deux représentations d'une tournée qui se prolongera jusqu'en mai, les compères, très flattés de la comparaison de leur duo à celui que formaient Jean Poiret et Michel Serrault, parlent volontiers de leur métier, mais aussi du handicap de leur enfant." Un autre parallèle entre nous", commente Jean Luc Morea, dont le fil romain, né prématurément et âgé de 20ans, est lui, handicapé moteur.

Votre complicité est totale.
FP. Oui. C'est merveilleux de jouer avec des comédiens qui se renvoient la balle. Il n'y a pas: moi, je fais rire et pas l'autre. Et on s'amuse. Une phrase de Marcel Achard devrait, à mon avis, être l'apanache de tous les acteurs qui veulent faire rire: " il ne s'agit d'être drôle, il sagit d'être gai". C'est aberrant de dire qu'on a marre de jouer ! Dans ce cas, il faut changer de métier.

JLM. Avoir six cent personnes dans la salle, c'est une chance rarissime. On se set redevable à quelqu'un qui sort 30, voire 100 euros de sa poche, alors on ne s'autorise aucune baise de forme.

Vous avez, l'un et l'autre un enfant handicapé. Comment avez-vous réagi lorsqu vous avez découvert ce handicap ?
FP. C'est mon épouse qui s'en est apercçues très vite. Elle a vu qu'il avait des réactions que seule une mère peut sentir. Moi je disais : il prend son temps, il a du retard...
Depuis, je m'investis énormément dans une association pour enfants ayant des troubles du comportement. pas à pas, justement pour qu'un diagnostic précoce soit imposé très tôt, entre 6 et 10 mois pour l'autisme, mais aussi pour toutes les formes de handicap.On a vu des médecins qui ne prononçaient jamais le mot " autisme".
EST-CE UN MOT TABOU ?
E.P.Ah ça oui! Il y en a aussi un qui nous a déclaré : " Faites le deuil de votre enfant,passez à autre chose. " Un grand professeur de l'hôpital Necker !brouter le coltar!
J.L.M. Sur les médecins, on peut raconter tout et son contraire.Mon fils Romain, aujourd'hui âgé de 20ans, est né prématuré à 6mois et demi. Son frère jumeau est mort. Lui, est handicapé moteur et marche avec un déambulateur. Je pense que c'étais mieux que les médecins ne nous révèlent que par paliers l'ampleur du cataclysme, car j'ai vécu cela comme une tratégie. Aujourd'hui, j'ai accepté et lui aussi. Je lui dis que certains handicaps invisibles sont plus gênants.
F.P, comment avez-vous réagi après ce verdict sans appel du ponte ?
F.P. On a répondu non. Et on a fait des recherches, avant de rendcontrer Vinca Rivière,Profeseure à l'université de Lille III et qui enseigne l'ABA en Fance ( analyse appliquée du comportement ), un traitement uniquement éducatif de stimulation qui réussis dans le monde entier depuis quarante ans. Il consiste à réaprendre, en permanence, les choses qu'un autiste ne sait pas faire : boire,manger, parler, communiquer, marcher aller aux toilettes Louis a commencé ce traitement à 2 ans et demi et, à 6ans et demi, il parle il court, il communique.Il va à l'école publique,même s'il est encore accompagné par un éducateur. Il sait lire et écrire, mais le plus important, c'est qu'il ait les codes pour vivre. Il est débarrassé de ce qu'on appelle les stéréotypies...Il ne se tape plus la tête contre les murs. Et il va vers l'autonomie d'ici un an, au plus tard deux ans, pour vivre normalement au milieu de gens dits normaux.

ALORS QUE DES PARENTS TOTALEMENT DESORIENTES EN VIENNENT A TUER LEUR ENFANT AUTISTE, COMMENT SE FAIT-IL QU'UNE TELLE METHODE NE SE DEVELOPPE PAS ?
F.P. Le grand problème, maintenant, c'est la formation de tous les intervenants car, pour le moment, iln'y en pas. Or il en faut au moins deux par enfants.Il ne faudrait pas, par ailleurs, que des gens se disent " tiens, je vais faire ABA" juste pour gagner de l'argent.

CETTE METHODE N'EST PAS ACCESSIBLE AUX PLUS MODESTE.
F.P. La thérapie n'est pas prise en charge puisqu'elle ne recourt pas aux médicaments. Quand Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, est venu inaugurer le Centre Camus, il a eu les larmes aux yeux en costatant les progrès des enfants qu'ils avait vus deux ans auparavant. Et il y a eu le plan pour l'autisme. Maintenant, il faut que l'argent soit distribué à bon escient. Au Centre Camus, qui a reçu une subvention de l'Etat, il y avait six enfants, il y en a maintenant vingt et un qui sont pris en charge gratuitement. Mais il reste du monde à la porte ! Plus de mille.C'est donc une goutte d'eau dans la mer, mais ça commence à évoluer. Et, au-delà du problème financier, les parents doivent prennent le relais à la maison parce que, lorsqu'il sort du centre, l'enfant reste évidemment autiste.barrer en papaye

J.L.M. Pour Romain, qui se trouve dans un centre spécialisé à Salies-de-Béarn, c'est moins le désert qu pour les autiste.Mais il n'est pris en charge qu'à 80%. Et je ne sais pas ce qu'il deviendra quand je disparaîtrai. Il faut donc prévoir des assurances-vie, ce qu ne peuvent pas faire les plus démunis.

POUR EN REVENIR A LA METHODE ABA, DES DETRACTEURS PARLENT DE DRESSAGE.
F.P. Oui, c'est du dressage ! Mais comme pour les autres enfants, sauf que là c'est plus intensif. Louis, on lui a appris à être propre ! Vous imaginez ce que c'est un enfant ou un adolescent qui ne l'est pas ? Moi, j'appelle ça rendre sa dignité à un humain. On n'allait pas le laisser faire sous lui toute la journée. Ajourd'hui Louis est heureux, il trouve d'autres amusements que de tourner autour de la table durant deux ou trois heures. Est-ce mieux de laisser ces enfants s'automutiler, se déchirer les mains et ne manger que de la bouillie ou du yaourt ? Non ! Il faut leur apprendre à ne pas être comme ça. Ce n'est pas que du dressage, c'est de la stimulation. Louis restera autiste, mais il aura une vie normale. Il sera autonome. Il restera spécial, comme plein d'autres. Je connais des chefs d'orchestre, des comédiens, un gastro-entérologue qui ont appris les codes de communication de la vie, tout en gardant leur spécificité. Dans les hôpitaux de jour, on voit des adultes bourrés de médicaments, de calmants. On se demande où sont les progrès. Je ne fais pas du prosélytisme, mais je pense que les parents doivent au moins avoir le choix.voilà lui

FRANCIS PERRIN EVOQUE UN CADEAU FARDEAU. Et vous ?
J.L.M. Je ne suis pas croyant comme Françis, mais j'ai été très soulagé lorsque j'ai vu que Romain avait des petites amies.

F.P. La première fois que LOUIS a communiqué, c'étais avec ma fille aînée. Ils jouaient au toboggan, il lui a dit : "pousse-moi, Louise !"
 POUSSE-MOI, Louise !, qu'il lui a dit.
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