L 'Abat l'oiseau



L'abat l'oiseau est un tir ancien, qui daterait de l'antiquité. On dit qu’Ulysse et ses compagnons, lors de leur voyage maritime, avaient attaché un oiseau au mat de leur navire et devaient lui rendre la liberté en coupant, avec leurs flèches, le lien qui le retenait prisonnier.
Certains prétendent qu'il est encore plus ancien, et que l'homme préhistorique s'efforçait déjà de toucher les oiseaux simplement parce que c'était difficile.

La tradition du tir à l'oiseau (appelé pendant très longtemps: Tir au papegay ou papegault parce que l'oiseau de bois pris pour cible ressemblait à un perroquet) date depuis la création des Compagnies. L'oiseau, utilisé de nos jours, est plus petit (de la taille d'un moineau).

L'abat l'oiseau est la journée la plus importante pour la Compagnie. Tous les membres sont convoqués, et leur présence est obligatoire. Le tir est précédé d'un cortège: en tête vient le tambour suivi du porte-drapeau, l'empereur, le roi de l'année précédente, le capitaine, ses officiers, le connétable, les chevaliers et les archers.

Ce cortège se rend sur le lieu du tir où l'on a dressé une perche. Le petit oiseau de bois étant fixé à son sommet. Le tir commence par quelques flèches d'honneur tirées par des personnalités à qui l'on veut rendre hommage, puis chacun tirera à son tour: en premier le roi, puis le connétable, le capitaine et ses officiers, les chevaliers, les archers et les aspirants. Chaque premier tir est précédé d'un roulement de tambour et on conservera cet ordre pendant toute la durée du tir: jusqu’a ce qu'un tireur touche et abatte l'oiseau. Si par hasard, ou grande malchance, l'oiseau n'était pas abattu au coucher du soleil, le tir serait reconduit le dimanche prochain.

Si le coup est valable (l'oiseau est tombé et présente la trace de l'impact bien visible dans une zone vitale), l'archer est proclamé "Roy de la Compagnie" pour une année. L'ancien roi lui remet son écharpe, le capitaine lui rend sa flèche et son oiseau en le félicitant et lui remet au nom de tous le "Joyau du Roy", autrefois un gobelet en argent, aujourd’hui aussi et il faut qu’il est avec lui lorsque nous faisons un repas ou bien un pot de l’amitié, sinon il ne peut pas boire.

Selon la tradition, le capitaine remet son écharpe au roi et les officiers abandonnent leurs fonctions. Les archers entrent alors en Assemblée générale au cours de laquelle, entre autres, se déroulera l'élection (ou réélection) du capitaine et de ses officiers.

le capitaine tient le discours que voici (plus ou moins modifié) :

Silence et chapeau bas!
Au nom de saint Sébastien, Martyr du jeu de l'arc,
ce jeu noble et si franc auquel il n'y a aucune tromperie.
Sire ! Vous qui avez mis le coup du Roy, voici le prix, je vous le présente.
Un genou en terre vous mettez et chacun avec moi va crier :
Vive le Roy !
Ce verre de vin, je vous le donne et, de crainte que vous soyez empoisonné, je vais y goûter le premier.
Et criez avec moi :
Vive le Roy !

Depuis peu les compagnies organisent, pour les jeunes, un tir parallèle. Il se déroule selon les mêmes règles (la perche étant naturellement moins haute). Celui qui abat "l'Oiseau des jeunes" est proclamé Roitelet et le capitaine lui remet une écharpe insigne de son titre.

© 1989-2019 | Compagnie d'Arc de Marly-la-Ville 
Jeu d'Arc Jean-Claude Le Layour , 10 chemin de Fosses, 95670 MARLY-LA-VILLE