Handicap et emploi.

Les travailleurs handicapés revendiquent leurs compétences.

VICTIME d'une chute dans les escaliers, Evelyne Ramelet, à 47 ans, se retrouve handicapée et immobilisée pendant plusieurs mois. Depuis son lit d'hôpital, elle écrit des recettes de cuisine pour des sites internet. " J' ai vite senti que mon salut viendrait du travail, se souient - elle . L'ordinateur était mon échappatoire". La vie professionnelle est bien un facteur clé de l'épanouissement, de l'autonomie des personnes handicapées, comme de leur intégration sociale.
En France, plus de 900 000 personnes reconnues handicapées se retrouvent sur le marché du travail. Quelque 120 000 fréquentent des structures spécifiques offrant des conditions de travail aménagées ( dans des centres d'aide par le travail ou CAT )  et 500 000 travaillent en milieu ordinaire, au même titre que les salariés valides. Mais plus du quart d'entre elles sont à la recherche d'un emploi. Le taux de chômage des personnes handicapées atteint en effet 25%, soit plus du double de celui de la population active.

Les employeurs, engagés ou contraints ?

Car si la loi du 10 juillet 1987 impose aux entreprises d'au moins 20 salariés d'employer 6% de travailleurs handicapés, moins de la moitié ( 45% ) remplissent cette obligation. Les autres préfèrent payer une contribution à l'Agefiph ( le fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées ) plutôt que de respecter ce fameux quota de 6%.
Des raisons objectives expliqueraient en partie cette situation : la population des travailleurs handicapés est dans l'ensemble moins qualifiée et plus âgée que la moyenne des actifs. Mais le plus grand obstacle à l'accès à l'emploi, c'est la représentation que se font les valides - employeurs comme salariés -  du handicap. " Pour beaucoup, une personne handicapée, c'est quequ'un de toujours absent, moins productif et moins adaptable qu'un salarié valide " résume Evelyne Ramelet, qui a depuis créé une société de communication. Sans parler des craintes liées au coût de l'aménagement du poste de travail, ou aux supposés problèmes d'intégration parmi les autres salariés. Autant d'a priori inexact, souvent liés à un manque d'information des employeurs plus qu'à de la mauvaise volonté. " La difficulté, c'est le premier recrutement. IL nécessite une sérieuse préparation du terrain dans l'entreprise. Mais une fois que le travailleur handicapé a fait ses preuves, l'état d'esprit change", explique Emmanuel Constants, président de l'Adapt ( association pour la réinsertion sociale et professionnelle des personnes handicapées ). Ce que confirme un sondage Louis Harris/Agefiph : 87%des entreprise qui emploient un travailleur handicapé sont satisfaites de cette expérience.
Car dans les faits, l'emploi de travailleurs handicapés se déroule mieux que ne l'imaginent les entreprises. Tout d'abord, un réseau d'intervenants peut aider l'entreprise à toutes les étapes clés de son recrutement ( sélection des candidats, formalités d'embauche, études d'aménagement du poste de travail...). Ensuite, la compétence et la motivation des travailleurs handicapés constituent un facteur majeur d'insertion. " Parvenir à surmonter toutes ces difficultés pour trouver un emploi, cela forge le caractère !" souligne François Augé, chargé de mission à l'association d'insertion Ohé Prométhée. Un constat partagé par Savac (78), une PME de transport qui a eu recours aux travailleurs handicapés pour lutter contre un important turn-over. La société, qui compte aujourd'hui 19 travailleurs handicapés sur 291 salariés, se félicite de son choix." Les personnes handicapées sont plus fidèles à l'entreprise, estime Stéphanie Chardon, DRH. Elles son également plus motivées car elles ont souvent peiné avant de retrouver un emploi ".
"Une motivation surdéveloppée que nous font partager Karine Monnet, aujourd'hui contrôleur de gestion, et Nicolas Bellec qui passe aujourd'hui son CAP Vente.

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